Équipe de France

Nabil Fekir : « J’ai envie de penser au futur »

Un peu plus d’un an après sa rupture des ligaments croisés, Nabil Fekir, qui avait manqué le rendez-vous de septembre avec les Bleus pour cause de nettoyage du cartilage, a effectué son retour. Pour de bon, ce coup-ci.

PLANETE FOOT : Après la fausse joie de septembre, te revoilà pour de bon en Bleu en octobre. C’est beau l’automne, finalement ?
Nabil FEKIR :
C’est sûr que ce n’est pas le même que l’an dernier. Pour moi, il s’agit d’une grande fierté. J’ai vécu une année un peu compliquée, je suis passé par des moments assez difficiles, espacés. Il a fallu être costaud mentalement. Maintenant, je me dis que c’est de l’histoire ancienne.

PF : Est-ce que paradoxalement, cette saison blanche t’a fait grandir ? Comment peut-on s’en servir ?
N.F. :
Il fallait bien me soigner, c’était la priorité. J’ai essayé de tout mettre en œuvre pour toujours prioriser la guérison, la rééducation. Maintenant, c’est du passé. C’était frustrant quand même de rester éloigné des terrains aussi longtemps. Mais ça fait partie d’une carrière. Ça fait mûrir.

PF : Quel souvenir gardes-tu du match à Montpellier, quand tu es revenu à la compétition (le 2 avril, victoire de Lyon 2-0) ?
N.F. :
Il y a eu de l’émotion. D’abord, parce que ma période loin des terrains s’est quand même étirée sur huit mois. Huit mois sans jouer, l’opération, la rééducation, ça représente beaucoup de temps. C’est vrai qu’à la Mosson, j’ai vécu un truc spécial. J’ai été très touché par l’accueil du public de Montpellier, parce que je ne m’y attendais pas. Nous étions à l’échauffement, sur le bord de la touche, et les gens m’encourageaient, me montraient leur affection. Ça m’a touché, oui.

PF : Et tu es passé de l’autre côté de la ligne de touche…
N.F. :
Je ne savais pas que c’était moi qui allais entrer en jeu. Quand on m’a fait signe, j’étais heureux mais je n’ai pas eu le temps de cogiter. J’ai pris un coup d’entrée sur mon genou !

PF : Tu as eu peur ?
N.F. :
Je savais qu’il faudrait être costaud mais je n’avais pas de repère. En sortant du match, quand j’ai constaté que ça avait tenu, je me suis senti soulagé. Mon père était dans les tribunes, le chirurgien qui m’a opéré avait lui aussi fait le déplacement. J’ai été un peu ému, oui, parce que j’attendais ça depuis longtemps, il y a eu cet accueil du public et ces minutes passées sur le terrain. Le foot, c’est ma passion, j’aime ça. Alors, certainement, il s’agit d’une soirée que je n’oublierai pas.

PF : En fait, la fin de saison est arrivée trop tôt pour toi ?
N.F. :
J’ai vraiment fait attention. Pour me présenter frais à la reprise avec le groupe, j’ai effectué une petite remise en route. Un peu de travail physique, un peu de musculation. Quelques exercices de renforcement pour mon genou aussi. Il y avait beaucoup d’attentes de ma part parce que, d’un côté, la vie de groupe me manquait, quand même. De l’autre, il y avait beaucoup d’ambitions à l’OL, avec l’espoir de réussir une belle saison.

PF : Didier Deschamps, qui avait joué un rôle assez important dans ton choix d’opter pour l’équipe de France, ne t’a jamais lâché, même si tu n’as pas fait partie de la campagne de l’Euro. Quelles sont vos relations ?
N.F. :
Le coach a été et reste très important pour moi, oui. Je parle beaucoup avec lui. Il me conseille, me file quelques trucs. Il me fait confiance. J’ai juste envie de la lui rendre.

PF : Ton retour pour affronter la Bulgarie et les Pays-Bas en éliminatoires de la Coupe du monde 2018 a coïncidé avec l’absence d’Olivier Giroud, blessé. Comment envisages-tu ta relation avec Antoine Griezmann ? Pouvez-vous être compatibles sur le terrain ?
N.F. :
Antoine est un très, très grand joueur. Après, c’est le sélectionneur qui décide. Qui il met sur le terrain et dans quelle configuration. Il y a une place à prendre, effectivement, mais il y a beaucoup de bons joueurs en équipe de France. Des joueurs qui ont démontré tout leur potentiel et qui ont grandi, qui ont accumulé de l’expérience durant l’Euro. A moi de donner le maximum.

PF : A l’opposé, il y a un joueur qui était un cadre en équipe de France et qui ne fait plus partie du groupe. Un joueur avec lequel tu joues à Lyon, Mathieu Valbuena. Quel est ton avis sur sa situation ?
N.F. :
C’est compliqué pour Mathieu. Depuis le début de la saison, il alterne le banc et les titularisations. Mais c’est un gars qui possède un gros mental. Il se bat chaque jour. Il l’a montré depuis longtemps déjà, il s’agit d’un bourreau de travail. Il a eu des problèmes extrasportifs, c’est aussi à cause de ça qu’il n’est plus en équipe de France aujourd’hui. Maintenant, il ne lâche jamais rien.

PF : Et toi, quel est son statut chez les Bleus ?
N.F. :
On ne peut pas dire que je suis un cadre. En tout cas, ce n’est pas mon avis. Je n’ai absolument rien prouvé en équipe de France. C’est à moi de m’imposer dans ce groupe, de montrer, pour pouvoir devenir quelqu’un d’important. Encore une fois, je me dis que ma blessure est de l’histoire ancienne. J’ai envie de penser au futur.

PF : Question futur, justement, ton retour à Clairefontaine a aussi coïncidé avec la première convocation de Presnel Kimpembe au Château. Que penses-tu de cet élargissement et de ce rajeunissement du groupe ?
N.F. :
Je ne suis pas surpris par l’arrivée de Presnel. J’ai joué contre lui lors du Trophée des champions, c’est un très bon défenseur. Bien sûr, c’est à lui de montrer qu’il est capable de jouer en bleu mais pour moi, il fait partie de l’avenir de l’équipe de France. Après, l’élargissement, le rajeunissement… Il y a tellement de bons joueurs qui peuvent postuler et rejoindre le groupe que cela me paraît normal.

PF : Mais on a l’impression qu’il n’y a qu’un seul Nabil Fekir. Laurent Koscielny a même osé la comparaison avec Lionel Messi…
N.F. :
Je suis gaucher, c’est pour ça… Le coach m’a dit que j’avais un profil un peu spécial. Je provoque balle au pied, j’aime bien rentrer sur mon pied gauche mais il faut le montrer sur le terrain. Le profil, ce n’est pas lui qui joue.

Quand Laurent Koscielny se lâche sur Nabil Fekir…

En marge du dernier rassemblement des Bleus, avant France-Bulgarie et Pays-Bas-France, Laurent Koscielny n’a pas tari d’éloges au sujet de Nabil Fekir. Au point de se demander si c’était vraiment lui rendre service. Mais ça partait vraiment d’un bon sentiment. « Nabil, c’est quelqu’un qui a énormément de qualités techniques. Oui, il me fait penser à Leo Messi, dans ses petits pas d’ajustement, dans ses appuis et dans sa façon de jouer les un contre un. Il crée des différences, il peut faire des passes décisives ou bien marquer lui-même. Il est encore jeune, il a besoin de s’épanouir mais il a été ralenti par une grave blessure, il ne faut pas l’oublier. Il revient petit à petit, j’espère qu’il va progresser et devenir un très grand joueur parce qu’il en a le potentiel. C’est tout en haut qu’est sa place. »

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