Cyclisme

Planète Cyclisme 70

À chacun son marché !

Février – Mars 2017

J’ai un peu galéré sur le Tour Down Under entre les nouveaux maillots et les mecs qui avaient changé d’équipe !
– Disons que le market a été animé avec une bonne trentaine de gros transferts, sans parler des nouvelles équipes WorldTour, Bora-Hansgrohe, Bahrain Merida, UAE Abu Dhabi, ou celles qui changent de nom avec de nouveaux sponsors, Sunweb, Katusha-Alpecin, Orica-Scott. Moi-même, j’ai ajusté les lunettes.
– Tu me rassures ! Surtout qu’il fallait être motivé pour mater cette purge de Tour Down Under. C’est la lose cette course en Australie.
– Oui. Enfin, Richie Porte met son nom au palmarès quand même. Et Caleb Ewan était intouchable dans les sprints.
– C’est bien le problème. 6 étapes, 4 sprints pour le Marsupilami Ewan et deux victoires pour Porte. Il n’y avait aucune opposition et le parcours était sans intérêt.
– Peter Sagan avait fait le voyage avec Bora. Mais Ewan l’a torché à chaque sprint.
– Ce TDU n’a aucun intérêt. À part celui des Australiens et de leurs fans. Les deux derniers coureurs étrangers qui ont remporté une étape là-bas devaient être Lobato
et Wippert en 2015 ! C’est vachement encourageant.
– Rien n’empêche les managers et DS d’envoyer leurs meilleures équipes.
– Ça ne les intéresse pas. En tout cas, beaucoup moins qu’au moment où l’épreuve fut créée. Les coureurs aiment le soleil en janvier. Mais à cette époque de l’année dans l’hémisphère Sud, c’est carrément la fournaise. Les mecs sortent de températures clémentes en Espagne pendant leurs training camps et d’un seul coup, ils sont sous les 35° ! Tu ajoutes le jet lag ! C’est hyper dissuasif d’aller en Australie.
– On fêtera les 20 ans du TDU en 2018. Les organisateurs vont sûrement revoir leur copie avec un parcours plus attrayant et des wild cards plus judicieuses.
– Ce serait préférable. Ils pourraient inviter la Cofidis. Bouhanni irait se faire les dents dans les sprints. Et puis comme ça, l’équipe aurait une bonne excuse pour ne pas présenter son meilleur coureur aux médias français.
– C’est abusé ce que la Cofidis a fait cet hiver avec une présentation d’équipe en Espagne et Belgique !
– Eh oui mon pote ! Ce n’est pas du temps de François Migraine qu’on aurait vu ça de la part d’un sponsor français. Business is business. Il faut croire que le marché est plus porteur dans ces deux pays européens.
– Oui. Enfin, il y a la comm’ autour de Bouhanni. Le mec n’est pas au top déjà par rapport à l’investissement du sponsor. Il a un déficit d’image en France.
– C’est suffisant apparemment, sinon la présentation aurait été faite à Paris. Cofidis a sa cible ailleurs. Je ne vais pas te faire un cours d’économie de marché.
– Et est-ce que le marché des freins à disques va devenir juteux en 2017 ?
– En tout cas, ils sont à nouveau autorisés. L’UCI avait stoppé leur utilisation en 2016 après que Francisco Ventoso s’était fait entailler la jambe sur Paris-Roubaix.
– Le SuperSix EVO de Cannondale en sera équipé sur la Ruta del Sol et les Strade Bianche. Tom Boonen a également dit qu’il roulerait avec un Venge en freins à disques lors de la campagne des classiques.
– Sagan aussi va s’embarquer sur le même modèle Specialized. Tu remarqueras que ce sont les top stars du peloton qui s’expriment sur le sujet. Boonen, Sagan font entendre la petite musique aujourd’hui. Demain, Greg van Avermaet chez BMC, Romain Bardet chez Factor. Le marché s’annonce lucratif. Il y a une différence de 200 à 300 $ entre des freins à disques et freins à l’étrier.
– Quand tu vois que le WorldTour et le ContinentalPro sont tenus pour l’essentiel par Spé, BMC, Trek, Cannondale, ces marques ont intérêt à arrêter le bricolage comme elles l’ont fait en 2015 et 2016.
– Ça fonctionne bien en moutain bike. Pourquoi pas sur la route !
– Très clairement ! Mais j’en reviens à ce que nous disait le jeune Nans Peters, le néo-pro de chez ag2r La Mondiale. Soit tout le monde passe aux freins à disques, soit personne. Tu vois ce qu’il veut dire ?
– Il parle de sécurité ?
– Ben oui. Entre un rider qui se bloque avec des freins à disques et un bolide avec ses patins, le temps de réaction n’est pas du tout le même. L’UCI ferait bien d’accélérer la mesure. Ils font comment en F1 !
– On voit encore son incompétence. Même sur ce domaine technique. Incapable de trancher. D’arrêter une deadline.
– Enjoy the season !

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