Cyclisme

Peugeot, moteur du cyclisme (2)

La société Peugeot a été présente dans le monde du cyclisme durant près d’un siècle. Vainqueur sur les routes du Tour et d’ailleurs, le fabricant français fut à l’origine de la fabrication des premiers vélos, qui assurèrent sa réussite commerciale et sa renommée. Voici les grandes heures d’une histoire d’amour qui a duré des années 1890 à la fin des années 1980.

Evoquer la marque Peugeot aujourd’hui revient irrémédiablement à parler de la voiture, véritable fleuron français dans le domaine. Mais quand on remonte le fil du temps et l’histoire de la famille éponyme, on constate qu’avant la story automobile, les Peugeot, historique famille d’industriels français surnommée « Le clan des Sochaliens » et connue depuis le XVe siècle, se lança dans bon nombre d’activités dont le vélo, au milieu des années 1800, suite logique de son activité métallurgique (tout commença par les moulins à café).
L’entreprise Peugeot Frères est fondée en 1810 avant de prendre le nom de Société des Automobiles Peugeot en 1896. Avant la première voiture, qui arrive en 1891, la firme montbéliarde se lance dans les bicyclettes, Grands-Bi, tricycles suite à un voyage en Angleterre d’Armand Peugeot. La première machine de la marque sera un Grand-Bi, l’ancêtre du vélo, avec une grande roue à l’avant de 1,36 m, une petite derrière de 40 cm, une selle et un frein à levier. Il verra le jour en 1882 et sera un énorme succès malgré sa difficulté d’utilisation.
Nous sommes dans les années 1880. Peugeot Frères se lance dans la fabrication. En 1886, trois modèles seront proposés : le bicycle, le tricycle et le petit kangourou, sans pédales, avant des modèles également pliants.
L’histoire d’amour entre ce moyen de locomotion et son sport, le cyclisme, est née. Cette période de la fin du XIXe siècle et du début du XXe marque aussi la création des premières courses et l’arrivée des premiers coureurs, champions qui deviendront des forçats de la route.
L’entreprise familiale se lance dans la fabrication en série. Accessoires et vélos confondus, on est à 8 000-10 000 unités par an. Puis 15 000 avant de passer à près de 20 000 en 1900. Peugeot devient un acteur majeur dans le secteur du cycle puis du cyclisme. Il le restera durant presque tout le XXe siècle.
Avec son arrivée dans le sport, c’est toute la politique maison qu’il faut mettre au goût du jour. Il y a donc les vélos sportifs (route, piste, avec ou sans chaîne et changement de vitesse) et les modèles pour le public (touristes hommes, femmes, enfants et pliants). La famille Peugeot voit grand, produit grand. Motobicyclettes, vélomoteurs, vélos puis bientôt motos : le fameux Lion mord le marché. Il en ira ainsi pendant des décennies, même si les deux guerres mondiales et certaines vicissitudes économiques viendront ralentir ce marché et ses productions. Quand les sportifs équipés Peugeot gagnent sur la route dès les premiers Tours de France, la marque s’impose des objectifs et entend s’y tenir. On parle esthétisme, gain de poids, accessoires : tout est réfléchi afin de satisfaire à la fois le public et les sportifs.
Les années 1960 vont marquer un tournant dans l’histoire de la marque et de ses relations avec son sport et son secteur d’activité. Si l’équipe cycliste professionnelle marche fort, le secteur économique doit faire face à une guerre commerciale des marques. Le marché est sans pitié et Peugeot lutte face à une très forte concurrence étrangère, notamment. Petit à petit, Peugeot Cycles, premier constructeur français avec 400 000 vélos fabriqués par an à partir de 1971 (jusqu’à plus de 850 000 en 1980 et 640 000 en 1986), sera contraint de restructurer son entreprise. Il aura vendu près de 20 millions de vélos après 1892.
L’outil de production et le réseau de production sont cédés à Cycleurope sans que l’entreprise abandonne la licence et la marque. L’histoire avec le cyclisme pro prendra fin à la fin des années 80 : Peugeot cesse d’être sponsor principal d’équipe (Equipe Peugeot) ou co-sponsor (équipe Z-Peugeot). A la fin des années 90, Peugeot cesse d’être fournisseur d’équipes. L’histoire avec le cyclisme est en sommeil dans tous les domaines.
A l’entame des années 2010, la firme reprend la main et veut relancer sa gamme à travers Cycleurope et son réseau de distribution mais aussi chez ses concessionnaires et agents à côté de ses véhicules, avec de fortes ambitions pour une gamme renouvelée. Vélos Urban Sport, ville, VTC Trekking, à assistance électronique, fitness, route et juniors : il y en a pour tout le monde. La marque au lion revient en force dans le secteur commercial. Faut-il l’attendre de nouveau sur la route et en compétition ?

Chronologie
– 1885-87 : Peugeot Frères commence la fabrication de vélocipèdes, bicycles (Grand-Bi), bicyclettes (deux roues à diamètre égal), tricycles. L’usine de Beaulieu compte 300 personnes.
– 1898 : Début de la fabrication des tricycles Peugeot à moteur de Dion & Bouton puis Peugeot.
– 1900 : Début de la fabrication des quadricycles Peugeot sur cadre de motocyclette à moteur de Dion & Bouton puis Peugeot.
– 1902 : Début de la fabrication des premières motocyclettes (bicycles) à moteur ZL.
– 1910 : Accord entre Peugeot Frères et Automobiles Peugeot, réorganisation des activités et des sociétés Peugeot. Peugeot Frères cède l’activité et les usines cycles et voiturettes Lion aux Automobiles Peugeot pour se concentrer sur l’activité outillage et articles ménagers. Automobiles Peugeot prend le nom de Automobiles et Cycles Peugeot.
– 1914 : La production de vélos est de 200 unités par jour.
– 1926 : Séparation de l’activité cycles et de l’activité automobiles. Création le 31 août de la société Cycles Peugeot à Mandeure.
– 1930 : Accord avec la Société Automoto pour la production en commun d’organes de cycles et motocycles et la mise en commun des deux réseaux commerciaux.
– 1933 : Lancement du vélomoteur 100 cm3 P51.
– 1934 : Fermeture de l’usine d’Haguenau afin de regrouper les fabrications à Beaulieu.
– 1936 : Lancement des motocyclettes 350 cm3 type 135.
– 1938 : Accord entre la Société des Constructions Mécaniques et Electriques et Electriques Peugeot Loire (Saint-Etienne) pour la distribution de bicyclettes. Lancement des vélomoteurs 100 cm3 P53.
– 1939 : Lancement du triporteur 100 cm3 type 53TN. L’effectif de l’usine passe à 3 000 personnes. La production annuelle est de 100 000 bicyclettes, 7 000 motocyclettes et vélomoteurs.
– 1945 : Remise en route progressive des activités. Reprise d’activité de la SMH avec l’usine de Saint-Louis, allouée par l’Etat en remplacement de celle d’Haguenau, détruite.
– 1946 : Lancement des vélomoteurs 125 cm3, bloc 3 vitesses type 55.
– 1947 : Reconstruction, équipement et mise en exploitation de l’usine d’Haguenau (SMH) pour la fabrication de pièces découpées et accessoires de cycles.
– 1948 : Lancement des vélomoteurs 125 cm3, 4 vitesses type 56 et 150 cm3, 4 vitesses type 156. Ouverture et équipement de l’atelier de Saint-Maur, création de la Société de Constructions Mécaniques de la Lizaine, ouverture et équipement de l’usine d’Héricourt pour fabriquer des triporteurs.
– 1949 : Filialisation de la Société Mécanique d’Haguenau. A Saint-Louis, fabrication de moteurs de vélomoteurs 3 vitesses. A Haguenau, fabrication de pièces pour bicyclettes. Cession à la Société France Motor Cycles de l’usine d’Héricourt pour la fabrication des triporteurs.
– 1950 : Lancement des motocyclettes 175 cm3 type 176.
– 1951 : Lancement des cyclomoteurs type BIMA. Achat, équipement et exploitation de l’usine de Troyes pour la fabrication des moteurs de BIMA.
– 1952 : France Motor Cycles devient Société de Constructions Mécaniques de la Lizaine. La Société Peugeot-Loire devient Société d’Exploitations Mécaniques Aube et Seine. Son siège est transféré de Saint-Etienne à Troyes.
– 1954 : Lancement des motocyclettes 250 cm3 type 256. Lancement de la fabrication des scooters.
– 1955 : Accord de fabrication et commercialisation avec la maison Terrot, nouvelle société et nouvelle unité de fabrication, U.D.I.M.E. (Union des Industries Motorisées de l’Est), avec atelier à Vesoul.
– 1956 : Début de la fabrication de pièces de triporteur et de cadres de vélos et motos pour Beaulieu à UDIME. Lancement de la fabrication des cyclomoteurs BB2. Ouverture de l’usine de Vesoul pour y monter des cyclomoteurs complets. Fermeture de l’usine de Saint-Maur et Héricourt et transfert de la fabrication des triporteurs à Vesoul.
– 1957 : Lancement de la fabrication des cyclomoteurs BB1. Fermeture de l’Ecole d’Apprentissage.
– 1959 : Cession à Indenor d’une partie des intérêts de Cycles Peugeot dans les filiales UDIME et Peugeot-Loire. Arrêt de la Société Semas. L’usine de Troyes est vendue à Sedis.
– 1960 : La fabrication de vélos est de 128 185 unités par an.
– 1961 : Arrêt de l’usine d’Haguenau, transfert de la fabrication à Mandeure et Saint-Louis, changement de dénomination sociale en Société Mécanique du Haut-Rhin. La fabrication des pièces pour l’automobile s’intensifie et se diversifie : sièges de voiture, systèmes d’échappement. Un nouveau département de fabrication d’éléments de meubles en tube chromé est mis sur pied. Accord de fabrication : regroupement des fabrications de bicyclettes à Mandeure et livraison de cyclomoteurs 3 vitesses aux agents Terrot/Automoto. La Société Mécanique d’Haguenau livre les moteurs BB1 à Saint-Etienne. Saint-Etienne Indenor fabrique certains cyclomoteurs et motocyclettes pour Terrot et Cycles Peugeot.
– 1962 : Les établissements Terrot fusionnent avec la Compagnie Générale des Moteurs. Les usines de Beaulieu et Mandeure regroupent la fabrication des cyclomoteurs BB1 qu’ils fournissent à l’ensemble des agents Peugeot, Griffon, Terrot, Automoto. Les usines Indenor assurent la fabrication des cyclomoteurs 3 vitesses et les motocyclettes 125 cm3 et 175 cm3 pour l’ensemble des réseaux commerciaux. La bicyclette est concentrée à Beaulieu.
– 1964 : La fabrication de vélos dépasse les 200 000 unités avec 212 980 vélos fabriqués.
– 1972 : Acquisition de l’usine de Dannemarie, en extension de SMHR. Acquisition de l’usine de Romilly-sur-Seine et création d’un deuxième centre de production de bicyclettes, Société France Motor Cycles.
– 1980 : C’est un record. Peugeot fabrique 865 000 vélos dont 458 000 pour la France, soient 19,5% de parts de marché dans l’Hexagone. En 1975, Peugeot a atteint 27,3% de parts de marché en France, le record !
– 1981 : Les Cycles Peugeot et Honda décident de collaborer.
– 1983 : Décision de lancer une nouvelle gamme de scooters. Les vélos Peugeot, eux, passent au carbone.
– 1984 : Honda Motor entre dans le capital de la Société Mécanique du Haut-Rhin, filiale de Cycles Peugeot.
– 1987 : Création du groupe ECIA (Equipements et Composants pour l’Industrie Automobile) suite à la fusion de AOP et Cycles Peugeot avec les filiales Peugeot Outillage Electrique, Peugeot Motocycles, Peugeot Cycles et Lurem (machines-outils).
– 1988 : Rapprochement de Peugeot Cycles avec Gitane et l’Espagnol Beistegui Hermanos.
– 1992 : Peugeot laisse à Cycleurope le soin de fabriquer et commercialiser les cycles Peugeot. Cependant, Peugeot conserve la diffusion sous le nom Peugeot et dans le réseau.
– 2001 > 2010 : Peugeot revient en force grâce à un partenariat mondial exclusif avec Cycleurope, premier fabricant européen de vélos. Peugeot présente une nouvelle gamme, une édition Collector produite en série limitée qui se compose de 4 vélos (course, ville, VTT et VTC) et se décline en versions homme et femme. Au-delà d’un design valorisant, cette gamme se distingue par des décors exclusifs de damiers noir et blanc, clin d’œil aux succès historiques dans le Tour. Cette gamme est disponible au printemps 2010 et complétée par de nouveaux modèles en septembre. Les vélos Peugeot sont conçus, fabriqués et distribués par Cycleurope.

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