Équipe de France

L’Euroscope des huitièmes de finale

Il s’en est passé, des choses, au cours de ces huitièmes. Qui dit « début des matches couperets » dit « plus d’enjeux, d’espoirs, de déceptions, de frissons ». « Planète » vous offre un petit florilège des incontournables.

Le Top buts
Avec 2,9 buts par match, ces huitièmes de finale ont été bien plus prolifiques que la phase de groupes. Le début des matches à élimination directe est l’occasion idéale de marquer l’histoire en inscrivant des buts d’anthologie. A ce petit jeu, c’est Xherdan Shaqiri, transparent pendant le 1er tour, qui s’est le plus illustré. D’un fantastique retourné acrobatique depuis l’entrée de la surface, il catapulte la balle au fond des filets avec l’aide du montant, hors de portée du portier polonais Lukasz Fabianski (1-1). Aussi surprenant que parfait, ce coup de maître inscrit son nom au panthéon des buts les plus somptueux de l’Euro.
« Planète » décerne tout de même une mention spéciale au virtuose Julian Draxler qui a marqué de son empreinte Allemagne-Slovaquie, avec en point d’orgue une volée pleine de souplesse pour parachever la démonstration allemande (3-0). La chevauchée fantastique d’Eden Hazard contre des Hongrois spectateurs mérite évidemment une place de choix dans notre Top buts (4-0).
Enfin, Antoine Griezmann a qualifié les Bleus de bien belle manière en reprenant d’un éblouissant coup de tête un centre précis de Bacary Sagna, nettoyant la lucarne irlandaise (2-1).

La phrase
« Si les Islandais gagnent l’Euro, je fais le tour de l’Islande à la nage. »
C’est le défi fou que s’est lancé le nageur français Yannick Agnel (photo), champion olympique du 200 m nage libre à Londres en 2012, en cas de victoire finale des Islandais, après qu’ils ont dominé l’Angleterre en huitièmes. Actuellement, la température de l’eau dans le port de la capitale, Reykjavik, est de 11 degrés et elle peut descendre jusqu’à 2 degrés en hiver. L’athlète aurait à nager autour des 103 000 km2 du pays, soit, à titre de comparaison, l’équivalent des superficies des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie. Bon, l’Islande n’a pas été au bout mais le champion a flippé après avoir lancé ce défi complètement givré !

L’image
Dimitri Payet ne peut que s’incliner devant le magicien Antoine Griezmann, auteur d’un doublé en trois minutes face à l’Irlande. En guise de célébration, le joueur de West Ham lui embrasse le pied gauche, celui qui a permis aux Bleus de reprendre l’avantage sur une magnifique frappe croisée et, par la même occasion, de se qualifier.

Le record : 58 secondes chrono
C’est le temps qu’il a fallu à la République d’Irlande pour se procurer un penalty face aux Français. Paul Pogba a accroché Shane Long dès la première intrusion irlandaise dans la surface de réparation. Faute incontestable. Il s’agit du penalty le plus rapide de l’histoire de la compétition. Sa transformation constituait le deuxième but le plus rapide après celui du Russe Dmitri Kirichenko à l’Euro 2004, contre la Grèce (120 secondes contre 67), avant que Robert Lewandowski, en quarts, ne s’empare de cette deuxième place (but au bout de 100 secondes).

Le chiffre : 207
En minutes, cela correspond au temps passé par l’équipe de France sans concéder le moindre tir cadré. Soit entre le penalty du Roumain Bogdan Stancu, lors du match d’ouverture, et, deux rencontres plus tard, un nouveau… penalty, réussi par le milieu de terrain Irlandais Robbie Brady.

Le top : Le jardin d’Eden
Le réveil d’Eden. Il était attendu et n’a pas déçu. Eden Hazard a été le grand artisan de la réussite belge face à la Hongrie (4-0). Très juste et en mouvement perpétuel, il a fait vivre un véritable cauchemar aux Magyars. Sa facilité balle au pied lui a permis de se balader de bout en bout. Il totalisait 11 dribbles réussis (nouveau record !) et 93% de duels gagnés. Il s’est aussi montré précis dans son jeu de passes avec 91% réussies dans le camp adverse, orientant à sa guise le jeu belge et bonifiant les ballons. Son accélération qui a mené au but du break de Michy Batshuayi (78e) l’a propulsé seul en tête du classement des passeurs de l’Euro, avec trois offrandes. Sa production offensive de haut vol ne signifie pas qu’il a rechigné à effectuer les tâches défensives : c’est l’homme qui a récupéré le plus de ballons pour les Diables Rouges (10). Son splendide but tardif récompense une performance exceptionnelle, sûrement sa plus aboutie en sélection. Son entente avec Kevin De Bruyne est proche de l’osmose : ces deux-là sont impliqués dans les trois-quarts des buts belges depuis le début de l’Euro et ils commencent à effrayer les défenses. Epoustouflante prestation, à rééditer s’il veut mener les siens au sacre…

Le flop : Bonjour tristesse…
Les espoirs étaient grands. Les intentions de jeu des deux équipes, portées vers l’avant, laissaient entrevoir un match ouvert, une démonstration technique de qualité. Il n’en a rien été. L’opposition, tant attendue, entre la Croatie et le Portugal a donné lieu à un piètre spectacle. Emmenée par un Pepe des grands soirs, impérial dans les airs et à la bonne lecture du jeu, avec 17 interceptions, l’équipe lusitanienne s’est appliquée à empêcher les décevants Ivan Rakitic et Luka Modric de construire. Les Portugais ont étouffé les deux chefs d’orchestre par un pressing agressif, leur imposant une partie physique, quitte à multiplier les fautes (28 sur l’ensemble de la rencontre). Et il faut avouer que leur plan de jeu a parfaitement fonctionné, au grand dam des spectateurs qui garnissaient les tribunes du stade de Lens. Bilan des opérations : aucun tir cadré dans le temps réglementaire, ce que l’on n’avait pas vu dans un tournoi majeur depuis 1980 ! Il a fallu attendre 110 minutes pour pouvoir vibrer un tant soit peu, la Croatie touchant le montant par l’intermédiaire d’Ivan Perisic… Avant de se faire crucifier, sur l’action suivante, par le « super sub » Ricardo Quaresma qui a assuré, du même coup, la qualification. Le Portugal s’offre le droit de rêver. Au bout de l’ennui…

Alexandre REYNAUD et Arthur ROBERT / PLANETE FOOT

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