Équipe de France

Premier tour, premiers dangers

France-Roumanie
Vendredi 10 juin à 21h
Stade de France, à Saint-Denis

Un gros bloc en entrée
A l’échelle du championnat d’Europe, c’est une reproduction. Huit ans après (au Letzigründ de Zürich, sous une chaleur accablante), la France retrouve la Roumanie pour démarrer son Euro. Le contexte et la donne ont changé, les Bleus étant ce coup-ci les hôtes du tournoi et France-Roumanie le match d’ouverture mais il ne faudra surtout pas oublier la purge zurichoise et le souvenir de ce piteux 0-0 à l’heure de pénétrer sur la pelouse du Stade de France.
Non pas parce que l’équipe de France, dans sa version 2016, suscite la crainte et l’ennui, le vent est plutôt porteur et si les Bleus le prennent dans le bon sens, il peut même les porter loin. La Roumanie, en revanche, présente à peu près les mêmes caractéristiques qu’il y a huit ans… mais en mieux. Les joueurs d’Anghel Iordanescu, qui ont débuté leur préparation à Saint-Vincent, en Italie, dès le 18 mai, arriveront sur le sol français avec une étiquette solidement cousue sur le short : ils ont été la meilleure défense des éliminatoires, tous groupes confondues, avec deux buts encaissés au total. Pas forcément réjouissant à l’heure de l’apéro.
C’est pourtant cet amuse-bouche-là que les Bleus vont devoir se fader dès l’entame. Une machine à faire déjouer l’adversaire. Un bloc hyper bas, qui refuse presque la balle mais qui coupe avec une habileté de couturière les lignes de passe. Il ne faudra pas se précipiter, surtout ne pas s’énerver, bref, maîtriser l’événement.
« Notre première arme est notre défense, explique le capitaine Razvan Rat. Je compare souvent notre équipe à l’Atlético Madrid, tout le monde joue pour le copain. » Tout un programme, qui comporte son lot d’interrogations aussi : comment les Roumains, de leur côté, vont-ils appréhender ce premier match et toute la pression qui l’entoure ? Et surtout, Razvan Rat !
Touché à l’épaule en novembre, l’arrière gauche du Rayo Vallecano a été opéré en début d’année et il n’a repris la compétition que le 30 avril. Assez tôt pour se remettre d’aplomb ? Sans lui, c’est vrai que l’équilibre n’est pas le même.
Ce qu’en dit Didier Deschamps : « Ce n’est pas un hasard s’ils n’ont pris que deux buts en qualifications. C’est une équipe qui défend très bien, avec un bloc bas, et qui dispose de qualités offensives. »
Razvan Rat : « Notre première arme, c’est notre défense. »

France-Albanie
Mercredi 15 juin à 21h
Stade Vélodrome, à Marseille

Un plat chaud plein d’épices
C’est au Vélodrome que les Bleus ont rendez-vous pour leur deuxième examen de passage et on peut penser qu’il fera chaud, très chaud le mercredi 15 juin, aux abords du rond-point du Prado, à Marseille. Face à l’Albanie, l’équipe supposée la plus faible du groupe, c’est un nouveau défi de la patience et de la concentration qui leur sera proposé.
Les Albanais, qui disputent la première phase finale internationale de leur histoire, ne sont pas là par hasard. La fierté du maillot et de l’écusson, ils connaissent et ils sont prêts à défendre chèrement leur couenne. Encore plus face aux Bleus qu’ils ont battus (1-0) il y a tout juste un an, il faut aussi s’en souvenir. Lorik Cana, en vieux roublard, a déjà mis la pression sur les Tricolores, qui sont pour lui « l’un des plus sérieux prétendants au titre ».
Voilà pour le cadre. Mais les hommes de Giovanni de Biasi n’arrivent pas non plus en France remplis de certitudes. La charnière centrale, le pilier central de l’édifice défensif de l’équipe, qui s’articule autour de Lorik Cana et Mërgim Mavraj, peut manquer de repères : le premier n’a été titulaire qu’à vingt reprises en L1 cette saison, le second est resté quasiment un an sur le carreau à Cologne, où il n’est revenu à la compétition qu’au mois de mars. Ça peut compter au moment du grand oral.
Autre sujet sensible, Thaulant Xhaka, la sentinelle à tout faire du milieu, victime d’une déchirure à la cuisse début mai avec son club du FC Bâle. Du côté des Français, il faudra bien garder ses nerfs, ne pas répondre aux provocations ni aux tacles fumants, s’imposer à l’épaule sans trop jouer des coudes, étant entendu que le résultat parfait serait un succès, bien sûr, mais agrémenté d’une page blanche au niveau des cartonnés et des blessés. Orageux, électrique ou caniculaire… Il devrait vraiment faire très chaud sur Marseille le soir du 15.
Ce qu’en dit Didier Deschamps : « Sur le papier, l’Albanie ne se situe pas parmi les nations les plus prestigieuses mais nous sommes bien placés pour connaître toutes les qualités de cette équipe. Nous les connaissons très bien. On peut dire ce qu’on veut, on n’a pas gagné, on a même perdu contre eux il y a un an. »
Lorik Cana : « La France est l’un des plus sérieux prétendants au titre. »

France-Suisse
Dimanche 19 juin à 21h
Stade Pierre Mauroy, à Lille

Un café et l’addition pour finir ?
Il y a deux ans, une tornade bleue s’était abattue sur la Nati. La Suisse était tête de série au Brésil et elle avait volé en éclats face à l’équipe de France : 5-2 au final après avoir été menée 5-0 au bout d’une heure, le feu d’artifice avait explosé à la figure des Rouges dans la phase de poules mais les hommes d’Ottmar Hitzfeld avaient fait mieux que résister en huitièmes de finale : l’Argentine n’avait marqué qu’à deux minutes du terme de la prolongation, sur une inspiration d’Angel Di Maria et Lionel Messi.
Depuis, les temps sont durs pour la Nati, qualifiée grâce à sa deuxième place derrière l’Angleterre mais plutôt inquiétante. Vladimir Petkovic, le coach bosnien, a régulièrement changé de système de jeu et il doit, en plus, composer avec le forfait de Josip Drmic, son attaquant de pointe, ce qui remet en cause le 4-4-2, pourtant son option préférée. « Affronter la France est un privilège mais c’est aussi très difficile de jouer contre une telle équipe. Elle aime bien nous faire du mal. On l’a vu au Brésil. »
Gökhan Inler, disparu des écrans radars à Leicester (cinq apparitions seulement), n’a pas été retenu dans la première liste des 28 joueurs, C’est dire. « Je suis désolé pour Gökhan, assure le boss. C’est un grand joueur, un grand caractère. Mais j’ai dû rester fidèle à mes idées. » L’ancien milieu de Naples n’a pas joué une minute en Premier League en 2016…
Autre tuile, Breel Embolo, le grand espoir du football helvète, s’est blessé au genou à la mi-mai. Et Johan Djourou, capitaine de défense, est incertain. On a connu bulletin météo plus serein à l’approche du grand soir. Granit Xhaka, le capitaine du Borussia Mönchengladbach, reste néanmoins optimiste. « Moi, je ne me dis pas que je vais en France pour poser mes valises une dizaine de jours seulement. » Les Suisses gardent, c’est vrai, quelques atouts dans la manche, avec des cadres comme Stephan Lichtsteiner, un peu plus qu’un latéral à la Juventus Turin, Xherdan Shaqiri, qui a toujours des cuisses grosses comme des tours jumelles et donc toujours une frappe de mammouth (et précise !), ou Haris Seferovic, une belle bête à la peau de 9.
Ce qu’en dit Didier Deschamps : « Même si ça s’est bien passé pour nous lors de la Coupe du monde au Brésil, la Suisse reste une très bonne nation. Sans faire injure aux deux autres équipes, c’est l’adversaire le plus valeureux de ce groupe. »
Granit Xhaka : « Je ne viens pas en France pour dix jours seulement. »

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