Équipe de France

Le carnet de bord des Bleus (2)

Huitième de finale. France-Irlande 2-1.

Deux mi-temps, deux visages

Pour le premier match de leur histoire dans le Parc OL, les Bleus se sont donné le droit de poursuivre la leur. Mais rien, décidément, n’a été facile avant de monter dans le quart…

Il a beau tout planifier, tout anticiper, Didier Deschamps aura du mal à nous faire croire qu’il avait coché l’hypothèse « Penalty concédé dès la 2e minute et nouveau coup d’envoi à donner, à 0-1 » dans son cahier de notes, avant le huitième de finale. Ses Bleus, eux, vont vraiment finir par convaincre tout le monde qu’ils aiment se faire peur.
On jouait encore la première minute à Décines et le fond de l’air était chaud quand l’Eire, en plein soleil et sur sa première possession de balle, lança le jeu côté gauche. Sur la droite de la défense française, Antoine Griezmann n’était pas encore en place, Bacary Sagna pas encore en poste. Et voilà qu’Adil Rami, pour la faire courte, pas encore en totale confiance, trouve le moyen de glisser. En bout de ligne, Paul Pogba accroche Shane Long qui joue bien le coup. Péno et Robbie Brady qui ouvre le score. Ça pouvait difficilement être pire. Ce fut étouffant de stress.
Pendant une mi-temps, les Bleus ont joué à cache-cache. Incapables de se montrer, encore moins de se trouver. Il y avait sans doute un problème de dispositif avec ce placement de Blaise Matuidi à droite, qui faisait peine à voir, et cette agaçante manie de Paul Pogba, pourtant le seul à se montrer dans le désert de la première période, à vouloir toujours trop en faire. Les Bleus subissent alors les impacts irlandais, la seule arme à la disposition des hommes en vert.
Et voilà, pour couronner le tout, N’Golo Kanté, la sentinelle qui ne l’est pas, et encore Adil Rami, le stoppeur funambule, qui récoltent un carton jaune qui les privera d’un quart éventuel. Bon, à cette heure, autant le rappeler tout de suite, on est plus proche du grand vide que du grand huit. Mais la mi-temps va tout changer…
Au retour des vestiaires, Kingsley Coman fait son entrée sur la pelouse, les Bleus reviennent au 4-2-3-1, Matuidi retrouve le côté gauche, les lignes s’étirent et tout est différent. Après un bon dédoublement avec Dimitri Payet, Antoine Griezmann repique vers l’axe. Sagna s’applique sur son centre et « Grizou » allume la première étincelle… Puis une seconde, trois minutes plus tard. Cette fois, le stade s’embrase pour de bon.
Dépassés physiquement, les Irlandais se retrouvent à dix après que l’attaquant de l’Atlético, encore lui, a été fauché par Shane Duffy alors qu’il filait au but. Il ne plantera pas le premier triplé d’un Français à l’Euro depuis Michel Platini en 1984. Mais l’essentiel est ailleurs. Les Bleus, en supériorité numérique, donnent l’impression de tout maîtriser face à des Irlandais qui n’ont plus de courant dans les jambes. Une première depuis le début de l’Euro. « A la mi-temps, on s’est dit les choses », avoua Blaise Matuidi. « Le message est passé, enchaînait Patrice Evra. On était frustrés et en colère. En seconde période, on a assumé. »
Une mi-temps qui change tout ? Au terme du quatrième match, c’est toujours la même rengaine qui escorte les Bleus : on les sent capables de tout, on a envie de les suivre mais on les voit trop souvent suspendus à un fil. Didier Deschamps ouvre aussi un voile sur l’intimité du vestiaire : « Certains joueurs ont parlé et pas seulement ceux qui étaient sur le terrain. J’ai réellement un groupe. Ils sont tous à fond, derrière, pour que l’équipe avance. »
Hugo Lloris concluait : « C’est important de se dire les vérités. J’ai senti une certaine force. Mais je ne la découvre pas aujourd’hui. » Il ne faudra pas occulter les errances inquiétantes du premier acte. Mais l’Eire de rien, ils sont en quart de finale.

Le debrief de « Planète » : Didier ne fait plus du Deschamps
L’idée trotte depuis le forfait de Raphaël Varane. Nous n’étions qu’au début de la préparation, les tuiles s’amoncelaient sur le perron de la maison bleue. Dans des proportions rarement atteintes, c’est vrai. Mais depuis, c’est un peu comme si Didier Deschamps subissait les événements. Certes, il n’a aucun pouvoir sur les blessures, encore moins sur la guigne. Mais le sélectionneur des Bleus n’a pas pour habitude, c’est une litote de le dire, de naviguer à vue. Chez lui, tout est clair, net, ça file droit. Or, depuis le début de l’Euro, c’est un peu son négatif qui enfile le costume. D’abord, et même si l’argument du seul joueur encore en activité est recevable, il y a ce rappel de dernière minute d’Adil Rami qui interpelle. Le défenseur du FC Séville est passé en un coup de fil de joueur absent de la liste des trente (les 23 + les 7 réservistes) à titulaire. Drôle d’escabeau mais passons. Outre les (grosses) interrogations, pour rester dans la litote, qui se dégagent de la défense depuis le début du tournoi, « DD » a changé six fois d’équipe et d’organisation en quatre matches. Vraiment pas du label Deschamps, ça.

Le chiffre : 55
Le nombre de fois où Hugo Lloris a porté le brassard de capitaine en équipe de France (en 79 sélections). Contre l’Eire, il a – pour de bon – dépassé Didier Deschamps (54 capitanats en 103 sélections) pour devenir le recordman du genre chez les Bleus. Il a encore du temps pour monter le curseur.

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