Équipe de France

Le Paris SG est-il moins fort que la saison dernière ?

La page Zlatan Ibrahimovic tournée, le Paris SG démarre un nouveau cycle. Mais au fait, est-il aussi fort ? Meilleur ? Moins bon ? La question a fait monter la température à la rédac’, où des records de chaleur sont tombés.

OUI

On l’avait dit, on avait prédit : l’été 2016 serait charnière pour le Paris SG. Remarquez, fallait pas être devin non plus. Le départ de Zlatan Ibrahimovic acté, c’est tout un livre, un paquet de photos et leurs légendes qu’il fallait refermer. LA légende qu’il faut oublier, sauf là où les légendes sont éternelles. Au musée. Pour voir le géant suédois à Paname, il faut dorénavant lâcher un bifton à la caisse du Grévin. Pas grave, Paris allait poursuivre sa montée en puissance. « Rêvons plus grand », c’est bien ça qu’ils ont peinturluré en énorme sur tous les murs du club, des bouches de métro et jusque sur la peau du Parc, non ? On allait voir ça. Après tout, même Zlatan allait bien finir par faire son âge. Il fallait laisser place nette.
Acte II, nous voilà… L’ego de Malmö n’était plus là, la voie était royale et toute tracée pour Cristiano Ronaldo. Nasser Al-Khelaïfi l’avait vu, lui avait parlé. Mais pas de « CR7 » à l’horizon parisien depuis qu’il a quitté le Stade de France avec un trophée sous le coude, un 10 juillet tard le soir. Lionel Messi, alors ? Ou Neymar ? Les trois à la fois ? On a tout entendu. On n’a vu personne.
Vu d’ici, enfin de Paris, l’élimination contre Manchester City en quarts de finale de la dernière C1 (la troisième consécutive) a l’air d’avoir modifié les rapports de forces au sein du club. C’est un peu comme si Nasser avait perdu, sinon la main, du moins une part de légitimité aux yeux de Tamim Ben Hamad Al-Thani. Laurent Blanc remercié, trois mois après avoir prolongé son contrat de deux ans, avec plus de 20 millions d’euros d’indemnités à la clé, ça en jette un peu au royaume des plus fortunés mais ça ne fait pas très sérieux, quand même. Voilà donc Unai Emery, Basque bondissant qui a remporté les trois dernières Ligues Europa avec le FC Séville, promu star du mercato parisien. On est loin des noms égrenés plus haut, non ? Rayon recrues, Hatem Ben Arfa, Thomas Meunier et Grzegorz Krychowiak sont remplaçants depuis le début de saison. Le paquet est donc mis sur le collectif, la force de groupe et la cohésion sociale.
L’acte II est un virage à 180 degrés, confirmé par le départ de David Luiz au dernier jour du mercato, et donc non remplacé ! Et ce serait donc sans « Ibra » et sans le chevelu brésilien que Paris voudrait monter plus haut sur la scène européenne ? On veut bien attendre la fin de la saison pour juger sur pièces mais on est quand même assez droit dans nos baskets pour affirmer qu’aujourd’hui, le PSG version Emery est moins fort que le PSG version QSI. Enfin, celui d’avant. Celui de la saison dernière, qui avait attendu la 28e journée pour connaître sa première défaite de la saison en L1. La version toile Emery a déjà perdu. A Monaco. C’était lors de la troisième journée.

NON

Hé, ho, doucement les basses ! Il a suffi que Zlatan plie les gaules, qu’Edinson Cavani, qui retrouvait son poste de n°9 dont il rêvait tant, rate quelques occasions en or et que Monaco parvienne à faire tomber le PSG, après seulement trois journées de championnat, pour que la meute des loups sorte du bois et lâche son fiel. Le recrutement ne serait pas à la hauteur des ambitions du club, et patati, et patata. Un peu de retenue, Messieurs.
Bon, on va reprendre tout ça dans l’ordre. Ibra ? OK, il a laissé une trace indélébile à Paris, dont il est devenu l’historique meilleur buteur, et sans doute pour un bon bout de temps. Ah oui, il a survolé la Ligue 1. Mais quand la route commençait à s’élever, c’est-à-dire au printemps européen de la Ligue des champions, il était où, le Suédois ? Il avait disparu des radars. Celui qui devait être le guide vers le but suprême de QSI, à savoir soulever la Coupe aux grandes oreilles, a, pendant tout son séjour parisien – soit quatre années, quand même -, constamment calé dans le raidillon. Les Qataris ont fini par en tirer les conclusions qui s’imposaient et décidé de passer à autre chose. Le Cav’, maintenant. C’est vrai qu’il a connu un début de saison sans beaucoup de réussite et avec pas mal de déchet. En retrouvant, après le départ de Zlatan, ce poste d’avant-centre qu’il revendiquait, ne s’est-il pas mis trop de pression ? Peut-être. Mais il ne faudrait pas, non plus, oublier un autre facteur. Sous le règne d’« Ibra », l’Uruguayen s’est le plus souvent retrouvé à dévorer le couloir gauche de l’attaque parisienne. Il y a sans doute perdu – temporairement – ses automatismes et son instinct de killer qui en avait fait un buteur qui émargeait à la moyenne de 26 buts (26, 23 et 29) en Série A, durant ses années napolitaines. Mais ça, ça doit revenir. Au soir de la victoire contre Metz (2e journée, 3-0), Unai Emery avait le pronostic sûr : « Si on continue à se procurer autant d’occasions, j’en suis convaincu, Edison plantera beaucoup de buts. »
Passons aux recrues. Alphonse Areola, enfin de retour de prêt, nous paraît constituer une alternative autrement plus crédible que Salvatore Sirigu, pour mettre en danger le leadership de Kevin Trapp. Au poste de back droit, Thomas Meunier, c’est indiscutablement plus fort que Gregory Van der Wiel. Et on aura l’occasion de le vérifier en cours de saison, surtout quand la route va s’élever – si vous voyez ce que l’on veut dire -, on parierait que Krichowiak s’imposera comme un boss du milieu. Enfin, devant, Ben Arfa et Jesé sont là pour apporter leur envie, leur vitesse et leur folie. D’accord, ce marché estival est moins clinquant, moins bling-bling que lors des premières saisons de QSI. En fait, il ressemble à son nouvel entraîneur qui, s’il na jamais décroché la Ligue des champions, reste tout de même sur une incroyable série de trois titres consécutifs en Ligue Europa.
Un mot encore sur le départ de David Luiz. Le début de compétition du super ambianceur (il va manquer dans ce rôle) a été catastrophique et il était devenu, aux yeux d’Emery, le troisième – derrière le duo Thiago Silva-Marquinhos -, voire le quatrième choix – sous la menace du très prometteur Presnel Kimpembe – en défense centrale. Un poste pour lequel Serge Aurier a aussi montré de belles dispositions (il libérerait la place à droite pour Meunier). Poste où Thiago Motta a déjà évolué sous l’ère Blanc. Alors, pas de panique. Tout cela va se mettre en place. Il faut juste le temps que le groupe intègre les nouveaux préceptes.
Pour terminer et ce sera notre dernier mot, rappelons que le PSG a quand même dépensé pour 71 M€ cet été, contre 57 millions dans la case des ventes. Alors, frileux et en perte de vitesse ? Tu parles !

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