Équipe de France

Nabil Fekir, le prologue a assez duré

L’attaquant de l’OL n’a encore presque rien donné avec l’équipe de France. Terrassé au Portugal en septembre 2015, quand il s’est rompu les croisés, il a tout à écrire avec les Bleus. Et c’est tant mieux.

Il fait partie des paris mais c’est une valeur sûre dans l’esprit de Didier Deschamps, qui le porte en (très) haute estime et qui a régulièrement du Nabil plein la bouche. On se souvient bien de l’histoire des débuts, quand le feu-follet lyonnais hésitait entre les Fennecs d’Algérie et les Bleus de France. On ne sait pas trop et on ne saura sans doute jamais ce que « DD » et Christian Gourcuff (alors sélectionneur de l’Algérie) lui ont promis – ou pas – mais Fekir a choisi les Bleus et Deschamps, depuis, le suit toujours d’un œil bien particulier.
Il y a d’abord eu quatre entrées en jeu. Dont une assez bizarre, un soir de juin au Stade de France, un lendemain de finale de Ligue des champions où la Belgique est venue en planter quatre à Hugo Lloris. Mais Nabil, en quelques minutes, dix-sept précisément, a quand même posé sa patte sur le SDF, avec un pion dans les filets de Thibaut Courtois en prime. Et puis la progression logique, la première titularisation. Un soir de septembre à Lisbonne, des températures estivales et le noir complet au bout de quelques minutes de jeu. Un appui comme un autre, le genou qui se dérobe et la vie qui bascule. Fekir s’écroule sur le côté, se tient la jambe, tâte derrière le genou et ne sent pas trop bien la chose. Les croisés. Même Didier Deschamps, que l’on sait pourtant droit dans la tempête, paraît marqué devant le banc de touche. Il était un profil en plus, un joueur différent en vue de l’Euro 2016. Le voilà out pour la saison, direction le bloc opératoire et la rééducation.
« Il a fallu être costaud mentalement, se souvient l’intéressé. J’ai essayé de bien me soigner, de tout mettre en œuvre pour la rééducation. Maintenant, c’est de l’histoire ancienne. Je veux regarder devant. » Didier Deschamps, qui a fait sans lui, évidemment, pour l’Euro, ne l’a jamais perdu du coin de l’œil. Convaincu du potentiel et du caractère différent du bonhomme. Il l’a rappelé début septembre. Et boum, Nabil fait à nouveau faux bond et préfère retourner sur la table d’opération. Passage obligé.
« Cette intervention m’a fait du bien. J’avais toujours une petite gêne au genou en début de saison. Maintenant, j’espère que toutes ces blessures vont vraiment me laisser tranquille. Le chirurgien m’a nettoyé le ménisque. Il y avait un petit morceau qui traînait. Ça change la vie. Je me sens libéré. C’est bien pour moi. »
Et pour les Bleus, avec lesquels son avenir est tout tracé, sa place réservée dans les réflexions de « DD ». « Il peut faire des différences individuelles. Il a beaucoup de puissance, de vitesse, un centre de gravité assez bas. Dans les 25 derniers mètres, il crée des décalages avec sa vivacité et sa percussion. Il peut marquer et faire marquer. Au final, ça fait quand même beaucoup. »
De retour en octobre, le Lyonnais n’a disputé que sept minutes contre la Bulgarie et il n’est pas entré en jeu aux Pays-Bas. Mais sa patte gauche et son profil, avec ou sans la barbe, sont deux atouts que l’on devrait revoir régulièrement, dans les mois à venir, dans le ciel des Bleus. Le prologue est terminé.

Le chiffre : 14
Le nombre de minutes que Nabil a passées sur la pelouse de José Alvalade, l’antre du Sporting Portugal, le 4 septembre 2015. Les Bleus s’imposeront ce soir-là, grâce à un coup franc tardif de Mathieu Valbuena, à la 85e minute. Mais depuis un moment déjà, Fékir a quitté le stade, direction l’hôpital. Et les examens allaient froidement confirmer les craintes : rupture des croisés.

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