Étranger

Malcom, comme un ouragan

Cela pourrait être une chanson à succès, c’est devenu un tube de l’été et du début d’automne. Malcom, le jeune Brésilien de Bordeaux, fait danser toute la Gironde. Et c’est bon !

Le pauvre ! Quand il a débarqué en Gironde, en janvier 2016, Malcom Filipe Silva de Oliveira (plutôt rase-motte que grande gigue, avec son 1,71 m sous la toise), de son nom complet, a ressenti comme un chaud et froid. Normal, il débarquait des Corinthians, région de Sao Paolo, qui n’est pas l’endroit le plus chaud du Brésil, sauf que c’était l’été en AmSud et l’hiver en Europe. Et si Bordeaux n’est pas la place la plus glaciale de France, il y tombe, quand même, pas mal de flotte, qui finit par vous transpercer les os. Bref, le môme – parce que c’en était un – devait s’adapter. A tout.
Dix-huit berges, la famille et les amis avec lui, OK, mais c’était quand même un sacré chantier. Et un grand vide dans une langue où il ne comprenait absolument rien. Dans une nouvelle vie qui ne lui appartenait pas.
Willy Sagnol, entraîneur de Bordeaux à son arrivée, semblait avoir débroussaillé le terrain. « Pour remplacer Wahbi Khazri (ndlr : parti à Sunderland), annonçait-il, nous avons trouvé aussi bien, sinon mieux. » L’ancien directeur sportif du club, Charles Camporro, élément important dans sa venue, en rajoutait une couche : « Il appartient à ces jeunes joueurs qui se sont fait remarquer par leurs qualités. Il ne s’agit peut-être pas du plus grand dribbleur de la Terre mais dans le jeu de passes, il devrait apporter beaucoup. C’est un garçon ouvert, libéré, souriant et disponible, que j’imagine donner beaucoup à l’équipe. » Pour que cela soit le cas, encore aurait-il fallu qu’à l’époque, on lui accorde une once de confiance. D’accord, il était très jeune mais quand même… Bref, les premiers mois du petit nouveau se sont avérés délicats, dira-t-on avec diplomatie.
Les choses ont radicalement changé sous les ordres de Jocelyn Gourvennec, depuis cet été. Ce joueur, milieu offensif ou ailier gauche, il l’apprécie, le Breton. Ses buts qui font tilt depuis le début de la saison, il ne peut que s’en réjouir aussi. Malcom cartonne et fait profiter tout le monde de sa réussite. Qu’il s’agisse de ses débordements d’enfer ou de ses buts qui déglinguent l’adversaire, c’est toujours du bonus pour les Girondins. Qui ne regrettent pas d’avoir investi cinq millions d’euros sur ce qui ressemblait à un gros pari. Il est gagnant aujourd’hui.
Sélectionné dans les équipes de jeunes du Brésil, Malcom veut voir plus loin. Chez les Corinthians, il était rapidement devenu un élément incontournable, malgré son âge de bébé Cadum. A Bordeaux, cela a été peu moins simple. « Il a fallu que je m’adapte à mon arrivée en France car au Brésil, le niveau physique n’est pas si élevé. »
Il a donc appris, s’est enrichi de ce qu’il a découvert et de ce qu’on lui ont apporté ses partenaires. « Je suis de mieux en mieux avec eux. Avec Diego Rolan, on sent le football de la même manière. Avec Jérémy Ménez, c’est pareil. Il s’agit d’une personne d’expérience qui apporte beaucoup au groupe. Il nous permet de progresser. Mais pour moi, le plus important reste de bien travailler pour l’équipe et pour les autres. » Pour l’instant, grâce à son efficacité, il bosse bien pour les Girondins. Et personne, vraiment personne ne s’en plaint.

Transfert express

Il paraît qu’à l’époque, quand Willy Sagnol était encore entraîneur des Girondins, c’est Zé Roberto, son ancien équipier au Bayern, qui l’aurait convaincu d’engager le bonhomme. Ce Malcom qui, quelques mois auparavant, aurait pu rejoindre l’OM dont il avait visité les installations. C’est finalement sur les rives d’Atlan­tique, côtes françaises, plutôt que sur les bords de la Méditerranée, qu’il a débarqué.

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