Équipe de France

On a posé les 12 questions qui fâchent (3)

C’est un peu subjectif, volontairement engagé ou simplement d’actualité. Avant de plonger dans les soirées froides de l’hiver, on a décidé de tirer certaines choses au clair, histoire de vraiment sortir couvert. Alors, Pogba est-il surcoté ? Zidane chanceux ou talentueux ? Ben Arfa n’est-il qu’un feu de paille ? Et McCourt à l’OM, fera-t-il pire ou mieux que « MLD » ? Wenger ne serait-il pas devenu un has been ? Et Varane, trop gentil ? Et Aulas, mauvais joueur ? Il y en a d’autres, il y en a douze. Accusés, levez-vous !

5. Hatem Ben Arfa n’est-il qu’un feu de paille ?

Il a signé au Paris SG en avouant qu’il « revenait à la maison. » Mais le Francilien ne joue pas ou très peu depuis le début de la saison et le mariage avec Unai Emery semble bien mal barré. Comme souvent, avec lui…

Sa signature à Paris, il en rêvait. Il était pisté par Lyon, par Barcelone, par d’autres encore, plusieurs écuries qui étaient décidées, soit à franchir le pas (pour le Barça), soit à mettre le deuxième pied sur le terrain (pour l’OL). Il a choisi Paris parce qu’il a choisi comme depuis toujours : avec le cœur. Hatem est un affectif. Le PSG, Paris, la capitale, c’est sa ville. Il est né à Clamart, il allait au Parc quand il était petit. Pour lui, l’occasion était trop belle, unique, surtout en considérant les virages en forme de queues de poisson qui ont dessiné sa carrière. Pas un chemin de croix mais presque pour certains lacets…
L’ancien Lyonnais sortait d’une saison de feu, un truc comme on l’espérait, que l’on rêvait même de voir un jour le concernant. Cette faculté à prendre le ballon, à faire des différences en forme de cratère et marquer, marquer. La saison passé, il a porté les velléités offensives de l’OGCN dans des proportions qui dépassaient le cadre de la Côte d’Azur. On répète, sans insister : le Barça lui a proposé un contrat, en fin de saison, pour venir suppléer la « MSN » dans le rôle de la première doublure, devant. Et puis Hatem est arrivé au Camp des Loges. Entraînement, reprise de la saison, nouveau coach… et nouvelles galères ?
Le voilà écarté du groupe pendant quatre matches, en tribunes, les lunettes vissées sur le nez et jamais un mot plus haut que l’autre. Des entraînements dont on ne sait pas grand-chose parce qu’on n’en voit quasiment plus aucun à Paris, caché derrière les grandes bâches du camp Ooredoo avant de déménager pour de bon dans un bunker 6 étoiles, là où le Qatar aura finalement décidé (à Poissy, a priori, mais ça peut encore changer).
Alors, on a écouté certains joueurs. Comme Thomas Meunier, qui dira avant de ravaler sa langue : « On ne le voit pas beaucoup aux entraînements. Hatem, c’est un joueur de match. Il veut faire la différence, prendre le ballon, dribbler. » Marquinhos est venu offrir quelques mots sur la situation. « Il faut qu’il se remette dans le bain. » Comme s’il n’y était plus.
Ben Arfa, c’est celui qui a terminé parmi les trois meilleurs joueurs du championnat la saison dernière, alors qu’il sortait de plus de six mois hors du cadre, à jouer au futsal avec des potes en banlieue, à s’entretenir comme il le pouvait avec un préparateur physique.
Il paraît qu’il est arrivé avec quatre kilos de trop à la reprise. Le genre d’élément qui pèse lourd dans une saison. Et qui veut dire beaucoup dans une carrière. Car malgré tout son talent, toute l’envie qu’on a de le voir porter la balle et aller claquer des buts venus d’ailleurs, on est bien obligé de constater qu’il a réussi une bonne saison – une seule – dans sa carrière : la dernière à Nice.
Lors de son retour en bleu, l’année passée, il disait : « Ce n’est pas encore fini. Je ne suis pas au bout de ma route, je n’ai pas encore 30 ans. » Ce sera pour mars prochain et même si ce n’est pas la fin du chemin, ça commence à faire beaucoup d’épingles à cheveux pour pas grand-chose.

6. José Mourinho va-t-il enfin la fermer ?

Le nouvel entraîneur de Manchester United n’est pas pour rien le « Special One ». Très intelligent, très pertinent et aussi très arrogant. Ça suffit ?

José Mourinho, qui évoque en privé son rêve de remporter une troisième Ligue des champions avec un troisième club différent, avant de rafler la Coupe du monde à la tête du Portugal (!), ne s’aime pas, il s’adore. Pourtant, il a baissé le son depuis quelques semaines. C’est vrai. On ne l’entend plus trop, enfin plus trop sur les sentiers de la provocation et de la polémique.
La défaite en début de saison à Old Trafford contre City, dans le derby de Manchester qui proposait les grandes retrouvailles avec son ami de toujours, Pep Guardiola, explique peut-être cela. Mais le Portugais n’est pas le « Special One » pour rien. Et quelques semaines de micro coupé n’effaceront pas ses prises de parole souvent cultes, parfois trop, celles qui jalonnent sa carrière comme des petits cailloux.
Il avoue, en privé aussi, qu’il « mettra un jour (sa) main sur la gueule d’Arsène Wenger », qu’il n’aime pas mais pas, mais pas du tout. Et l’Alsacien n’est pas le seul de ses confrères qu’il vomit. Prenez Claudio Ranieri, par exemple. Pas le coach le plus vantard ni le plus rentre-dedans. Plutôt apaisé et tranquille, l’Italien. Voilà ce qu’en a dit Mou qui lui avait succédé sur le banc, à Chelsea, en 2004. « J’ai étudié l’italien cinq heures par jour pendant plusieurs mois pour être sûr de pouvoir communiquer avec les joueurs, les médias, les supporters à mon arrivée à l’Inter Milan. Ranieri, lui, a été en Angleterre pendant cinq ans, il peine encore à dire « Good morning » ou « Good afternoon ». Il n’a jamais gagné un grand trophée, que des petites Coupes. Peut-être qu’il devrait changer de mentalité mais il est trop vieux pour le faire. »
L’Italien a remporté le titre de champion l’an passé avec Leicester. Un miracle… En mars 2014, alors qu’Arsène Wenger allait diriger son 1 000e match à la tête d’Arsenal, José lui avait souhaité, à sa manière, un bon anniversaire : « Arsène, je l’admire, j’admire Arsenal. Il est impossible d’atteindre 1 000 matches sans un soutien fantastique du club, y compris dans les mauvais moments, surtout que ces moments ont été nombreux. » En 2005, un an après avoir rejoint Chelsea et donc quitté Porto, il envoya cette carte postale à ses compatriotes : « Maintenant, au Portugal, les supporters de Benfica et du Sporting m’aiment beaucoup. Pourquoi ? Parce que je suis parti. Finalement, ils ont enfin des chances de gagner le championnat. » Sur­­­­ ce coup-là, on va rester objectif et on va dire qu’on ne peut pas lui donner tort.
Sinon ? Avez-vous remarqué le silence assourdissant du « Special One » depuis le début de la saison ? Ça ne devrait pas durer. Parce qu’on ne se refait pas : lorsqu’on a de telles pages dans son encyclopédie, on ne peut pas la fermer comme ça. Ça va ressortir, c’est sûr, et ça va faire du bruit, comme toujours. Après tout, la question est ailleurs.
Les saillies de José sont aussi sa manière de travailler. Le coach qui a quand même dit de lui un jour « Si je devais me noter sur 10, je me mettrais 11 » se nourrit de l’adversité. C’est là qu’il se révèle, il en a besoin. C’est aussi sa manière d’avancer dans le travail. Il a compris, très tôt, que c’était aussi le meilleur moyen d’­­exister au plus haut niveau. Donc, non, on est catégorique. Il ne va pas la fermer de sitôt.

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