Équipe de France

Rétro : Et Sauzée surgit du fond de la nuit…

Championnat 1988-89. Olympique de Marseille-Paris Saint-Germain. C’est dans le temps additionnel qu’une frappe de mule du milieu de terrain marseillais offre la victoire aux Olympiens. Et peu de temps après, le premier titre de champion de France de l’OM version Bernard Tapie.

On ne parle pas encore de Clasico. Le terme, né de la rivalité entre le Real et le Barça, est loin de s’imposer comme une marque déposée en France. Pourtant, c’est bien ce 5 mai 1989 que tout semble avoir changé dans notre cher Hexagone.
Même si Bernard Tapie, déjà devenu président de l’OM, et Canal+, arrivé aux affaires du club parisien au début des années 90, ont par la suite exacerbé l’appellation jusqu’à l’outrance. Le boss de l’OM car il a bien intégré qu’il avait besoin d’un adversaire à sa mesure, la chaîne payante pour des questions plus basiques d’audience. Bref, les deux ont habilement fait monter la mayonnaise, d’un commun accord, évidemment jamais reconnu.
Ce fameux 5 mai 1989, il convient de préciser que Paris débarque au Vélodrome avec le paletot de maillot jaune, leader du championnat, juste un petit point devant… Marseille. Le tout à quatre journées de la fin de la compétition. C’est très chaud, voire brûlant. Le rendez-vous prend pratiquement des allures de finale avant la lettre, genre match format XXL.
Le patron de l’OM, qui détient depuis pas mal d’années déjà sa maîtrise en communication, s’est empressé de faire vite monter la pression, la tension et l’adrénaline à coups de chaudes déclarations durant la semaine précédant la rencontre. « Nanard » n’en peut plus d’attendre ce titre qui lui file entre les doigts depuis trois ans qu’il a repris le club. Il s’impatiente et le peuple marseillais avec lui. Donc, c’est un stade bouillonnant qui accueille les acteurs de ce sommet. Mais comme trop souvent, la montagne annoncée n’accouche d’aucun sourire.
Tomislav Ivic, l’entraîneur parisien, la moustache rugissante « Confidential défense », place une véritable ligne barbelée devant ses buts. Et ses joueurs s’arrachent comme des malades pour défendre chaque petit lopin de terrain. Bien sûr, l’OM anime les débats et il a plutôt la maîtrise du jeu. Cependant, il ne trouve rien, dans les 25-30 derniers mètres, pour faire craquer la muraille en béton qui s’érige en face. Les occasions se comptent sur le doigt d’un… ongle, les tirs cadrés guère davantage. Le spectacle s’avère incolore, inodore et sans saveur. Une sorte de purge.
Les Marseillais essaient bien d’y mettre de la vie mais sans parvenir à s’extirper de ce bourbier. Le très pragmatique, méthodique et mathématicien exemplaire Ivic paraît avoir trouvé l’antidote radical pour anesthésier les velléités olympiennes.
Et puis incroyable, inimaginable, dans cette partie si longtemps fermée, tout s’emballe dans une fin de rencontre tout d’un coup échevelée et totalement folle. Et dans une ambiance complètement électrique. Le son et la lumière reviennent, comme par miracle.
L’OM s’offre d’abord une belle occase par le jeune Frédéric Meyrieu, rentré en cours de partie, occase que Joël Bats détourne avec détermination. Presque du tac au tac (au tacle ?), les Parisiens répondent, via un autre remplaçant, Amara Simba, devant lequel Gaëtan Huard, le portier olympien, joue les sauveurs, dans la dernière minute de temps réglementaire.
La suite, c’est le « Player of the game » qui la raconte, alias Franck Sauzée, le dynamiteur : « Après la relance de « Guéguette » (Huard) et un relais avec Patrice Eyraud et Frédéric Meyrieu, je récupère la balle côté gauche. Là, après un petit contrôle pied gauche, j’envoie un extérieur du droit sans réfléchir, juste à l’instinct. Après, je ne sais plus. C’est juste un grand soleil… »
Il s’agit, au bout de l’envie, du but de la victoire sur une vraie frappe de mule comme le gaillard en était capable, juste à l’extrême limite du match. Finalement, quelques jours plus tard, Marseille sera sacré roi de France, trois points devant le PSG. Le premier titre de champion de l’ère Tapie.

Fiche technique
Vendredi 5 mai 1989, Stade Vélodrome à Marseille, Marseille-Paris SG, 1-0 (0-0).
Arbitre : M. Vautrot.
Spectateurs : 32 768.
But : Sauzée (90e +1) pour Marseille.
Avertissement : Polaniok (86e) pour Paris.
Marseille : Huard – Thys, Förster, Le Roux, Di Meco – Vercruysse (Eyraud, 79e), Germain, Sauzée, Gastien (Meyrieu, 60e) – Papin, Allofs. Entraîneur : Gérard Gili.
Paris SG : Bats – Polaniok, Dréossi, Pilorget, Tanasi – Calderon, Charbonnier, Sène, Susic, Perez – Xuereb (Simba, 76e). Entraîneur : Tomislav Ivic.

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