Cyclisme

Peugeot, moteur du cyclisme (1)

La société Peugeot a été présente dans le monde du cyclisme durant près d’un siècle. Vainqueur sur les routes du Tour et d’ailleurs, le fabricant français fut à l’origine de la fabrication des premiers vélos, qui assurèrent sa réussite commerciale et sa renommée. Voici les grandes heures d’une histoire d’amour qui a duré des années 1890 à la fin des années 1980.

Les aventures de Peugeot avec le cyclisme amateur puis professionnel coïncident avec la fabrication de modèles pour le grand public. La fin des années 1800, marquée par les premiers modèles Peugeot Frères, voit l’arrivée des toutes premières courses. La marque au lion embraye. Sans avoir d’équipe à son nom, la firme équipe ses premiers coureurs. Lors du Paris-Nantes 1892, on aperçoit les premiers coureurs sur des vélos Peugeot. En 1896, le Français Paul Bourillon fait briller le matériel Peugeot lors des championnats du monde sur piste, dans l’épreuve de vitesse. En 1901, Peugeot lance deux coureurs italiens, Giuseppe Ghezzi et Federico Momo, et devient une petite équipe dans le peloton.
C’est à partir de 1904 que les choses sérieuses commencent. Sur les routes du Tour de France, Hippolyte Aucouturier fait briller le matériel Peugeot avec ses coéquipiers. Le vainqueur de Paris-Roubaix sera disqualifié (comme Maurice Garin et Lucien Pothier) pour violation des règlements. Cependant, les victoires s’enchaînent. Trousselier, Pottier, Petit-Breton, Garrigou, Christophe, Alavoine, Thys, Lambot : ces noms écrivent l’histoire des premiers Tours et de bien d’autres épreuves. La saga Peugeot démarre en fanfare.
Si l’équipe existera sans discontinuer, elle repartira de plus belle dans les années de l’après-guerre, faisant courir Kübler, de Gribaldy ou de Muer mais aussi Cerami, Marinelli, Ockers, Impanis, Walkowiak, Van Steenbergen et Gaul. La véritable révolution va arriver en 1962. Le Tour de France revient à des équipes de marques. Peugeot fait dès lors partie des plus importantes.
Gaston Plaud a pris les reines du team depuis 1958 et les champions vont défiler. Le maillot bleu et jaune laisse sa place au maillot à damiers en 1963. Et les victoires s’enchaînent. Notamment avec Tom Simpson sur Bordeaux-Paris, à San Remo, au Mondial et en Lombardie. L’équipe va aussi faire débuter un certain Eddy Merckx en 1966-67. Le « Cannibale » remportera La Flèche, San Remo, Gand, le Mondial. Impossible de le retenir. Suivront Bracke, Delisle, Grosskost, Karstens, Letort, Pingeon… Roger Pingeon remporte le Tour en 1967. L’une des deux années durant lesquelles l’organisateur a décidé de revenir aux équipes de marques. Et ce, alors que Pingeon portait le maillot à damiers !

1978, un très mauvais cru
D’autres arrivées marqueront l’histoire de Peugeot dans le cyclisme. Walter Godefroot y courra deux ans (1971-72). Bernard Thévenet sera un fidèle leader et gros vainqueur à partir de 1970 avec les Danguillaume, Delisle, Pingeon, Esclassan, Ovion, Bourreau puis Vandenbroucke vers la fin des années 70 et Kuiper. La marque remporte deux Tours avec Thévenet (durant les années Eddy Merckx), avant la période Bernard Hinault. Hennie Kuiper montera aussi sur le podium en 1980. Le cru 1978 est une sale année pour l’équipe : 90% des coureurs du Tour reconnaîtront avoir eu recours au dopage.
La décennie 80 sera moins réussie et marquera la fin de l’aventure Peugeot. Maurice De Muer, qui a gagné sur le Tour 1975 dès son arrivée comme manager (à la place de Gaston Plaud) est toujours là mais plus pour longtemps. Côté coureurs, les futures stars se nomment Simon, Laurent, Legeay, Anderson, Bossis, Duclos-Lassalle, Millar, Bernaudeau, Castaing, Roche, Peiper, Pensec. De son côté, le duo Roland Berland-Roger Legeay va prendre la succession de De Muer en 1983. Année qui aurait pu être mythique avec Pascal Simon sur le Tour. Si Phil Anderson remporte l’Amstel Gold Race (l’Australien a aussi porté le maillot jaune en 1981), une chute et une clavicule cassée empêchent le leader de la course, Pascal Simon, d’aller plus loin que la tristement célèbre 17e étape. Blessé depuis une semaine, il abandonne et ne rejoindra pas l’Alpe-d’Huez, laissant son maillot de leader à Laurent Fignon alors qu’il semblait avoir la course en main. Même sans Bernard Hinault, Renault a pris l’ascendant sur le Tour et sur son concurrent.
L’équipe Peugeot va exister sous ce nom jusqu’en 1986 avant de s’associer et d’équiper les Z (avec Roger Legeay et Serge Beucherie à la baguette). Puis de disparaître fin 1989. Peugeot ne reviendra sur les routes pros qu’en tant que fournisseur de vélos et ce jusqu’en 1999. Equipant notamment les Festina et devenant champion du monde avec Laurent Brochard (1997).
Si le fabricant a relancé sa gamme en 2010, l’activité pro est en sommeil depuis une à deux décennies. Reviendra-t-il un jour sur le devant de la scène ? Seul Peugeot le sait. Une firme qui aura marqué son époque, atteint les sommets avant d’en redescendre. Dans ce sport si exigeant, la concurrence et la soif de vaincre ont fait sa gloire et sa perte. Le cyclisme en somme !

Les grands champions Peugeot
Officiellement, l’équipe Peugeot aura existé sous ce nom – avec co-sponsor ou non – de 1901 à 1986 avant de devenir Z-Peugeot de 1987 à 89 puis de disparaître en fin de saison 89. Elle aura d’abord sponsorisé des coureurs – piste et route – avant d’en regrouper dans une petite équipe puis dans une équipe complète. Voici quelques-uns des meilleurs sportifs qui ont porté les célèbres couleurs de la marque au lion de 1904 à 1986, avant la période Z.

Hippolyte Aucouturier (1904-05)
René Pottier, Louis Trousselier (1905-06)
Lucien Petit-Breton (1906-08)
Gustave Garrigou (1907-08)
François Faber (1908-14)
Philippe Thys (1912-24)
Eugène Christophe (1913-14)
Henri Pélissier (1914)
Firmin Lambot (1914-24)
Maurice De Muer (1943-51)
Edouard Fachleitner (1944)
Jean De Gribaldy (1946-49)
Pino Cerami (1947-63)
Ferdi Kübler (1948-49)
Stan Ockers (1952-56)
Roger Walkowiak (1952-54, 57-58)
Raymond Impanis (1955-59, 63)
Joseph Planckaert (1955-57)
Rik Van Steenbergen (1955-57, 59)
Fred De Bruyne (1959)
Ferdinand Bracke (1962-73)
Charly Gaul (1963)
Raymond Delisle (1965-76)
Désiré Letort (1965-70)
Roger Pingeon (1965-72)
Tom Simpson (1965-67)
Eddy Merckx (1966-67)
Gerben Karstens (1969-70)
Jean-Pierre Danguillaume (1970-78)
Bernard Thévenet (1970-79)
Walter Godefroot (1971-72)
Jacques Esclassan, Régis Ovion (1973-79)
Bernard Bourreau (1974-84)
Jean-Luc Vandenbroucke (1976-79)
Gregor Braun (1977-79)
Gilbert Duclos-Lassalle (1977-86)
Hennie Kuiper (1979-80)
Roger Legeay (1979-83)
Phil Anderson (1980-83)
Robert Millar (1980-85)
Pascal Simon (1980-86)
Jean-René Bernaudeau (1981- 82)
Stephen Roche (1981-83)
Sean Yates (1983-86)
Ronan Pensec (1985-86).

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