Équipe de France

Pow pow pow pow !

Incroyable coup de bleu à Marseille où l’équipe de France terrasse la Mannschaft championne du monde pour s’offrir une place en finale de l’Euro 2016. Ce sera face au Portugal de Cristiano Ronaldo. Deux destins face-à-face.

Allemagne-France 0-2
Les Bleus refont l’histoire

Admirables, solidaires et généreux, les Bleus matent enfin l’Allemagne en compétition officielle et s’ouvrent le chemin de la finale. Et là, tout devient sérieux.

C’est donc dans ce Vélodrome qui donne le vertige qu’ils ont fait la grande bascule. Enfin. On les attendait, ils se savaient attendus, on allait voir ce que cette équipe avait dans le ventre. Pour de bon. C’était le rendez-vous. Leur rendez-vous. Deux ans après les larmes du Maracana, les Bleus de Didier Deschamps retrouvaient l’Allemagne pour une place en finale de leur Euro. Trente ans après Guadalajara, 34 après Séville, 58 ans après… 1958, date de leur dernière victoire sur le voisin germain dans un match qui comptait. Un soir à grande bascule, vraiment. Mais pas un soir à faire les comptes. Avant, d’ailleurs, ils refusaient de résumer cette demie à une revanche du quart de finale de la dernière Coupe du monde. Olivier Giroud avait donné le ton à Clairefontaine : « L’idée, c’est de mettre l’Allemagne dehors, c’est tout. » En mission, les Bleus.
Dans un stade en feu, qui a parfois donné au vertige des allures de jouissance, il fallait vaincre le signe indien en même temps que les champions du monde pour rester en vie. Tout un programme. Surtout que, depuis le début, la caravane bleue vagabondait les mêmes questionnements autour de l’équipe, des errements de la défense à cette foutue étiquette plaquée sur le short, avec écrit dessus « Aucune grosse prise au tableau de chasse ». Et elle jetait en l’air plus d’incertitudes sur le lendemain que de saucissons Cochonou sur les accotements du Tour. La France à l’Euro 2016 ? Pour résumer, c’est un parcours poussif, heureusement poli par des éclairs individuels au 1er tour (de Dimitri Payet et Antoine Griezmann), l’Eire et l’Islande en huitièmes et en quarts. Un peu maigre mais toujours debout sur le fil bleu, comme le répétait Didier Deschamps au moins deux fois par semaine depuis la fin mai : « L’équipe suscite des émotions. »
C’était leur rendez-vous. Ils ne l’ont pas manqué. A bloc, remontés comme des pendules, remarquables de solidarité et d’organisation défensive. Les Bleus, plongés dans l’essoreuse allemande (69% de possession de balle pour la Mannschaft en première mi-temps), vont rester en vie pour mieux sortir la tête de l’eau. Un coup de main de Bastian Schweinsteiger juste avant la mi-temps donne à Griezmann l’occasion d’ouvrir la marque. Manuel Neuer dans le pim, « Grizou » dans le pam. « J’avais hâte de tirer à nouveau un penalty dans un match à enjeu », dira Monsieur Antoine après la rencontre. Il en avait manqué un en finale de la Ligue des champions un mois plus tôt, face au Real Madrid. Oui, il a vraiment quelque chose en plus, ce petit bonhomme-là.
La grande bascule était là. La sarabande serait bleue. Une mi-temps et un coup de semelle de « Grizou » plus tard, après que Paul Pogba eut martyrisé Shkodran Mustafi d’un gri-gri de futsal, il était temps de savourer. Les Bleus sont en finale. A l’heure à leur rendez-vous. « Quelle perf !, s’enflammait « La Pioche ». On se rappelle du match d’il y a deux ans, on revient de loin, on a grandi, on est plus mûrs. On a bien défendu face à une super équipe. Tout était dans la tête. Mon crochet ? Il est parti tout seul ! On est tous contents du résultat mais l’objectif, le rêve, c’est de gagner la compétition. »
Olivier Giroud, qui n’a pas tout réussi mais qui a été, comme tous les autres, énorme dans le combat, vient mettre son coup de tête : « C’est un énorme soulagement compte tenu du parcours. Jouer l’Allemagne championne du monde en demi-finales, c’est extraordinaire. On les bat, on ne pouvait rêver mieux. On les a respectés. Et la meilleure façon de les respecter, c’était de leur rentrer dedans. On les a eus à l’usure. »

Comme sur ce deuxième but français, où le Gunner monte à la mailloche sur un centre de Pogba. « Pour moi, Neuer fait une faute de main. C’est lui qui fait l’erreur. Je suis derrière, au duel, et quand je le vois relâcher le ballon comme ça, je sens que Grizy n’est pas loin. C’était notre Gerd Müller ce soir. Là où il faut. Et il s’applique pour la glisser entre six jambes. Enorme Grizy ! »
A l’autre bout du terrain, Hugo Lloris a pris beaucoup de place, lui aussi, dans son but. Capitaine exemplaire. Et une espèce de lâcher prise au coup de sifflet final, dans la communion incroyable entre les joueurs et le Vélodrome. C’est nouveau, ça, Hugo ? « On va savourer, sans excès. Dans le vestiaire, il y a eu énormément de joie, de satisfaction, mais il reste une marche derrière, la plus dure. Là, c’est la victoire de tout un collectif. Je suis très fier de faire partie de ce groupe. On a tous assumé nos responsabilités. C’est difficile de nous battre et même une grande équipe d’Allemagne n’y est pas parvenue. »
Laurent Koscielny, juste énorme aux côtés de Samuel Umtiti en charnière centrale, abonde. « Nous sommes restés unis, solides. Nous avons fait les efforts les uns pour les autres. Nous sommes récompensés de tout ce que nous avons réalisé depuis le 17 mai et le début du stage à Biarritz. Il y a une super ambiance, je pense que tout le monde a pu le voir. »
Et maintenant ?  Didier Deschamps nous l’avait dit pendant sa causerie. « Le passé, c’est le passé, enchaînait le défenseur des Gunners. Ce n’était pas une revanche par rapport à 2014. A nous d’écrire notre histoire, dans un Euro chez nous. Il nous reste peu de temps pour récupérer. Il faut garder les pieds sur terre car on va attaquer la plus dure des étapes. Gagner la finale. »
Les mots de la fin pour Didier Deschamps, le grand architecte de cette énorme victoire. « Il faut savourer, parce que c’est un moment important, mais la marche la plus importante sera celle de dimanche. Je suis très heureux pour les joueurs parce que ce n’était pas un match facile. On a souffert ensemble pour ne pas céder. C’est un grand moment, dans ce stade, gonflé à bloc comme ça… Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas battu l’Allemagne mais ça ne nous donne rien. C’est contre le Portugal qu’il y a un titre à jouer. »
La grande bascule, toujours. Leur nouveau rendez-vous.

Le débrief de « Planète » : Une force nouvelle
Ils ont reculé, défendu bas, ils ont plié mais jamais rien cédé. Ils ont été admirables de solidarité et de générosité. Ils ont été portés par le public, bien sûr, mais aussi par cette force collective que l’on devinait, cachée quelque part et qui nous a explosé à la figure, face aux champions du monde. On se rappelle le Brésil, il y a deux ans, et on se dit que les Bleus de Rio n’auraient sans doute pas survécu à la machine à laver allemande de la première mi-temps. Eux, si. On revoit les larmes de Griezmann sur la pelouse du Maracana, qui s’effacent pour laisser la place à Grizi, à Grizou, le déjà meilleur buteur (sauf si Ronaldo en marque 3 au moins en finale) et meilleur joueur de l’Euro, dont le nom commence à siffler aux oreilles pour le prochain palmarès du Ballon d’or. Pour cela, bien sûr, il faudrait que les Bleus soient champions d’Europe. Qu’ils viennent à bout du Portugal, de Cristiano et de Ronaldo. Après un match comme celui-là, la donne est d’une incroyable simplicité et c’est un paradoxe ultime : on n’a pas le droit de perdre en finale après ça mais on a laissé pas mal de gomme sur le carreau du Vélodrome. C’est vrai, ce serait ballot. Mais on y croit fort. Forcément. Parce qu’il se dégage quelque chose de cette équipe. La bande à Deschamps, rattrapé par sa bonne étoile ? Peut-être. Une force nouvelle, c’est certain. A Marseille, les avions de chasse étaient tous bleus.

Le chiffre : 6
Avec son nouveau doublé, Antoine Griezmann consolide non seulement sa place de meilleur buteur du tournoi mais il devient aussi le premier joueur à dépasser les 5 buts en phase finale d’un Euro depuis… Michel Platini et ses 9 buts marqués en 1984. Y’a plus de respect ? Si, un peu, quand même : « Oh là, non, répond l’intéressé, je suis content des buts mais je suis encore très loin de Platini. J’espère seulement être capable de m’approcher de lui un jour. »

Le coin de Grizou
Antoine Griezmann : « J’espère ne pas m’arrêter là »

Un nouveau doublé, une nouvelle fois élu homme du match. Encore du 100% Griezmann.
Manuel Neuer, c’est ton nouvel ami ?
Je suis très content, mais il reste un match à jouer. On veut garder les pieds sur terre. On en a bien profité avec le public, c’était beau à vivre. Maintenant, il faut très vite basculer vers cette finale. Savourer, on le fera le 10 juillet !
Qu’as-tu ressenti au moment du penalty, après en avoir manqué un en finale de la Ligue des champions ?
Justement, j’avais à cœur d’en tirer à nouveau un dans un moment important. Je suis content d’avoir pris cette décision et d’avoir marqué. Sur le deuxième but, je suis à la retombée, ça me revient dans les pieds, tant mieux pour moi. Je suis très satisfait mais c’est vraiment le travail de tout le monde, y compris ceux qui sont à Clairefontaine, les kinés, le staff technique, tous. C’est une victoire collective.
Est-ce la plus grosse émotion de ta carrière ?
C’est une immense joie mais j’espère ne pas m’arrêter là. Je ressens beaucoup de fierté et de bonheur. Maintenant, la finale sera compliquée, il faudra être prêt. Nous allons tous battre pour être à la hauteur de la tâche.

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