Équipe de France

Rouges de plaisir

Les poucets gallois, novices dans le tournoi, créent la sensation des quarts de finale et bottent la Belgique hors de l’Euro 2016, tandis que les géants Manuel Neuer et Gianluigi Buffon nous jouent un extratime et des tirs au but à vous mettre les nerfs en pelote. Au Portugal, c’est Renato Sanches, pas Cristiano Ronaldo, qui s’empare de la tunique du héros. La Pologne est sortie ? Oui mais elle espère revenir très vite. Voilà les points chauds de ces quarts vraiment à part.

Pays de Galles-Belgique 3-1
Et le Dragon a craché tout son feu

Mal embarqués dans leur historique quart de finale, les Gallois, fabuleux de pugnacité, ont réussi à inverser une tendance défavorable. Wonderful and so great ! Comme ils disent, là-bas.

C’est devenu une habitude depuis les huitièmes et ce succès, pas folichon, face à l’Irlande du Nord : la Welsh Army vient fêter ses victoires avec sa jeune progéniture sur la pelouse de ses exploits. Un joli ballet complètement rafraîchissant. L’exploit, il était vraiment palpable à l’issue de ce quart. Et, cette fois, totalement mérité.
Dans la peau du challenger, les hommes de Chris Coleman. Ils avaient assumé leur statut en début de rencontre. Ils subissaient les assauts en règle des mitraillettes belges qui canardaient tout ce qu’elles pouvaient. Un dégommage en règle avec des sauvetages à la sauve-qui-peut qui ne laissaient rien présager de bon pour les protégés du dégingandé Charles, le prince de Galles, d’ailleurs absent des débats, contrairement à ces fans si précieux dans les instants hyper délicats.
Le début de la partie ? Donc, facile à résumer. Une entame sur les chapeaux de roue des Diables Rouges, tout en vitesse et en technique, avec des idées plein la tête et du jeu plein les pieds. Ça sentait le mauvais foin pour les sujets britanniques, acculés sur leur but, privés d’air et, finalement, assommés par un missile de Radja Nainggolan. Ça faisait 1-0 et presque « game over », pensait-on.
Sauf que c’est à ce moment que les Belges ont commencé à reculer, tandis que les Gallois se sont décidés à avancer, dans un ordonnancement des idées et des envies qui s’est inversé. Et cela a fait un grabuge insensé. Avec Gareth Bale, tout aussi impliqué que depuis le début de la compétition, avec Aaron Ramsey, que l’on avait vu plutôt bon jusque-là, soudainement carrément étourdissant dans son couloir droit. Là, il s’amuse des novices qu’on lui oppose dans la défense adverse. Le pauvre et pourtant prometteur Jordan Lukaku est réduit au rôle de plot. Il y a encore le très clairvoyant Joe Allen. Ce formidable guerrier de Joe Ledley, qui ne lâche jamais rien et tombe, de toute façon, les armes à la main. Cette incroyable envie, capable de sublimer des troupes déjà en transe.
Finalement, dans un contexte totalement reconstitué, l’égalisation d’Ashley Williams ne constitue ni une surprise, ni une absurdité. Malgré les errances d’une très jeune garde made in Belgium, privée de l’indispensable Vincent Kompany avant le début de la compétition et de Nicolas Lombaerts, un autre pilier. Avant que Thomas Vermaelen, suspendu, et Jan Vertonghen, blessé, ne viennent s’ajouter à la liste des perdus.
Ensuite ? En deuxième mi-temps, les joueurs de Marc Wilmots, réorganisés suite à l’entrée en jeu de Marouane Fellaini (passage du 4-2-3-1 au 4-3-3), se sont à nouveau montrés terriblement dangereux. Un rush de dix bonnes minutes qui a fait passer des frissons dans la défense galloise, aux abois à ce moment-là. Et puis les « boys » de Chris Coleman ont définitivement et admirablement sonné l’heure de la révolte. But abracatabrantesque marqué du sceau d’Hal Robson-Kanu. Tellement fou, tellement génial.
Dès lors, que pouvait-il arriver à ces merveilleux soldats de l’impossible ? Plus grand-chose. Ils étaient emmenés par leur icône mais pas seulement. Un ego, le prodigieux Gareth Bale, l’enfant de la balle, n’en a pas forcément un démesuré. Il sait mettre ses talents au service de tous les siens. Et si ça changeait tout ? Bonne question, non ? « On parle beaucoup de Gareth, notait l’arrière gauche Neil Taylor, et c’est normal puisqu’il s’agit d’un des plus grands joueurs au monde. Mais autour de lui, il existe une vraie équipe avec énormément de qualités. » La fin de l’histoire était obligée de se transformer en happy end pour les novices de la compétition. Un commando parfaitement armé et surtout joyeux. Ce qui n’est pas antinomique.
En face, c’était plutôt la soupe à la grimace. Evidemment. Avec un Thibaut Courtois particulièrement remonté. « C’est clair, on a fait les mêmes erreurs tactiques, énormes, que face à l’Italie au 1er tour. Et je pèse mes mots parce que je ne veux pas tout détruire. » Il paraît qu’entre lui et Wilmots, son coach, l’échange a été particulièrement chaud. Il paraît qu’au sein de cette formation, que l’on devinait et disait si prometteuse, les choses ne seraient pas si simples. Il paraît que le seul talent ne suffit pas. La Belgique l’a, hélas pour elle, démontré. Le pays de Galles, lui, s’est drapé d’autres vertus.

Le chiffre : 90
Le pourcentage de buts dans lesquels est impliqué l’infernal duo Gareth Bale-Aaron Ramsey pour le pays de Galles dans cet Euro. Trois buts plus un centre très fort du Madrilène qui a entraîné un « auto-goal » du Nord-Irlandais Gareth McAuley. Un but et quatre passes décisives pour son coéquipier privilégié. Ça le fait, non ?

L’insolite
Celui-là n’est pas à la gloire du staff belge. Si l’on en croit les informations du journal flamand « Het Laatste Nieuws », l’encadrement aurait, après la qualification pour les quarts de finale, trop joyeusement fêté l’événement autour d’un barbecue particulièrement arrosé. Résultat, des gens complètement ivres qu’il aurait fallu, pour certains, ramener jusqu’à leur chambre tandis que les joueurs, furax, étaient contraints de respecter l’abstinence.

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