Équipe de France

Livre d’or 2015-16 : Finale de la Ligue des champions, Decima, Zizou, et una mas !

Onzième Ligue des champions pour le Real Madrid qui poursuit son incroyable histoire d’amour avec la C1. Et première pour Zinédine Zidane l’entraîneur, qui ne lâche pas sa bonne étoile. Cinq mois dans la peau du coach et déjà sur le toit de l’Europe…

Au bout du compte, quand ça se joue à rien ou plutôt à un tir au but manqué par Juanfran, l’un des joueurs les plus expérimentés que l’Espagne ait enfantés, c’est qu’il doit y avoir autre chose. Que serait-il advenu du match si Antoine Griezmann avait transformé son penalty à lui, au début de la seconde période, et donc si l’Atlético avait égalisé à ce moment-là ? Aurait-il seulement égalisé, d’ailleurs, ou carrément ouvert le score si l’un des arbitres présents, puisqu’il faut en entasser toujours plus autour plutôt que de mettre la vidéo dedans, avait levé son drapeau pour signifier à Sergio Ramos qu’il était hors-jeu et que son but n’était donc pas valable sur l’ouverture du Real ?
Au bout du bout, il y aura toujours un truc en plus. Comme cette sensation qu’à Madrid, même si la ville respire le foot en capitales et du nord au sud, les bonnes fées iront – toujours plus – naturellement se pencher au-dessus du berceau tout blanc. Plutôt qu’au-dessus de celui à rayures rouges. Comme un refrain en deux versions : à la fin, c’est l’Atlético Madrid qui perd ; à la fin, c’est le Real Madrid qui gagne.
Deux ans après une égalisation que l’on n’attendait plus de Sergio Ramos, au bout du temps additionnel, les Colchoneros paraissaient encore plus forts cette année. Renforcés à la fois par une confiance en eux et une foi en leur coach, démentielles et uniques. Quelque chose comme une force en plus qui leur avait quand même permis d’écarter, excusez du peu, le Barça et le Bayern Munich en quarts de finale et en demi-finales. Le genre de parcours qui ne trahit aucune fausse note et qui vous place presque dans la peau sinon d’un favori, du moins dans celle d’un prétendant légitime.
Mais en finale, en face de l’Atlético, c’était le Real. Alors oui, ça manque décidément d’air quand ces deux voisins-là se croisent. Deux ans après, ils nous ont refait Lisbonne à Milan. On pouvait s’en douter mais à ce point-là, quand même, c’est assez fort de café. Et ce n’est pas une dédicace pour les deux villes hôtes de leurs finales échevelées.
Ce fut donc âpre, parfois brouillon, parfois bouillant. Ce fut un vrai Real-Atlético et comme c’était en finale de la Ligue des champions, c’est le Real qui a soulevé la Coupe. Les bonnes fées ont encore frappé. Même si les joueurs en blanc ont dominé les débats en première mi-temps. Même si Karim Benzema aurait pu donner plus d’ampleur au score, enfin, un but de plus surtout, s’il n’avait pas perdu son face-à-face avec Jan Oblak.
Les poulets élevés au grain de Diego Simeone ont réussi à revenir dans la partie dans le deuxième acte et l’égalisation superbe de Ferreira Carrasco, à dix minutes de la fin, est tout sauf une méprise. C’est à partir de là, d’ailleurs, que l’air s’est raréfié. D’un coup, violemment. Trente minutes de prolongation en apnée, avec certains joueurs à la limite des crampes et d’autres perclus. C’est long, trente minutes en apnée, sur le bord de la pelouse. Alors que Diego Simeone continuait de gesticuler dans tous les sens, Zinédine Zidane paraissait dans son élément. Un vrai Jacques Mayol au milieu des dauphins. C’est à croire qu’il respire mieux à ces altitudes-là. Moins l’air est là, mieux « Zizou » va !
A peine cinq mois après sa nomination à la tête du Real, voilà notre « Z » préféré qui remporte la Ligue des champions avec « son » Real. Au bout du compte, il doit vraiment y avoir autre chose. Florentino Pérez, le président merengue, aux anges à Milan, n’a pas tardé pour protéger encore un peu plus l’avenir de son poulain. « Zidane a un contrat jusqu’en 2018 et il va continuer dans ses fonctions. Il est l’entraîneur idéal pour le Real Madrid. Il a changé l’histoire en 2001. Il a remporté la Ligue des champions comme joueur, comme adjoint et maintenant comme entraîneur principal. »
Un destin ? « Zizou » était tout sourire, presque zen, quand il est venu exprimer ses émotions. « C’est énorme ! Carlo Ancelotti me disait qu’il espérait, pour moi, que je la soulève un jour en tant qu’entraîneur. Aujourd’hui, c’est le cas et il avait raison : cela n’a rien à voir avec ma victoire en tant que joueur. Je suis heureux. Vidé, complètement vidé, mais heureux. Il n’y a que du positif. »
Le Real Madrid est sa famille ? C’est en famille qu’il a remporté sa première Ligue des champions dans la peau du coach. Juste derrière le banc de touche, Véronique était là, dans la délégation merengue, accompagnée de Theo et Eliaz, les deux derniers de la fratrie. Sans masque, ni tuba, « Zizou » enchaînait : « Quand vous réalisez ce qu’on a fait durant la saison, gagner une Ligue des champions, ça rend heureux, moi comme les joueurs. Cela signifie que le message est passé, qu’on a bien bossé. Les joueurs m’ont suivi et ça a marché. J’ai rêvé de cette victoire, j’y ai pensé très fort. On a lutté jusqu’à la dernière minute, en l’occurrence jusqu’aux tirs au but. »
Après Lisbonne, où il était l’adjoint de Carlo Ancelotti (2014), Milan (2016). Pour la deuxième fois en trois éditions, Madrid s’est transformée en capitale du foot européen. Pour la deuxième fois en trois éditions, le Real a rappelé qu’il était bien la capitale du foot à Madrid. Onze Ligues des champions. Dans la vitrine du Real, c’est un beau compte.

La fiche du match
■ Le samedi 28 mai 2016 à Milan (Italie)
■ Stade Giuseppe-Meazza
■ 71 942 spectateurs
■ Real Madrid-Atlético Madrid 1-1 (1-0), 5 t.a.b. à 3
■ Arbitre : M. Clattenburg (ANG)
■ Buts : Sergio Ramos (15e) pour le Real Madrid ; Ferreira Carrasco (79e) pour l’Atlético Madrid.
■ Tirs au but réussis par Lucas Vasquez, Marcelo, Bale, Sergio Ramos et Cristiano Ronaldo pour le Real Madrid.
■ Tirs au but réussis par Griezmann, Gabi, Saul Niguez ; manqué par Juanfran pour l’Atlético Madrid.
■ Avertissements : Carvajal (11e), Navas (47e), Casemiro (79e), Sergio Ramos (90e +2), Danilo (93e), Pepe (111e) pour le Real Madrid ; Fernando Torres (61e), Gabi (90e +2) pour l’Atlético Madrid.
■ Real Madrid : Navas – Carvajal (Danilo, 52e), Pepe, Sergio Ramos (cap.), Marcelo – Modric, Casemiro, Kroos (Isco, 72e) – Bale, Benzema (Lucas Vasquez, 77e), Ronaldo.
Entraîneur : Zinédine Zidane.
■ Atlético Madrid : Oblak – Juanfran, Savic, Godin, Filipe Luis (L. Hernandez, 109e) – Saul Niguez, Gabi (cap.), A. Fernandez (Ferreira Carrasco, 46e), Koke (Partey, 116e) – Griezmann, F. Torres.
Entraîneur : Diego Simeone.

Un fameux club des 7
Avec Zidane, le petit dernier, ils sont désormais sept à avoir remporté la Ligue des champions en tant que joueurs et en tant qu’entraîneurs.
■ Miguel Munoz (ESP)
Joueur : en 1956, 1957 et 1958 avec le Real Madrid.
Entraîneur : en 1960 et 1966 avec le Real Madrid.
■ Giovanni Trapattoni (ITA)
Joueur : en 1963 et 1969 avec l’AC Milan.
Entraîneur : en 1985 avec la Juventus Turin.
■ Johan Cruyff (P.-B.)
Joueur : en 1971, 1972 et 1973 avec l’Ajax Amsterdam.
Entraîneur : en 1992 avec le FC Barcelone.
■ Carlo Ancelotti (ITA)
Joueur : en 1989 et 1990 avec l’AC Milan.
Entraîneur : en 2003 et 2007 avec l’AC Milan, en 2014 avec le Real Madrid.
■ Frank Rijkaard (P.-B.)
Joueur : en 1989 et 1990 avec l’AC Milan, en 1995 avec l’Ajax Amsterdam.
Entraîneur : en 2006 avec le FC Barcelone.
■ Pep Guardiola (ESP)
Joueur : en 1992 avec le FC Barcelone.
Entraîneur : en 2009 et 2011 avec le FC Barcelone.
■ Zinédine Zidane
Joueur : en 2002 avec le Real Madrid.
Entraîneur : en 2016 avec le Real Madrid.

Le palmarès complet
1956 : Real Madrid (ESP)
1957 : Real Madrid (ESP)
1958 : Real Madrid (ESP)
1959 : Real Madrid (ESP)
1960 : Real Madrid (ESP)
1961 : Benfica Lisbonne (POR)
1962 : Benfica Lisbonne (POR)
1963 : AC Milan (ITA)
1964 : Inter Milan (ITA)
1965 : Inter Milan (ITA)
1966 : Real Madrid (ESP)
1967 : Celtic Glasgow (ECO)
1968 : Manchester United (ANG)
1969 : AC Milan (ITA)
1970 : Feyenoord Rotterdam (P.-B.)
1971 : Ajax Amsterdam (P.-B.)
1972 : Ajax Amsterdam (P.-B.)
1973 : Ajax Amsterdam (P.-B.)
1974 : Bayern Munich (ALL)
1975 : Bayern Munich (ALL)
1976 : Bayern Munich (ALL)
1977 : Liverpool (ANG)
1978 : Liverpool (ANG)
1979 : Nottingham Forest (ANG)
1980 : Nottingham Forest (ANG)
1981 : Liverpool (ANG)
1982 : Aston Villa (ANG)
1983 : Hambourg SV (ALL)
1984 : Liverpool (ANG)
1985 : Juventus Turin (ITA)
1986 : Steaua Bucarest (ROU)
1987 : FC Porto (POR)
1988 : PSV Eindhoven (P.-B.)
1989 : AC Milan (ITA)
1990 : AC Milan (ITA)
1991 : Étoile Rouge Belgrade (YOU)
1992 : FC Barcelone (ESP)
1993* : MARSEILLE (FRA)
1994 : AC Milan (ITA)
1995 : Ajax Amsterdam (P.-B.)
1996 : Juventus Turin (ITA)
1997 : Borussia Dortmund (ALL)
1998 : Real Madrid (ESP)
1999 : Manchester United (ANG)
2000 : Real Madrid (ESP)
2001 : Bayern Munich (ALL)
2002 : Real Madrid (ESP)
2003 : AC Milan (ITA)
2004 : FC Porto (POR)
2005 : Liverpool (ANG)
2006 : FC Barcelone (ESP)
2007 : AC Milan (ITA)
2008 : Manchester United (ANG)
2009 : FC Barcelone (ESP)
2010 : Inter Milan (ITA)
2011 : FC Barcelone (ESP)
2012 : Chelsea (ANG)
2013 : Bayern Munich (ALL)
2014 : Real Madrid (ESP)
2015 : FC Barcelone (ESP)
2016 : Real Madrid (ESP)
* Auparavant Coupe des clubs champions européens, la C1 se nomme Ligue des champions depuis la saison 1992-93, même si le système des groupes était apparu en 1991-92.

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