Équipe de France

Roumanie : Tous derrière, tous derrière

Les Roumains n’encaissent pas de but. Donc, ils ne perdent plus. C’est la politique du bloc. Au moins, ils n’avancent pas masqués.

On s’était dit, avec la réception de l’Espagne fin mars, qu’on allait pouvoir juger sur pièce. Que la Roumanie, meilleure défense des éliminatoires tous groupes confondus, serait peut-être confrontée à ses limites. Que le mur allait bien finir par se fissurer. On a vu. Un nouveau « clean-sheet » pour les hommes en jaune. Leur spécialité depuis le retour aux affaires d’Anghel Iordanescu, qui a repris le collier en serrant la vis, c’est peu dire, à tel point que le Mister de Bucarest est invaincu depuis son retour aux affaires.
Des victoires, des nuls mais jamais l’ombre de la défaite. Forcément, à l’heure de s’envoler pour la France, où les Roumains vont disputer leur première phase finale depuis huit ans (et l’Euro 2008, où ils avaient déjà croisé les Bleus lors du 1er tour), ça remplit les poches de confiance. Et comme c’est justement cette Roumanie-là que les Bleus vont défier lors de l’ouverture du tournoi, autant le dire tout de suite, l’apéro ne s’annonce pas du tout festif ! La Roumanie, c’est 14 matches sans défaite (7 victoires, 7 nuls), avec quatre buts encaissés seulement, quatre de ses huit derniers matches s’étant soldés par un 0-0.
C’est toujours aussi costaud, fiable et dense. Toujours aussi piégeux. Et ça peut toujours devenir très tendu, très vite. Certes, ce n’est pas leur animation offensive qui affole les foules même si le petit Nicolae Stanciu, pour ses grands débuts internationaux, a marqué un but somptueux contre la Lituanie. Avec le numéro 10 dans le dos, ce qui veut dire beaucoup au pays de Gheorghe Hagi, le milieu offensif du Steaua, 23 ans début mai, n’a pas froid aux yeux et il a sans doute gagné sa place dans le wagon pour la France. Il a donc marqué face à la Lituanie et a été élu homme du match lors de la deuxième rencontre, contre l’Espagne. Il faudra faire attention à ses coups de patte comme aux contres roumains, la seule véritable arme offensive de cette sélection.
Avec Cristian Sapunaru, de retour en sélection après de longues, très longues saisons d’absence, et Razvan Rat (opéré de l’épaule en début d’année mais qui devrait être là en juin), Iordanescu dispose de deux armes redoutables dans les couloirs, qui ont l’expérience de ce genre de rendez-vous et la justesse technique pour mieux piquer là où ça fait mal. Le latéral du Rayo Vallecano annonce déjà la couleur. « Bien sûr que la France est favorite. Elle évolue à domicile et elle a une équipe de premier plan. Le premier match sera très important pour nous. Les Français vont vouloir nous mettre la pression. En théorie, ils sont meilleurs que nous mais cela reste à vérifier sur le terrain. Tout est possible. Nous voulons nous qualifier dans ce groupe. Cela fait huit ans que nous n’avons pas disputé une phase finale. Beaucoup de joueurs roumains ont du talent. Même si nos clubs ne sont pas toujours très bien placés dans les compétitions européennes, c’est très important d’avoir une équipe nationale compétitive. Beaucoup vont pouvoir constater nos qualités. »
Comme quoi, on peut bétonner autant qu’on veut et voir loin.

Classement FIFA : 19e

Bilan Euro :
• 4 participations (1984, 1996, 2000, 2008)
13 matches, 1 v, 4 n, 8 d, 8 bp-17 bc
• Meilleure performance : quart de finale en 2000
• Meilleurs buteurs : Laszlo Bölöni et Marcel Coras (1 but en 1984), Florin Raducioiu (1 but en 1996), Cristian Chivu, Dorinel Munteanu, Gamea, Viorel Moldovan (1 but en 2000), Adrian Mutu (1 but en 2008)

Comment ils jouent
En faisant déjouer l’adversaire. Depuis le retour aux affaires d’Anghel Iordanescu, le coach emblématique du pays, c’est un véritable mur que les Roumains dressent à chaque fois qu’ils entrent sur la pelouse. Le tout s’articule en 4-2-3-1, avec une charnière Vlad Chiriches-Dragos Grigore et deux sentinelles juste devant. Ils ont l’habitude d’évoluer très bas, comme contre l’Espagne en mars (un score nul et vierge, quelle surprise), en refusant presque le ballon mais en coupant les lignes de passe à merveille. Leur recette ? Ils restent la grande partie du temps debout, ont l’ordre de ne pas se jeter, ce qui rend le mur encore plus solide et compact. Il y a de la taille, de la densité sur coups de pied arrêtés et il y a Ciprian Tatarusanu, le gardien qui a le nom d’une nounou mais qui déploie ses grandes tiges très haut dans les airs et sur sa ligne de but. Un coffre-fort à percer d’entrée pour les Bleus. Bon courage.

Le coach : Anghel Iordanescu
Né le 4.05.1950 à Iasi
En poste depuis octobre 2014
13 matches, 6 v, 7 n

Leur camp de base
Château Hôtel Mont-Royal à La Chapelle-en-Serval. Les Roumains s’entraîneront sur la pelouse du club de Chantilly (DH).

La parole à… Razvan Rat
« Notre style de jeu repose sur la précision de notre défense. Nous sommes assez pointus au niveau tactique. L’idée forte, c’est de ne pas concéder de but. A partir de là, nous voulons bien travailler ensemble derrière mais également en phase d’attaque. Pour moi qui évolue en Espagne, je compare souvent notre équipe à l’Atlético Madrid de Diego Simeone. Le plus important dans le foot, c’est de ne pas encaisser de but. Si votre adversaire ne marque pas, vous avez toujours vos chances de gagner. »
8 matches, 6 v, 2 d

Leurs éliminatoires
2e du groupe F
20 pts, 5 v, 5 n, 11 bp-2 bc
07.09.2014 : Grèce-Roumanie 0-1 (Marica s.p.)
11.10.2014 : Roumanie-Hongrie 1-1 (Rusescu)
14.10.2014 : Finlande-Roumanie 0-2 (Stancu 2)
14.11.2014 : Roumanie-Irlande du Nord 2-0 (Papp 2)
29.03.2015 : Roumanie-Iles Féroé 1-0 (Keserü)
13.06.2015 : Irlande du Nord-Roumanie 0-0
04.09.2015 : Hongrie-Roumanie 0-0
07/09/2015 : Roumanie-Grèce 0-0
08.10.2015 : Roumanie-Finlande 1-1 (Hoban)
11.10.2015 : Iles Féroé-Roumanie 0-3 (Budescu 2, Maxim)

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