Équipe de France

Richie McCaw, le Big Mac

Le capitaine Richie McCaw rêve de succéder à David Kirk et de soulever la Coupe Webb Ellis à Auckland le 23 octobre prochain, 24 ans après le premier sacre des All Blacks chez eux. Toute la philosophie d’un skipper, véritable âme du temple. Portrait.

Les responsa­bilités et le rôle d’un capitaine chez les Blacks ne sont pas les mêmes que dans n’importe quelle autre équipe du globe. C’est dans la tradition maorie que l’on trouve la meilleure définition du skipper. « Le pieu auquel on vient attacher son canoë. »
Richard Hugh McCaw, 30 ans, connaît le poids de cette charge. Le troisième ligne des Blacks a connu sa première sélection contre l’Irlande à Dublin le 17 novembre 2001. Le brassard de capitaine lui a été remis pour la première fois contre le Pays de Galles en 2004, alors qu’il n’avait que 23 ans. Un intérim de courte durée. Un an plus tard, à la retraite de Tana Umaga, il retrouva le brassard. Définitivement cette fois. « C’était un choix évident », explique Graham Henry, le sélectionneur.
Le skipper doit montrer l’exemple. Les images d’un Tana Umaga en état d’ébriété dans les rues de Christchurch après un match contre les Springboks eurent un effet désastreux pour la réputation des All Blacks. La conduite et l’attitude du guide, sur le terrain comme en dehors, doivent être irréprochables aux yeux d’une nation qui fait bloc derrière son leader. Et Richie McCaw est de la trempe des Wilson Whineray, Brian Lochore, Graham Mourie. De vraies personnalités du rugby indépendamment du talent qui les caractérisait.
La star des Crusaders a même dépassé l’incontournable Sean Fitzpatrick au début de l’année 2010 en totalisant 39 victoires lors de tests matches en tant que capitaine de la sélection néo-zélandaise. Cet été, il était en passe de mener les All Blacks à leur cinquième succès dans le Tri-Nations sur les six dernières années. Avant d’entamer la campagne 2011 contre l’Australie, McCaw jugea bon de recadrer ses coéquipiers : « Il serait stupide de faire croire que la Coupe du monde n’est pas déjà dans nos esprits. Mais chaque chose en son temps. Nous devons d’abord avancer dans le Tri-Nations. On doit être concentré sur ce premier objectif avant de passer à la Coupe du monde. »
Avec Richie, les cadrages sont rarement suivis de débordements. McCaw s’est beaucoup inspiré de Sean Fitzpatrick qui, à titre personnel, n’a jamais remporté cette épreuve, contrairement à David Kirk, le premier skipper à avoir soulevé la Coupe Webb Ellis. « Sean ne faisait jamais un pas en arrière sur le terrain. En Afrique du Sud, il était détesté. Ils l’ont détesté parce qu’il avait toujours raison dans ce qu’il faisait. C’était un capitaine qui savait ce qu’il voulait et qui savait ce qu’il fallait faire. C’est pour cette raison qu’il a toujours été suivi par toute son équipe. »
L’hommage est appuyé mais si McCaw soulève à son tour la Coupe Webb Ellis le 23 octobre, il deviendra le capitaine le plus titré de toute l’histoire du rugby néo-zélandais. Richie est évidemment une figure populaire dans son pays. Depuis le début de son idylle avec Makere Bradnam, sublime top model mais aussi jeune joueuse de tennis de 23 ans, les paparazzi ne le lâchent plus. C’était le couple de l’année en Nouvelle-Zélande.
Face à la notoriété, McCaw reste droit dans ses bottes. Peu d’interviews, peu d’images en dehors du jeu. Pour lui, la tradition du rugby néo-zélandais a valeur d’exemple. Il se souvient de son premier maillot obtenu chez les Blacks. C’était donc face à l’Irlande il y a dix ans. « La tradition voulait qu’on reçoive notre maillot dans le bureau du manager. Je suis allé chercher le mien, je l’ai respiré, j’ai tâté son étoffe puis je l’ai essayé pour voir s’il m’allait bien. C’était un moment surréaliste. Je me suis promis d’être digne de porter ce maillot durant toute ma vie de rugbyman. »

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