Équipe de France

On a posé les 12 questions qui fâchent (4)

C’est un peu subjectif, volontairement engagé ou simplement d’actualité. Avant de plonger dans les soirées froides de l’hiver, on a décidé de tirer certaines choses au clair, histoire de vraiment sortir couvert. Alors, Pogba est-il surcoté ? Zidane chanceux ou talentueux ? Ben Arfa n’est-il qu’un feu de paille ? Et McCourt à l’OM, fera-t-il pire ou mieux que « MLD » ? Wenger ne serait-il pas devenu un has been ? Et Varane, trop gentil ? Et Aulas, mauvais joueur ? Il y en a d’autres, il y en a douze. Accusés, levez-vous !

7. Frank McCourt : et si c’était pire qu’avec « MLD » ?

Le rachat de l’OM par le businessman américain a soulagé les supporters et ramené l’optimisme dans le ciel du Vieux-Port. A raison ou à tort ?

Et si c’était pire ? Et si finalement, c’était mieux avant ? On vous l’accorde, la question peut vraiment fâcher, d’abord les hommes de Frank McCourt et Frank McCourt lui-même, ensuite les supporters de l’OM qui, à force de ne plus en pouvoir d’attendre, rêvaient d’un Messie. Le Bostonien a réussi sa tournée des popotes en septembre, entre les télés, les radios et les interviews pas en bois mais pour le papier. Il a enchaîné les rendez-vous avec la presse, tout cela a été orchestré, plein de maîtrise et de savoir-faire. De la surcom’, autant d’occasions de se présenter et d’étaler ses grandes idées. On ne va pas dire que c’est l’ambiance des présidentielles US ou des primaires en France mais les idées ressemblent quand même beaucoup à des promesses de campagne présidentielle.
En gros, tout est beau et rien n’est trop gros pour l’Amerlock qui promet donc, dans le désordre, de ramener l’OM en haut du classement et dans la lutte pour le titre chaque année, de battre le PSG et de faire vivre aux supporters olympiens la meilleure expérience de leur vie de fan. Il n’a pas annoncé une baisse des impôts locaux sur la Canebière. Il a eu raison, Jean-Claude Gaudin veut doubler le loyer du Vélodrome pour le faire passer de 4 à 8 millions d’euros annuels.
« Il n’y a que l’OM qui m’a intéressé », a notamment répété Oncle Frank. Pourtant, son nom est apparu en Angleterre, où tout est à vendre, c’est bien connu, surtout les clubs de foot. Renaud Muselier, qui partage le même camp politique que Gaudin à Marseille, a été l’un des premiers à mettre son doute sur la place publique : « Il n’a rien à vendre et il ne connaît pas la ville. » Pas faux.
Officiellement, l’OM partirait, la saison prochaine, sur un budget de 150 millions d’euros. On est déjà loin des 500 millions du PSG. Mais il n’y a pas que le fric dans la vie, il y a les hommes aussi. Ainsi, dans l’équipe McCourt, il y a Jacques-Henri Eyraud, le futur président, et Didier Poulmaire, le futur DG, qui multiplient les rencontres et les discussions. On parle de Monchi, toujours sous contrat à Séville, mais qui fait lui aussi le tour des crèmeries pour dire ses envies d’ailleurs. On parle encore de Luis Campos, libre même s’il bosse sans le dire pour Manchester United et José Mourinho depuis le début de la saison. Pas gagné, tout ça.
McCourt aime rappeler, aussi, qu’il « sait comment gagner dans le sport ». Il faut bien lui préciser que l’expression « gagner dans le sport » signifie remporter des trophées et non s’en mettre plein les fouilles. L’ancien proprio des Los Angeles Dodgers, la franchise de baseball californienne, a laissé un champ de ruines avant de revendre le bébé cramoisi dans l’eau du bain pour plus de 2 milliards de dollars. Alors oui, on est comme les supporters marseillais, on espère. Mais on veut aussi leur dire que rien, excepté ses belles paroles et ses bonnes intentions, ne garantit que Frank McCourt est là pour durer et pour longtemps. Et on se demande si la meilleure des nouvelles, dans la vente actée par Margarita Louis-Dreyfus, ne serait pas les 5% du capital conservés par la famille Louis-Dreyfus. La veuve de Robert a inclus ça dans le deal pour son fils, Kyril. On exagère ? Quand il sera assez grand pour gérer tout seul son argent, le môme, un vrai supporter de l’OM, en aura beaucoup plus que l’ami Frank.

8. Le Barça est-il devenu trop prévisible ?

Deux défaites au cours des sept premières journées de la Liga : le Barça ne nous avait pas habitués à ça. Le début de la fin ou pas ?

Dans le ménage à trois qui se dessine depuis trois saisons maintenant – pour les affaires nationales en Espagne, pour rester poli, et les affaires européennes, pour rester objectif – entre l’Atlético Madrid, le Real Madrid et le FC Barcelone, on s’est habitué à ce que les confrontations directes entre les trois monstres décident du sort du championnat. En Liga, c’est un peu les loups entre eux. Pour les autres, les petits locataires de la basse cour, il faut toujours se contenter de miettes. Mais l’écosystème envoie des signes d’évolution depuis le début de la saison.
Le loup barcelonais aurait déjà laissé plus de miettes en route qu’au cours de toute la saison dernière. On exagère un peu mais pas tant. Avec quatre nuls et cinq défaites, les hommes de Luis Enrique avaient pris 91 points sur 114 possibles l’an passé, n’en lâchant que peu en route, 23 pour être précis. Après sept matches, ils en ont déjà abandonné 8 sur le chemin. Plus du tiers alors qu’ils ont disputé moins d’un cinquième du championnat. Et s’il est trop tôt pour parler de déclin, si la question de la fin de cycle ne peut pas encore réellement se poser, vu le CV et le pedigree des joueurs qui composent l’effectif catalan, l’idée du manque de surprises s’invite sur un coin de la table. Et l’invitation est légitime.
D’abord, le postulat de départ : le Barça est un modèle. Parfois (re)copié, jamais égalé et toujours admiré, où que l’on se trouve sur la planète, pour peu qu’on parle la langue du football. Comme tout modèle, il est donc disséqué, étudié depuis des lustres. Il ne bouge pas, depuis des années. Le Barça, c’est l’empire de la possession de balle, une machine à se faire des passes, sans que la balle sorte des limites du terrain. Un modèle de technicité, évidemment, qui n’autorise aucune faute de goût.
Mais à force de ne jamais sortir des limites, le modèle n’est-il pas en train de se scléroser ? On dirait que les Catalans sont moins en mesure de survivre à l’absence de l’un des « MSN ». Lionel Messi était blessé quand ils ont perdu à Vigo et l’intégration de Paco Alcacer, venu pour suppléer l’un des trois devant (0 but lors de ses 4 premières apparitions), fait débat, ce qui agace ostensiblement Luis Enrique qui paraît, lui aussi, monté sur ressorts nerveux ces temps-ci.
Comme un symbole, Andres Iniesta fêtait sa 600e apparition sous le maillot blaugrana à Vigo. Un anniversaire qu’il a démarré sur le banc. Le métronome paraît quand même indispensable au bon fonctionnement de la machine. Surtout, c’est derrière que les doutes s’accumulent.
Si Samuel Umtiti bluffe tout le monde depuis son arrivée, la blessure du « Sam » n’a pas été comblée par Jérémy Mathieu, qui a encore marqué contre son camp en Galice. Ter Stegen fait quelques arrêts et pas mal de bourdes. Javier Mascherano ne rajeunit pas et Daniel Alves est parti. Dix buts encaissés au cours des sept premiers matches de championnat, ça interpelle, aussi. Au Barça, on change les hommes sans toucher au modèle. Parfois, le modèle touche ses limites. Les Catalans ne sont-ils pas devenus prisonniers de leur propre système ? Prisonnier du titi-kaka ?

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