Équipe de France

L’Euroscope du 1er tour

Retour sur deux semaines riches en émotions, exploits, polémiques et anecdotes. « Planète » a sélectionné les immanquables.

■ Le Top buts
Malgré 1,9 but par match, le plus faible total depuis l’Euro 1996, la compétition nous a offert quelques perles rares au cours de ce 1er tour. Parmi ces coups d’éclat, certains relèvent véritablement du génie. On retiendra évidemment la splendide frappe salvatrice de Dimitri Payet, venue caresser la lucarne à la 89e minute du match d’ouverture contre la Roumanie (2-1). Mais le coup de canon de Marek Hamsik dans un angle impossible contre des Russes stupéfaits (2-1) est là pour lui faire concurrence. On saluera aussi la délicieuse Rabah Madjer de Cristiano Ronaldo pour ramener son pays à la hauteur des Hongrois (3-3), la subtile déviation zlatanesque de l’extérieur du pied de Nikola Kalinic face à l’Espagne (2-1) et la volée millimétrée de Luka Modric, devant une défense turque médusée, trop occupée à se recoiffer (1-0). Voilà notre Top (5) buts du 1er tour. Appétissant, non ?

■ La phrase : « J’espère que Puma ne fabrique pas de préservatifs… »
De Xherdan Shaqiri, en référence aux multiples maillots déchirés qui ont marqué le match de poule entre la France et la Suisse. A défaut d’avoir brillé sur le terrain, ce jour-là, le milieu de la Nati a remporté haut la main le prix de l’humour grinçant. Puma, l’équipementier en cause, a moins ri et mené son enquête. Résultat : il s’agissait juste d’un lot défectueux. Pas de bol, c’était devant des millions de téléspectateurs…

■ Le record : Cristiano, ce héros
« CR7 » continue d’écrire l’histoire. Il est devenu le premier joueur à marquer lors de quatre éditions différentes de l’Euro. Parmi ses faits d’armes, on peut se souvenir de ses débuts en 2004, où il avait relancé une équipe du Portugal en difficulté, la menant jusqu’en finale face à la Grèce. Plus tard, en 2012, en tant que capitaine exemplaire, il avait mené les siens jusqu’aux demi-finales. Avec ses 17 matches en phase finale de l’Euro, le Madrilène a établi un autre record, dépassant d’une longueur, contre la Hongrie, l’ancienne marque, co-détenue par le défenseur français Lilian Thuram et le portier néerlandais Edwin van der Sar. Rien ne l’arrête !

■ Le chiffre : 25
En euros, soit 8 000 forints hongrois, la somme que vous devrez débourser pour vous offrir la dernière tendance : l’indispensable pyjama de Gabor Kiraly alliant confort et élégance. Pour cela, il vous suffit de vous rendre sur le site Kiralyshop. La légende raconte qu’il porte chance et ce n’est pas la surprenante 1ère place de la Hongrie au 1er tour de l’Euro qui infirmera la croyance.

■ Le couac : Gazon maudit
La qualité des pelouses des différents stades de l’Euro 2016 n’est pas à discuter, tout le monde s’est accordé pour dénoncer l’état indécent des terrains de jeu. L’Allianz Riviera de Nice, le Stade Vélodrome de Marseille et surtout le stade Pierre Mauroy de Lille ont placé la barre très haut dans la médiocrité, au point de provoquer la mise en place d’un cache-misère télévisuel pour le moins saugrenu : la peinture verte. L’UEFA et la Société française des gazons se sont évidemment rejeté la responsabilité d’un tel désastre, cette dernière affirmant même dans un communiqué assassin n’être « nullement responsable de l’incompétence et du sabotage des mercenaires mandatés pour l’occasion »… A priori, l’UEFA a imposé des pelouses importées de Slovaquie aux substrats incompatibles avec les sols français. Les intempéries n’ayant pas aidé, le pré n’était finalement pas prêt…

■ Le prix de l’ambiance : Les deux Irlande en chœur
Parce que les supporters n’ont pas seulement animé la compétition par leur violence (dans et hors des stades), il convient de récompenser l’incroyable ferveur importée de toute l’Europe. Les Nord-Irlandais, forts de leur détonnant « Will Grigg’s on fire », ont remporté à l’unanimité la bataille pacifique des tribunes. Leurs voisins de la République d’Irlande sont même allés jusqu’à faire chanter les forces de l’ordre françaises. Ils ont monopolisé l’actualité insolite en fredonnant une berceuse à un bébé, en séduisant une jeune femme à laquelle ils ont dédié leurs chants et en dédommageant le propriétaire d’une voiture que leur enthousiasme avait abîmée. Dans les gradins, les odes anglo-saxonnes (impossible d’oublier gallois et anglais) nous ont permis de redécouvrir une culture du football. Un régal. Si vous les avez ratés, à vos flashcodes !

■ Les Tops : Reçus 4 sur 5
L’étiquette de « petit » fermement placardée dans le dos, cinq nations découvraient l’Euro cette année. Elles ont fait taire les médisants qui critiquaient la nouvelle formule à 24 parce qu’elle était censée générer des matches à sens unique qui ferait perdre son intérêt au 1er tour. Tout faux. Fraîchement débarqués, Islande, Slovaquie, Pays de Galles et Irlande du Nord sont sortis des poules pour s’offrir une place de choix dans le Top 16 européen. Et l’Albanie, cinquième novice, a été éliminée avec les honneurs en glanant sa première victoire contre la Roumanie (1-0), après avoir poussé la France dans ses derniers retranchements (défaite 2-0 en toute fin de match). Loin d’être ridicules, ces équipes ont fait valoir leurs vertus défensives et montré une solidarité à toute épreuve et une rigueur tactique impressionnante, comme l’Islande face au prestigieux Portugal (1-1). Elles ne se sont pas contentées d’une sorte de « wait and see ». Le Pays de Galles a fini meilleure attaque de la phase de groupes avec 6 buts, dont une raclée infligée à la Russie (3-0), et il a terminé à la 1ère place du groupe B devant le rival anglais. Renversants débutants !

■ Les flops : Goleadors en panne sèche
Ils ont marqué l’Europe de leur empreinte, terrorisé les défenses et rudoyé les gardiens adverses toute la saison. Meilleurs buteurs de leur championnat, Robert Lewandowski en Bundesliga, Zlatan Ibrahimovic en Ligue 1 et Harry Kane en Premier League ont affolé les compteurs cette année en inscrivant la bagatelle de 93 buts à eux trois. Et pourtant, ils n’ont pas régné en maîtres durant ce 1er tour. Bien au contraire ! Zlatan avait l’occasion de se faire une place dans l’histoire du tournoi en marquant lors de quatre éditions. C’est raté. Fantomatique durant les deux premiers matches, il a essayé de se racheter contre la Belgique. En vain… Malgré une belle prestation, il tire sa révérence en équipe nationale sur un échec. Maladroit, Lewandowski n’a frappé qu’une seule fois au but, sans même atteindre le cadre. Kane n’a pas connu plus de réussite, malgré plusieurs occasions. Bref, les trois mitraillettes se sont complètement enraillées, leur compteur buts restant désespérément bloqué à zéro. Seule consolation pour l’Anglais et le Polonais, la qualification pour les huitièmes.

Alexandre Reynaud et Arthur Robert / PLANETE FOOT

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