Équipe de France

République tchèque : Tapis dans l’ombre

On ne les attend pas, on n’en parle pas, on ne les voit pas. Exactement tout ce qu’ils aiment. Sauf leur groupe D, comme « Démoniaque ».

Ils ne font jamais de bruit et pourtant… Depuis leur indépendance il y a vingt ans, il n’ont jamais manqué une seule phase finale de l’Euro ! On en connaît certains, ne serait-ce qu’avec des maillots orange, pour rester dans l’actualité de 2016, qui aimeraient en dire autant. Les Tchèques à l’Euro, c’est comme une habitude de bonne table, un rond de serviette bien repassé, coton premier cri, bien posé sur le bord de l’assiette. Il faut dire qu’avec eux, tout est toujours une question d’ordre. Que chaque chose soit à sa place n’est pas qu’une question de bon sens quand cela fait partie de l’éducation.
Avec Pavel Vrba, leur coach depuis deux ans, ils avancent toujours dans le même sens, en cherchant la relève, en chouchoutant les cadres. Ça a suffi pour terminer en tête de leur groupe de qualification, devant les Turcs (qu’ils avaient déjà rencontré à l’Euro en 2008) et les Pays-Bas, donc, les fameux maillots orange qui ne seront pas de sortie dans les rues de Paris et d’ailleurs, en juin. C’est un peu dommage pour l’ambiance, c’est vrai. Mais les Tchèques aussi aiment la bière et après tout, on partage les mêmes couleurs sur le drapeau. Bon, les considérations diplomatiques s’arrêtent là !
Ils n’ont en rien volé leur place parmi les 24 qualifiés. Et si les derniers matches de préparation en mars ont confirmé quelques lacunes, c’est d’abord au niveau de l’efficacité défensive qu’ils vont devoir rectifier le tir. Petr Cech, gardien recordman des « clean sheets » en Premier League (un « clean sheet » est un match au cours duquel on n’encaisse pas de but), ne les collectionne pas avec sa sélection. Jamais, au cours de la campagne éliminatoire, les Tchèques ont su préserver leurs cages inviolées. Quatorze buts encaissés en 10 matches, ça ferait presque tache pour un premier de la classe.
Même avec un rond de serviette bien ajusté, il faut soigner certaines apparences au moment de s’installer à la table finale. Car avec l’Espagne et la Croatie pour démarrer et les Turcs (qu’ils connaissent donc très bien) pour finir, les Tchèques n’ont pas le droit à l’erreur. Ils le savent, ça ne leur coupe pas l’appétit, mais quand même… Pour reprendre du dessert, Vrba compte sur les retours en forme de ses vieux briscards. En premier lieu, Miroslav Plasil, qui retrouve le rythme avec Bordeaux (il porte le brassard), et surtout Tomas Rosicky, trop souvent blessé mais tellement important, tellement essentiel quand il est sur ses deux pattes. Le milieu d’Arsenal est un centenaire en sélection. Plus qu’un cadre.
Reste une interrogation autour de l’identité de l’avant-centre. Ce n’est pas que Pavel Vrba soit un fou de la stratégie défensive mais les Tchèques, souvent positionnés en 4-5-1, peinent à trouver un cador des surfaces depuis le séjour en sélection de Milan Baros et, surtout, celui de Jan Koller, le meilleur buteur de leur histoire. Bon, ce groupe D est plutôt relevé, homogène, et on peut penser que l’Espagne et la Croatie ont un temps d’avance sur la réservation des deux premières places. Mais les Tchèques, qui s’établiront sur les bords de la Loire, à Tours, ne viendront pas seulement pour les installations de la Vallée du Cher. Les huitièmes service minimum, c’est leur idée.

Classement FIFA : 29e

Bilan Euro : (Tchécoslovaquie + République Tchèque)
• 8 participations, 29 matches, 13 v, 5 n, 11 d, 40 bp-38 bc
• Meilleure performance : Vainqueur en 1976
• Meilleur buteur : Milan Baros (5 buts en 2004)

Comment ils jouent
Daniel Pudil, qui évolue en Deuxième division anglaise, à Sheffield Wednesday, est revenu en grâce aux yeux du sélectionneur au poste de latéral gauche en mars. Assez pour prétendre à une place dans le onze ? Peut-être, le garçon a de l’expérience. Pour ce 4-5-1 où la paire Plasil-Rosicky est une garantie sur le papier mais une interrogation sur la durée, notamment en raison des blessures récurrentes de Tomas, l’artiste en cristal d’Arsenal, Vladimir Darida et Vaclav Pilar sont des alternatives crédibles au cœur du jeu. Borek Dockal et Ladislav Krejci sont les favoris pour occuper les couloirs, essayer de mettre de la vitesse et provoquer balle au pied. C’est du costaud, du lourd parfois sur coups de pied arrêtés, mais du limité, aussi bien techniquement que dans la profondeur de banc.

Le coach : Pavel Vrba
Né le 6.12.1963 à Prerov
En poste depuis juillet 2014
19 matches, 8 v, 4 n, 7 d

La parole à… Petr Cech
« Nous avons hérité d’un groupe très difficile mais il fallait s’y attendre, nous étions placés dans le troisième chapeau lors du tirage au sort. Nous ne serons les favoris d’aucun des trois matches. Nous allons vers l’Euro sans aucune pression. C’est relevé sur le papier mais l’état de forme des joueurs en fin de saison aura une importance cruciale. »
8 matches, 6 v, 2 d

Leurs éliminatoires
1er du groupe A
22 pts, 7 v, 1 n, 2 d, 19 bp-14 bc
9.09.2014 : République Tchèque-Pays-Bas 2-1 (Dockal, Pilar)
10.10.2014 : Turquie-République Tchèque 1-2 (Sivok, Dockal)
13.10.2014 : Kazakhstan-République Tchèque 2-4 (Dockal, Lafata, Krejci, Necid)
16.11.2014 : RépubliqueTchèque-Islande 2-1 (Kaderabek, Bödvarsson c.s.c.)
28.03.2015 : République Tchèque-Lettonie 1-1 (Pilar)
12.06.2015 : Islande-République Tchèque 2-1 (Dockal)
3.09.2015 : République Tchèque-Kazakhstan 2-1 (Skoda 2)
6.09.2015 : Lettonie-République Tchèque 1-2 (Limbersky, Darida)
10.10.2015 : République-Tchèque-Turquie 0-2
13.10.2015 : Pays-Bas-République Tchèque 2-3 (Kaderabek, Sural,Van Persie c.s.c.)

La cote de « Planète » : 2

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