Équipe de France

Rétro H Cup 2012 : Leinster, la troisième feuille du trèfle

En surclassant l’Ulster dans une finale 100% irlandaise, le Leinster a inscrit une troisième fois son nom au palmarès de la H Cup. Un troisième titre en quatre ans qui rapproche la province irlandaise du Stade Toulousain, champion d’Europe à quatre reprises. Invaincu sur l’ensemble de la compétition, le Leinster pourrait s’installer durablement au sommet du rugby européen tant sa suprématie paraît inébranlable…

« Epoustouflant », « exceptionnel », « immense »… Les qualificatifs manquent pour décrire le couronnement du Leinster en H Cup, au printemps dernier, tant cette équipe paraît au-dessus du lot depuis quelques années. Et on a peine à voir comment elle pourrait être battue dans un avenir proche tant elle domine son sujet. Le score de la finale 2012, au cours de laquelle les joueurs de l’Ulster n’ont pourtant pas démérité, en est l’illustration la plus parfaite. 42-14 ! Cinq essais marqués à une formation solide mais dépassée par la vitesse et la puissance du Leinster. « C’est le Leinster… Si vous leur lâchez un centimètre, ils prennent un kilomètre. C’est une équipe exceptionnelle ! », lâchait, admiratif, Brian McLaughlin, l’entraîneur des Nord-Irlandais.
Le XV dublinois proposait un jeu vif et inspiré qui s’appuie autant sur les qualités de ses joueurs que sur les faiblesses de l’adversaire. La moindre faille était exploitée. Au large, avec des trois-quarts brillants comme Brian O’Driscoll et Rob Kearney. De près, avec des avants surpuissants, à l’image du pilier Cian Healy, du deuxième ligne All Black Brad Thorn et du flanker Sean O’Brien qui a littéralement concassé son adversaire Stephen Ferris tout au long de la finale.
Comment résister à ces vagues bleues qui déferlaient inlassablement sur les défenses, jusqu’au point de rupture, avant de s’engouffrer dans les espaces créés pour les noyer ? Clermont n’est pas passé loin en demi-finales (15-19 à Bordeaux) mais l’ASM n’a pas réussi à faire craquer les hommes de Joe Schmidt. L’Ulster tenta bien de mettre la pression en début de match mais rien n’y fit.

Brian O’Driscoll a rajeuni
Les qualités du Leinster ne se résumaient pas au rugby total proposé en attaque. La défense, « solide comme un roc » dixit Brian McLaughlin, était quasiment imprenable grâce à un replacement efficace et une faible consommation des joueurs dans les rucks. « Je suis fier de la manière dont les gars se sont accrochés, expliquait Joe Schmidt à l’issue de l’ultime rendez-vous. Ç’a été très dur pendant les 60 premières minutes. L’Ulster a fait du bon boulot. Nous, on a commis beaucoup d’erreurs et on s’est compliqué la tâche. Mais j’ai été impressionné par la manière dont on a défendu. On a fait du bon boulot à la fois en attaque et en défense. »
Dans ce collectif bien rodé et ultra-efficace, les individualités pouvaient s’exprimer pleinement. Ce fut le cas de Brian O’Driscoll. Touché au cartilage d’un genou une semaine avant la finale, le centre légendaire du Leinster et de l’équipe d’Irlande a signé une prestation de grande classe. Multipliant les passes après contact magistrales, « BOD » a considérablement pesé sur la défense de l’Ulster. Ses interventions ont libéré des espaces pour ses coéquipiers, comme sur le deuxième essai de Sean O’Brien.
A 33 ans, O’Driscoll semblait connaître une seconde jeunesse. Et il paraît toujours aussi affamé ! Il expliquait ainsi après le sacre de son équipe que cette victoire était « un pas supplémentaire vers la création d’une dynastie ». Pas du tout rassasié, il ajoutait : « Les gens nous demandent d’un ton ironique : « Pouvez-vous remporter la H Cup une troisième fois d’affilée ? » J’éprouve un plaisir infini à faire partie de ce groupe. Je sais combien mes coéquipiers ont faim et à quel point ils se motivent les uns, les autres. Nous essaierons sans aucun doute de défendre notre titre comme nous l’avons fait cette année. »

Rob Kearney sacré meilleur joueur européen
A l’arrière, Rob Kearney a signé un match plein. Très efficace sur les ballons aériens, il s’est vu décerner par l’ERC (European Club Rugby) le trophée de Joueur européen de l’année. Au palmarès, il succède à son coéquipier Sean O’Brien, lui aussi omniprésent durant la rencontre. On pourrait quasiment citer tous les joueurs du Leinster tant l’équipe a dominé son sujet au cours de la saison. Le Néo-Zélandais Brad Thorn a profité de ce succès pour étoffer un palmarès hors normes. A 37 ans, il est devenu le plus vieux champion d’Europe. C’est aussi le seul joueur champion d’Europe, vainqueur du Super Rugby, du Tri Nations et de la Coupe du monde… Etourdissant !
Pour le capitaine Leo Cullen, le succès des Leinstermen est en grande partie dû à « l’implacable poursuite de la perfection » de leur entraîneur. « Joe Schmidt exige des performances de haut niveau », poursuivait le géant irlandais. Le Néo-Zélandais partageait le mérite avec ses joueurs : « C’est un accomplissement pour tout un groupe. Les joueurs s’entendent tellement bien et sont tellement soudés que ce groupe est très facile à entraîner. Ils veulent vraiment donner le maximum et ils travaillent très dur pour cela. »
Quelles que soient les raisons de son hégémonie à l’échelle du continent, le Leinster est incontestablement entré dans l’histoire du rugby. Il est très difficile de comparer les palmarès. Aussi, on se contentera de souligner que les Dublinois ont rejoint le Stade Toulousain, le Munster, Leicester ou encore les Crusaders au panthéon des équipes qui ont imposé leur domination sur la durée. Reste à voir si cette suprématie peut se confirmer avec le XV du Trèfle.

Paul PERIE / UNIVERS DU RUGBY

Le palmarès de la H Cup
1996 : Toulouse
1997 : Brive
1998 : Bath (ANG)
1999 : Ulster (Ir. du N.)
2000 : Northampton (ANG)
2001 : Leicester (ANG)
2002 : Leicester (ANG)
2003 : Toulouse
2004 : London Wasps (ANG)
2005 : Toulouse
2006 : Munster (IRE)
2007 : London Wasps (ANG)
2008 : Munster (IRE)
2009 : Leinster (IRE)
2010 : Toulouse
2011 : Leinster (IRE)
2012 : Leinster (IRE)

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