Équipe de France

Livre d’or 2015-16 : France, Paris seul au monde

Pour la deuxième année consécutive, le Paris SG a tout raflé mais en creusant, ce coup-ci, des écarts records.

Il y avait un gouffre, il y a un monde. Le PSG se sentait un peu seul, sur la ligne de départ, parmi les prétendants à sa propre succession ? Les Parisiens ont été isolés tout au long de la saison. Seuls au monde en championnat, dans une Ligue devenue bien trop étroite pour leur appétit d’ogre. Seuls au monde en Coupe de la Ligue, seuls en Coupe de France…
Si le Grand Chelem (auquel il faut encore ajouter le Trophée des champions) est d’une cruauté sans pareille, c’est bien en championnat que les joueurs de Laurent Blanc ont accentué leur domination sans partage. Quelques chiffres suffisent pour décrire le vide sidéral qui les entoure. Ils ont occupé la tête du championnat du début à la fin. Pardon, il y a une exception. Au soir de la 1ère journée, malgré leur victoire 1-0 à Lille, ils n’occupaient que la 8e place, devancés à la différence de buts puis au fair-play. De la numéro 2 à la 38e, ils n’ont, en revanche, plus quitté la première marche du podium.
La différence de buts, parlons-en. Si elle affiche un surréaliste +83, il faut préciser que Zlatan Ibrahimovic et ses disciples – enfin, surtout Zlatan – ont inscrit 102 buts au cours des 38 journées de championnat. Aucune équipe n’avait franchi la barre symbolique des cent buts depuis… 56 ans. Ils réalisent la troisième performance de l’histoire de la L1 derrière le RC Paris (118 buts en 1959-60) et le Stade de Reims (109 buts la même saison), à égalité avec le LOSC (102 buts en 1948-49).
Ils rouvrent également les livres d’histoire. Ils s’entraînaient, s’entraînent et s’entraîneront toujours dans les Yvelines (bientôt plus à Saint-Germain-en-Laye mais toujours dans le département, soit à Poissy, soit à Thiverval-Grignon). Ils raffolent du 78 : c’est l’écart de points, au classement final, entre le champion et la lanterne rouge, Troyes. Ils ont marqué 96 points au tableau final, améliorant de sept unités leur propre record (89 points en 2013-14). Et puisqu’on oublie volontairement ici les statistiques stratosphériques de Zlatan, le garçon mérite quand même un peu plus que trois lignes pour lui dire au revoir. On peut rajouter les 18 passes décisives réussies par Angel Di Maria, le meilleur passeur du championnat évidemment. Pour la petite histoire, c’est à la mi-mars que les Parisiens ont officialisé leur titre : en l’emportant 9-0 à Troyes, histoire de…
Laurent Blanc, qui refuse de banaliser et qui a bien raison de le faire, résume : « J’avais dit que ce serait difficile de faire aussi bien que la saison dernière. Mais on ne se gargarise pas non plus. Il faut être conscient qu’en Coupe d’Europe, nous ne sommes pas arrivés à notre objectif. » C’est bien ça, un monde d’écart.

Le top : Frédéric Antonetti
Ce n’était décidément pas la saison des beaux gosses. Surtout, que Fred ne nous en veuille pas, ce n’est pas une attaque en règle contre les chauves. Plutôt un constat d’une élégante cruauté. Avant Michel, le Colgate de Marseille, nous avions eu droit à Hervé Renard, le Signal du LOSC. Chemise ouverte, col blanc et une gueule à remporter « The Bachelor » chaque année. Hervé le tombeur est tombé en novembre. Seizième après treize journées, le LOSC a réussi une seconde partie de saison carrément canon. Cinquièmes au final, les Dogues affichent une 3e place d’enfer sur la phase retour (36 points sur 57 possibles). Bien sûr, il y a eu la « remontada » de Lyon (2e au final après avoir compté 10 points de retard sur Monaco) et le pari fou toulousain (17e après avoir pointé à 10 longueurs de Reims, qu’il a finalement devancé) mais le LOSC de Fred, quand même…

Le chiffre : 13
Marcelo Bielsa (à Marseille) et Rolland Courbis (à Montpellier) ont lâché prise de leur propre chef. A ce duo de choc, il faut ajouter 11 autres coaches de L1 qui ont été démis de leurs fonctions en cours de saison : Ghislain Printant à Bastia, Willy Sagnol à Bordeaux, Hervé Renard à Lille, Hubert Fournier à Lyon, Michel à Marseille, Hervé Guégan à Reims, Philippe Montanier à Rennes, Dominique Arribagé à Toulouse, Jean-Marc Furlan puis Claude Robin à Troyes et le duo Pascal Baills-Bruno Martini à Montpellier. Un record !

Le flop : Vincent, Michel, Labrune et les autres
Est-ce la pire saison de l’histoire de l’OM ? Dans une cité où quelques sardines peuvent très vite boucher un Vieux-Port, c’est vrai qu’on peut tout entendre. Alors, on écoute le président, Vincent Labrune : « Le pire, c’est que ça s’est mal passé mais ça n’a pas tenu à grand-chose. Au final, nous comptons moins de défaites en Ligue 1 que le dauphin Lyon. » Toujours le mot pour rire, celui-là. Treizième au final, quand même, l’exploit n’est pas passé inaperçu. C’est vrai que tout a mal tourné. Démission de Bielsa au soir de la première journée, « El Casanova de la Noche et d’ailleurs » Michel, à qui le costume trois-pièces va vraiment mieux que l’uniforme du pompier, qui débarque et v’lan, un aller simple pour une saison pourrie en mode continu. C’est vrai, aussi, qu’à force de jouer à tout et à n’importe quoi, ce qui s’apparente un peu à la politique de Labrune depuis cinq ans, ça finit rarement dans le sourire et les bulles de champagne… C’est vrai, enfin, qu’à force de ne pas mettre un centime au pot, Margarita Louis-Dreyfus avait le droit de rêver mais tout à craindre. Quoique, elle n’a pas l’air de craindre grand-chose. Un repreneur fiable, solide, voire richissime et ça peut repartir. Sinon, gare.

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