Équipe de France

Rétro foot : Le numéro de Ronaldo

Finale de la Coupe de l’UEFA 1998. Ce duel fratricide tourne rapidement à l’avantage de l’Inter, magnifié par les folles arabesques et un but ronaldinesque de son « Fenomeno » brésilien. Merci pour ce moment, maestro !

Il s’agit d’une première depuis trente-trois ans. Non, ce n’est pas la première finale d’une Coupe de l’UEFA entre deux formations italiennes – en l’occurrence la Lazio Rome et l’Inter -, il y en a déjà eu trois précédemment (Juventus-Fiorentina en 1990, l’Inter face à… l’AS Rome l’année suivante et enfin, Parme contre la Juve en 1995). Mais depuis un certain Ferencvaros-Juventus Turin datant de 1965, à l’époque où elle s’appelait encore Coupe des villes de foire, c’est la première fois que la compétition abandonne le système des rencontres aller et retour à l’heure du sacre. Cette finale se disputera sur un seul match et donc sur terrain neutre. A Paris, plus précisément. Pas au Stade de France, qui a été inauguré quelques mois plus tôt, mais dans ce bon vieux Parc des Princes.
Au moment de débarquer dans la capitale, la Lazio se présente auréolée d’une toute fraîche Coupe d’Italie, qu’elle a remportée la semaine précédente, tandis que pratiquement dans le même temps, à deux journées de la fin du championnat, l’Inter a abandonné l’espoir de rafler un nouveau Scudetto après une défaite face au futur champion bianconero de Turin. Et cela a plutôt eu le don d’agacer le président Massimo Moratti qui ne peut imaginer son club terminer la saison sans le moindre titre à déposer dans l’imposante salle des trophées de la maison nerazzurra. Et qui, du coup, met une grosse pression sur sa troupe avant le choc. Ce match, c’est aussi l’opposition entre la meilleure défense d’Italie et l’attaque la plus incendiaire du Calcio avec son duo Ivan Zamorano-Ronaldo – le Brésilien arrivé en début de saison a déjà mis le feu à la Botte en inscrivant les buts les plus insensés et gagné le surnom de « Fenomeno » -, soutenu par un non moins flamboyant Youri Djorkaeff.
Pas de round d’observation dans ce duel fratricide, on entre tout de suite dans le vif du sujet. A peine cinq minutes se sont-elles écoulées qu’Ivan Zamorano, alias « l’Hélicoptère », ainsi nommé pour la qualité de sa détente verticale et son aptitude à dominer les débats dans les airs sans pourtant être un géant, se distingue mais pas de la tête. Non, il profite d’une balle en profondeur pour venir battre, d’un délicat extérieur du droit, Luca Marchegiani, qui ne peut pas y faire grand-chose.
Malgré cette entame franchement compliquée, les Laziale essaient de s’organiser. Ils poussent, pressent, récupèrent mais se montrent maladroits dans le dernier geste. Les Milanais, solides en défense et rapides en contre, sont proches de marquer à nouveau et de doubler ainsi la mise. Comme sur cet essai du virevoltant Ronaldo qui danse sur la pelouse du Parc et balance un exter’ du pied qui claque sur la barre romaine.
La deuxième période ? Elle repart sensiblement sur les mêmes bases. La Lazio essaie, l’Inter régale. Cette fois, c’est Ivan le Terrible, Zamorano, quoi, dont le tir du gauche heurte le poteau avant de rouler le long de la ligne de but sans jamais la franchir. Ce n’est que partie remise. Un Chilien avait ouvert le score, un Argentin va corser l’addition à l’heure de jeu. L’œuvre est signée Javier Zanetti, d’une magnifique reprise en demi-volée. Cette fois, l’affaire est pliée. Mais on n’a pas encore vu le meilleur.
Le maestro Ronaldo qui, depuis le début de la partie, nous a gratifiés de quelques gestes techniques ahurissants – ils ont fait perdre la tête à la défense romaine -, s’apprête encore à nous offrir une délicieuse et inoubliable sucrerie. 71e minute de jeu : Francesco Moriero lance, dans la profondeur, l’attaquant brésilien, parti à l’extrême limite du hors-jeu et peut-être un peu plus mais à la limite, on s’en fout, tellement la suite est belle.
Le cheval fou fonce vers le but de la Lazio. En deux touches de balle, le voilà arrivé à 25 mètres de sa cible et là, ô temps suspends ton vol, une feinte de passement de jambe puis une deuxième merveille de passement mettent à l’agonie le pauvre Marchegiani, avant que Ronnie ne lui règle définitivement son compte d’un crochet qui laisse l’infortuné gardien le cul dans le gazon, tandis que l’artiste pousse la balle dans la cage désertée, malgré le retour désespéré de Paolo Negro.
Enormissime. Son partenaire de l’époque, Youri Djorkaeff, en rit encore. « Ce but sans toucher le ballon, en feintant le gardien, paraît incroyable, hein ? Mais nous, ça ne nous surprend même pas. Il en met des comme ça à tous les entraînements. » Quant au héros, il savoure « ce premier titre en Italie. Je suis vraiment très heureux et j’espère qu’il va en appeler beaucoup d’autres », déclare-t-il. Hélas, son genou, trop souvent en compote, l’empêchera de concrétiser ses rêves interistes. Reste, pour les fans nerazzurri, le souvenir de cette inoubliable soirée.

La fiche du match
■ Mercredi 6 mai 1998, finale de la Coupe de l’UEFA, Parc des Princes à Paris, Lazio Rome-Inter Milan 0-3 (0-1).
Arbitre : M. Lopez Nieto (ESP).
Spectateurs : 44 412.
Buts : Zamorano (5e), Zanetti (60e), Ronaldo (71e).
Avertissements : Jugovic (59e), Negro (71e), Almeyda (78e) pour la Lazio ; Fresi (18e), Zanetti (63e), Ronaldo (74e) pour l’Inter.
Expulsions : Almeyda (88e) pour la Lazio ; West (82e) pour l’Inter.
Lazio Rome : Marchegiani – Grandoni (Gottardi, 55e), Nesta, Negro, Favalli – Fuser, Venturin (Almeyda, 49e), Jugovic, Nedved – Casiraghi, Mancini.
Entraîneur : Sven-Göran Eriksson.
Inter Milan : Pagliuca – Colonese, Fresi, West, Zanetti – Winter (Moriero, 69e), Zé Elias, Djorkaeff (Cauet, 69e) , Simeone – Ronaldo, Zamorano (Sartor, 74e).
Entraîneur : Luigi Simoni.

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