Équipe de France

Lionel Nallet-Sébastien Chabal, destins croisés

Amis dans la vie, Lionel Nallet et Sébastien Chabal portent aujourd’hui le même maillot. En Pro D2, avec un unique objectif : permettre au LOU de retrouver le Top 14 et de s’y installer. Les carrières des deux internationaux se sont souvent croisées, en club comme en sélection. Elles s’achèveront certainement à Lyon. Destins liés.

Bourgoin, 1998. Lionel Nallet et Sébastien Chabal découvrent le haut niveau. Lionel le Bressan et Sébastien le Drômois sont très attachés à leurs origines. Ils évoluent au plus près de leur région natale, qui plus est dans un club compétitif. Pendant leur séjour chez les Ciel et Grenat, le deuxième ligne et le flanker côtoieront notamment Julien Bonnaire, Olivier Milloud, Benjamin Boyet et Pascal Papé, autant d’internationaux en puissance. Eux aussi connaissent les honneurs d’une première cape avec le XV de France. Cela se passe en 2000, alors qu’ils portent encore les couleurs du CS Bourgoin-Jallieu. En dépit d’un effectif intéressant, représentatif des valeurs du club, l’équipe ne décrochera aucun titre. Quatre finales disputées (Challenge européen, Trophée Du Manoir, Coupe de la Ligue, Challenge Sud Radio), quatre finales perdues. En championnat de France, le meilleur résultat restera une demi-finale lors de la saison 2003-04. « Nalluche » avait rejoint Castres l’année précédente.
Sébastien Chabal quitte Bourgoin un an après son pote (en 2004, donc) pour s’engager dans un grand club. Il a très envie de rejoindre le Stade Toulousain mais le champion de France 2003 est bien pourvu à son poste. Direction l’Angleterre et la Premiership. Le natif de Valence pose ses bagages à Sale, dans la banlieue de Manchester. Il y retrouve son ancien manager au CSBJ, Philippe Saint-André, renvoyé quelques mois plus tôt pour avoir posé sa candidature au poste de sélectionneur du Pays de Galles. Chabal passera cinq saisons à Sale, repositionné au centre de la troisième ligne.

Chabal, un look non calculé
Les Sharks retrouvent les sommets, Sébastien apporte sa puissance et ses qualités défensives. Il devient « Sea Bass » (le loup de mer) puis « Caveman ». La France, elle, succombe à la « Chabalmania ». Avec son look d’homme des cavernes, Seb’ devient le rugbyman tricolore le plus connu auprès du grand public. Le plus exposé médiatiquement. Et donc une cible marketing prioritaire. Pour autant, rien n’était programmé. « Lorsque je suis arrivé à Sale, je parlais peu anglais. Je n’étais pas à l’aise pour aller chez le coiffeur, assurait le colosse aux cheveux longs et à la barbe généreuse. Comme en plus, je n’avais pas le courage de me raser le matin… Ce look n’était pas du tout un calcul. C’est venu comme ça. » Avec les Sharks, il remporte le Challenge européen et le championnat anglais en 2006.
Lionel Nallet, lui aussi performant sur le terrain, est plutôt discret en dehors durant ses années castraises. Pendant ses six saisons avec le C.O., il ne décrochera pas le titre tant convoité. Il y a bien une demi-finale de championnat en 2007-08, deux matches de barrages (perdus) en 2009 et 2010 mais pas de bouclier de Brennus. Sur la scène européenne, le résultat n’est guère plus brillant malgré les ambitions affichées. A son sujet, son acolyte et ami Sébastien ne tarissait pas d’éloges : « C’est un travailleur de l’ombre, un taiseux. Il ne parle pas beaucoup mais quand il parle, ça porte. Il a les pieds sur terre, il est droit. C’est pour ça que j’aime l’homme. Je crois qu’on se ressemble. »

Chassé-croisé en équipe de France
Chez les Bleus, Nallet et Chabal comptent tous deux de nombreuses sélections (74 pour le premier, 62 pour le second) mais les deux compères n’ont pas suivi la même trajectoire. Ils débutent ensemble sous le maillot frappé du coq en 2000. Bernard Laporte retient Chabal pour la Coupe du monde 2003 en Australie, pas Nallet. Déçu de ne pas être titulaire, Sébastien critique ouvertement le sélectionneur national. Il est mis à l’écart pour deux ans. Nallet, de son côté, dispute 7 matches entre 2001 et 2003 avant de retrouver l’équipe de France en 2005 pour les tests matches. Il s’installe dans le groupe. Le barbu le plus célèbre de l’Hexagone réapparaît la même année pour le Tournoi des VI Nations, sans vraiment s’imposer. Il disparaît à nouveau.
Le duo se reforme en 2007 pour la Coupe du monde sur le sol français. Sébastien Chabal est repositionné en deuxième ligne par Bernard Laporte qui déclare à l’époque : « En troisième ligne, il manque un peu de rugby comparé à un Imanol Harinordoquy. En deuxième ligne, il pourra se concentrer sur ce qu’il aime : le combat, les rucks. » Sous l’ère Marc Lièvremont, Lionel Nallet est nommé capitaine et devient incontournable en sélection. « Caveman », lui, est laissé à nouveau sur le bord de la route. Il est rappelé en 2008 pour la tournée dans l’hémisphère Sud, en troisième ligne. Jugé trop peu impliqué dans le combat, Chabal déçoit. Il est repositionné en deuxième ligne. Finalement, l’histoire se répète mais les positions sont inversées : Lionel Nallet est retenu pour la Coupe du monde néo-zélandaise de 2011, Sébastien Chabal reste à la maison et joue les consultants pour la première chaîne de télévision française.

Retrouvailles au Racing Métro
En 2009, les deux hommes s’engagent au Racing Métro 92, ambitieux promu qui vient de recruter le champion du monde François Steyn. Avec Pierre Berbizier aux commandes, le club du président Jacky Lorenzetti dispute les barrages dès la première année. Il est éliminé par Clermont. Le club auvergnat sera une nouvelle fois sur la route du duo Chabal-Nallet la saison suivante, en demi-finales. L’ASM empêche les inséparables de disputer le titre suprême.
Durant l’exercice 2011-12, de vives tensions entre les joueurs et le staff ont alourdi l’ambiance au vestiaire. Ouvertement critiqué par les premiers, Pierre Berbizier a été confirmé à son poste, contrairement à ses adjoints. Coupable d’avoir vidé son sac, Sébastien Chabal a vu son contrat résilié en cours d’année. Lionel Nallet, qui avait donné son accord pour prolonger l’aventure, a finalement décidé de rejoindre son pote au LOU : « Caveman » s’était engagé à Lyon pour 2 ans. La relégation du club rhodanien en Pro D2 leur a offert un dernier challenge intéressant : participer à sa remontée immédiate. L’ancien capitaine du XV de France s’est dit « très heureux et très fier de renforcer Lyon, une équipe au fort potentiel, et de retrouver Sébastien, (son) ami et coéquipier du Racing. De belles synergies et de belles aventures humaines en perspective. » Agés respectivement de 34 et 36 ans, Sébastien Chabal et Lionel Nallet poursuivent donc l’aventure ensemble. Ils termineront certainement leur carrière au LOU. Tels de vieux loups de mer !

Paul PERIE / UNIVERS DU RUGBY

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