Équipe de France

On a posé les 12 questions qui fâchent (5)

C’est un peu subjectif, volontairement engagé ou simplement d’actualité. Avant de plonger dans les soirées froides de l’hiver, on a décidé de tirer certaines choses au clair, histoire de vraiment sortir couvert. Alors, Pogba est-il surcoté ? Zidane chanceux ou talentueux ? Ben Arfa n’est-il qu’un feu de paille ? Et McCourt à l’OM, fera-t-il pire ou mieux que « MLD » ? Wenger ne serait-il pas devenu un has been ? Et Varane, trop gentil ? Et Aulas, mauvais joueur ? Il y en a d’autres, il y en a douze. Accusés, levez-vous !

9. Karim Benzema doit-il revenir en équipe de France ?

L’attaquant du Real Madrid, mis au ban des Bleus depuis plus d’un an, doit-il prendre perpète ? Ou être gracié ? Il s’agit d’une vraie question qui vaut son pesant d’or. Mais bon, il apparaît que l’arbitre Didier Deschamps va définitivement siffler hors-jeu après les dérapages non contrôlés de son ancien protégé.

« J’ai horreur de punir les gens éternellement. Benzema est sélectionnable. Il n’est pas suspendu par la Fédération Française de Football. Si Didier Deschamps le sélectionnait, la FFF ne s’y opposerait pas. » Noël Le Graet, président de la Fédération, s’est clairement positionné en faveur d’un retour de l’attaquant madrilène au Château, en marge des deux derniers matches des Bleus contre la Bulgarie et aux Pays-Bas.
Forcément, la question est très vite remontée jusqu’aux oreilles de Didier Deschamps. Et la réponse n’a pas traîné. « Je n’attends rien de Karim, je n’attends rien des autres joueurs, a-t-il répondu, en particulier. Je fais des choix, point. » Et perche tendue à la question suivante, à condition qu’elle concerne un autre sujet.
On sait que le sélectionneur est capable de revoir sa copie, de corriger certaines opinions, mais pas de revoir ses principes. Il a, par le passé, prouvé qu’il pouvait remettre le couvert dans le bon sens, en s’asseyant autour de la table et en réglant pas mal de choses au moment du café. Sa relation avec André-Pierre Gignac, Mathieu Valbuena ou même Hatem Ben Arfa, qu’il a repris au printemps, en est la principale illustration mais il y en a d’autres.
En revanche, « DD » n’a toujours pas digéré l’interview de « KB » dans « Marca », à la veille de l’Euro, dans laquelle le Madrilène expliquait qu’il « avait cédé à la pression d’une partie raciste de la France ». Sa demeure de Bretagne taguée, sa famille touchée, ça, « DD » n’a pas aimé.
S’il a digéré la défaite en finale de l’Euro et s’il est reparti comme un cheval de bataille vers la Coupe du monde 2018, certaines choses sont toujours là et bien ancrées. Indélébiles ? Seul le temps le dira. A Madrid, Benzema a le meilleur des avocats avec un certain Zinédine Zidane. Mais il part de loin. Et sur le terrain ? C’est sans lui que l’équipe de France penche vers l’avant depuis un an maintenant, sans lui que les places sont de plus en plus chères pour les postes offensifs, sans lui que les « G » mettent des points un peu partout en bleu : (Antoine) Griezmann, (Kevin) Gameiro, depuis peu, les « GG » flambeurs de l’Atlético, mais aussi (Olivier) Giroud et (André-Pierre) Gignac, le point de fixation et le Tigre. Ça en fait déjà quatre, dont un (Antoine Griezmann) qui est devenu le référent, le leader, celui autour duquel Didier Deschamps construit son équipe, pour lequel il change ses systèmes.
L’attaquant de l’Atlético est devenu plus qu’un joueur. Son nouveau statut et l’arrivée de Kevin Gameiro, son nouveau partenaire à l’Atlético Madrid, dans le paysage de l’équipe de France sont autant de coups de gomme sur le fantôme de Benzema. Car l’équipe de France n’a peut-être jamais, pour ce qui est de ses attaquants, affiché une telle densité de talents de niveau international. A ces quatre-là, il convient encore d’ajouter Dimitri Payet, le dépositaire, Anthony Martial et Kingsley Coman, les avions, Alexandre Lacazette, Ousmane Dembélé, les recours qui sont aussi des promesses.
Entre les nouveaux équilibres du groupe et le suicide médiatique de Benzema début juin, ça commence à faire beaucoup… Même si l’ancien Lyonnais est blanchi dans l’affaire dite de la sextape, pas sûr qu’il y ait du monde au pied du balcon pour manifester en faveur de son retour en équipe de France. Une équipe qui n’a plus forcément besoin de lui.

10. Arsène Wenger est-il un « has been » ?

L’Alsacien vient de franchir la barre symbolique des 1 000 matches à la tête d’Arsenal. Vingt ans d’une vie à Londres, marqués par des succès flamboyants, surtout au début de l’histoire, des années creuses et des ratés aussi. Stop ou encore, Arsène ? Une véritable interrogation.

Quand on parle d’Arsène, on voit souvent double. Il y a le côté « Mister » qui persiste, cette façon presque automatique de le placer parmi les meilleurs entraîneurs du globe. C’est vrai en France, beaucoup, et même un petit peu en Angleterre. Mais il y a aussi cette fatigue, de plus en plus prégnante, pour certains fans des Gunners qui partagent leur vie commune avec Arsène. L’usure du temps comme l’addition des années sans titre de champion. Quand on est habitué au caviar, on a parfois du mal à s’habituer aux moules.
Arsène a eu la très bonne mais fâcheuse idée de leur offrir le caviar en entrée, au cours de ses premières années sur le banc, à Highbury. Montré en exemple et respecté par la quasi-totalité du milieu, il est devenu, au fil du temps, la cible de certaines critiques en Angleterre. Enfin, surtout une, au terme de la saison dernière, qui est totalement passée sous silence chez nous : une vraie mutinerie en plein cœur de l’Emirates, lors de la réception de Norwich. Bon, le putsch a fait pschitt mais il souligne le ras-le-bol assez prononcé d’une frange de supporters. Il y avait Arsène au milieu, impassible devant son banc de touche, le costume toujours bien repassé et la cravate toujours rouge sur sa chemise blanche. C’est autour que le décor avait changé.
D’un côté, les banderoles « Time for change » (« Il est temps de changer » ou, si vous préférez, « Le changement, c’est maintenant ») et quelques cris d’oiseau en forme de refrain. De l’autre, les « Proud of Arsène, ashamed of fans » (« Confiance en Arsène, honte aux fans »), en guise de couplet. Le Français ne laisse personne indifférent. Chez les Gunners, il est de toute façon plus qu’un coach. Il s’agit d’un bâtisseur. Un formateur. Un architecte.
« Quand nous avons construit le stade, nous devions tout rembourser sur cinq ans. Nous ne savions pas si nous en serions capables. On a survécu au plus haut niveau pendant ces saisons-là, en nous qualifiant pour la Ligue des champions chaque année. Cela représente une performance assez importante quand même. Mais cette période est maintenant révolue. Nous nous trouvons aujourd’hui dans une position où nous pouvons rivaliser avec nos adversaires. » En d’autres termes, Arsenal a de nouveau les moyens de s’aligner sur les tarifs en vigueur pour acheter qui il veut.
A 66 ans (depuis le 22 octobre), Wenger n’incarne pas le futur et les idées neuves dans un championnat où il fait figure de dinosaure depuis le départ de Sir Alex Ferguson, qui commence à remonter un petit peu déjà. La situation plus qu’hésitante de MU depuis le départ de son mentor et cette fameuse illustration du « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne » peuvent aussi trouver un écho du côté d’Arsenal.
A ce sujet, Ivan Gazidis, le directeur général du club, a récemment lâché quelques mots lourds de sens et assez elliptiques dans le « Guardian ». « Arsenal et Wenger ne forment pas une seule et même chose. Arsène a embrassé les valeurs du club et il l’a transformé. Mais je pense que ces valeurs sont aussi le fruit du job de notre communauté locale, qui y travaille depuis trente ans. »
L’Alsacien met toujours un point d’honneur à aller au bout de ses contrats. Le sien expire en juin prochain. Il n’a pas prolongé à ce jour. Juste précisé une pensée : « Je souhaite qu’à mon départ, le club continue à progresser, remporte la Ligue des champions et le titre chaque année. » Pas des paroles de « has been » mais peut-être celles de quelqu’un sur le départ.

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