Équipe de France

Rétro foot : Et la Danish Dynamite a tout emporté

Finale de l’Euro 1992. Les invités surprises du tournoi réalisent un parcours incroyable et signent le plus grand exploit de l’histoire de l’Euro. Très, très fort !

Ce 26 juin, la finale de l’Euro qui nous est proposée n’est pas celle qu’on attendait. En fait, il existe un intrus. L’Allemagne ? Certainement pas. Il s’agit du champion du monde en titre, qui figurait, en compagnie des Pays-Bas (vainqueurs de l’Euro 88) et de la France, au parcours exceptionnel en qualifs – huit matches, huit victoires -, parmi les grands favoris de la compétition. La présence du Danemark a de quoi intriguer davantage. Eux, les Danois, qualifiés pour la finale, alors qu’ils n’avaient pas passé le « cut » des éliminatoires ? Deuxièmes d’une poule remportée par la Yougoslavie… Y’a forcément un truc qui cloche.
Il convient, en fait, de replacer les événements dans leur contexte. A l’époque, les nationalismes exacerbés mettent à feu et à sang les Balkans. La Yougoslavie se déchire et elle est en train d’éclater, quand, le 30 mai, dix jours avant le début de la compétition, l’ONU décrète l’embargo sur le pays. Un embargo total qui concerne aussi le monde sportif. Peter Schmeichel, le portier de la Danish Dynamite, témoigne.
« On partait s’entraîner avant un match amical contre la CEI (ex-URSS), qui nous avait choisis comme sparring-partner, parce que nous étions proches de la Suède, l’organisateur de la compétition. Puis les nouvelles ont commencé à venir. Il était question que nous soyons réintégrés. On en a entendu parler après le premier entraînement. Et nous en avons eu confirmation après le deuxième. » La nouvelle est entérinée. L’impossible devient réalité. Le Danemark remplace officiellement la Yougoslavie ce 30 mai. Moins, tout de même, la star de l’équipe, Michael Laudrup, qui, en froid, avec le sélectionneur Richard Moller-Nielsen, s’est placé en retrait de l’équipe nationale.
La suite est digne des contes d’Andersen. Où il est question d’une petite sirène, d’un brin de chance, notamment contre la France, annoncée comme un cador de la compétition en phase de poules (victoire 2-1 lors du dernier match de groupe). Avec, surtout, plein d’envie et de fraîcheur. Puis, face aux Pays-Bas, il y a l’exploit de Peter Schmeichel qui repousse d’une main ferme le tir au but de Mister Marco Van Basten en demi-finales (2-2, 5 à 4 aux tirs au but). Et voilà comment l’incroyable invité de la toute dernière heure déboule en finale.
La finale ? Elle va essentiellement se dérouler dans le camp danois. La Danish Dynamite n’explose pas tout sur son passage. Non, elle subit. D’abord en résistant à la force de la Mannschaft. En plaçant, également, méthodiquement, des contre-attaques quand l’occasion se présente. Le début de partie ressemble, quand même à un siège en règle. Stefan Reuter puis Guido Buchwald permettent à Schmeichel de briller. Et puis pan, sur la première véritable contre-attaque danoise, Kim Vilfort se débarasse d’Andreas Brehme, passe à Flemming Povlsen qui met en retrait pour John Jensen, dont la reprise fait mouche.
Les Allemands de Berti Vogts continuent pourtant leur charge. Jürgen Klinsmann, Karl-Heinz Riedle et Stefan Effenberg tentent le tout pour le tout mais se heurtent, une fois de plus, à un gardien en transe. L’indestructible portier va poursuivre sur sa lancée en réussissant des parades déterminantes au cours de la deuxième période, parfois aidé par son arrière-garde, aux abois mais vigilante. Devant, il y a un Brian Laudrup – le frère de l’autre – toujours aussi phénoménal depuis le début de la compétition. Qui allie gestes high-tech et numéros de prestidigitateur.
Et à la 78e minute, alors qu’ils se défendent comme ils peuvent, les Danois osent une contre-attaque flash. Que Vilfort conclut d’une frappe du gauche très pure. Comme un vrai beau conte d’Andersen puisque le dernier buteur a effectué des allers et retours entre la Suède et le Danemark, durant le tournoi, pour se porter au chevet de sa petite fille de 7 ans, atteinte d’une leucémie.
Quand l’arbitre donne, enfin, le coup de sifflet de la fin de la partie et de la délivrance, Peter Schmeichel a du mal à s’en remettre, pris dans la confusion des sentiments. Les paroles de celui qui a gagné, au cours du tournoi, le surnom de « Terminator » : « On n’arrive pas à comprendre comment on a réussi tout ça mais on l’a fait. C’est le plus important. »
C’était une belle aventure, un voyage en ballon hors normes. Qu’ils n’oublieront jamais.

La fiche du match
Vendredi 26 juin 1992, Finale de l’Euro, Stade Ullevi à Göteborg (Suède), Allemagne-Danemark 0-2 (0-1).
Arbitre : M. Galler (Suisse).
Spectateurs : 37 800.
Buts : J. Jensen (18e), Vilfort (78e).
Allemagne : Illgner – Reuter, Kohler, Buchwald, Helmer, Brehme – Sammer (Doll, 45e), Hässler, Effenberg (Thom, 81e) – Riedl, Klinsmann. Sélectionneur : Berti Vogts.
Danemark : Schmeichel – Sivebaek (C. Christiansen, 67e), L. Olsen, Piechnik,
K. Nielsen, Christofte – J. Jensen, H. Larsen, Vilfort – Povlsen, B. Laudrup. Sélectionneur : Richard Moller-Nielsen.

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