Équipe de France

Laurent Koscielny : « J’ai réussi à gommer mes défauts »

Capitaine à Arsenal, désigné par beaucoup comme le meilleur défenseur de Premier League, le Gunner Laurent Koscielny prend de plus en plus de place au sein de la défense des Bleus depuis l’Euro. Taille patron, « Koss Boss » !

PLANETE FOOT : Laurent, tu as pris une nouvelle dimension à l’Euro en l’absence de Raphaël Varane. Tu es capitaine à Arsenal depuis le début de la saison. Penses-tu devenir un vrai leader en équipe de France aussi ? Taille patron, ça te va ?
Laurent KOSCIELNY :
Le brassard va très bien à Hugo Lloris. Il est notre capitaine, il a le bon rôle et il tient le leadership sur et en dehors du terrain. C’est très bien comme ça. Moi, je suis là pour aider l’équipe à obtenir les meilleurs résultats possibles.

PF : Mais même sans porter le brassard, on a senti au cours de l’Euro que tu avais pris tes responsabilités en défense…
L.K. :
Je ne suis pas et je ne serai jamais un joueur comme Patrice Evra, qui a beaucoup de facilités pour parler dans le groupe et motiver tout le monde. Moi, je me vois plus à travers ce que je fais sur le terrain, à travers mon exemplarité, ce que j’essaie de dégager à chaque rencontre…

PF : Mais Pat Evra n’est plus là depuis le début de la saison. Qui est le patron dans le groupe France aujourd’hui ? Y en a-t-il vraiment un qui se dégage ?
L.K. :
Pat prenait de la place dans le vestiaire comme sur le terrain, il communiquait beaucoup, il parvenait toujours à trouver les mots. Il y a des joueurs dans le groupe qui sont capables de prendre la parole. Hugo, bien sûr, mais aussi Paul (Pogba) et même « Grizou » (ndlr : Antoine Griezmann). Ils ont, eux aussi, cette faculté à toucher avec des mots justes.

PF : On insiste un peu mais ton Euro a quand même été un sacré révélateur. De nombreux observateurs ont salué ta performance et noté ta prise de responsabilités. Y a-t-il eu un déclic pendant la compétition ? Ou même avant ?
L.K. :
Personnellement, je n’attends pas de savoir si la presse est unanime sur moi ou non. Je suis appelé en équipe de France, j’essaie toujours de faire mes matches du mieux possible. Oui, je pense avoir effectué un bon Euro, comme je pense réussir un bon début de saison. Mais l’Euro, c’est terminé. Je regarde devant. Il n’y a pas eu de déclic particulier mais c’est vrai que je me sens de mieux en mieux.

PF : C’est quoi alors, c’est l’âge ?
L.K. :
Est-ce que c’est la trentaine ? Peut-être. (Il sourit) Je n’en sais rien. Je sais juste une chose : je suis heureux dans ma vie en dehors du foot. Ce sont toujours des détails mais des détails importants, des choses qui me permettent d’être bien sur le terrain.

PF : Peut-on encore progresser quand on joue défenseur et que l’on atteint, justement, la trentaine ?
L.K. :
J’ai davantage d’expérience, de maturité, je sais que je me suis amélioré là-dessus, énormément même, je n’ai pas peur de le dire. Ça fait pas mal de temps maintenant que je prends moins de cartons. J’en prends rarement, même. Je ne provoque plus de penalties. Ce sont des défauts que j’ai réussi à gommer.

PF : Tu avais été particulièrement affecté par le penalty concédé et le carton rouge récolté en Ukraine, lors du barrage aller en novembre 2013…
L.K. :
Oui, j’avais mal dormi, je n’étais pas bien. Sur le péno, je suis mal placé au départ. Le rouge, c’est de la frustration. J’étais énervé par le scénario. Dans le vestiaire, Didier Deschamps ne m’a pas remonté les bretelles plus que ça, il n’avait pas besoin de parler. Et au retour, Mamadou Sakho réussit un doublé, c’était écrit comme ça. Je me dis que si je ne concède pas ce penalty et qu’on ne perd que 1-0, on ne fait peut-être pas le même match au retour.

PF : Bon, au rayon mauvais souvenirs, il y a quand même cette finale de l’Euro. Enfin, le but d’Eder, surtout, non ?
L.K. :
Je ne dis pas que ça m’a hanté mais c’est vrai que tous les joueurs ont eu du mal à tourner la page l’espace de deux ou trois jours. Sur l’action, c’est une situation très compliquée à gérer. Il faut réagir vite. Est-ce que j’étais bien placé ? Est-ce qu’il n’aurait pas fallu resserrer avec Samuel (Umtiti) ? Si Monsieur Clatenburg (ndlr : l’arbitre de la finale) ne m’avait pas adressé un carton jaune, j’aurais pu défendre différemment. Je l’ai rencontré depuis, j’ai eu l’occasion d’en discuter avec lui. Voilà, c’est du passé. Il s’agit d’une erreur, il faut juste la comprendre pour ne pas la rééditer.

PF : Il est là, le nouveau « Koss Boss »? Il se nourrit des bonnes comme des mauvaises choses. Serein…
L.K. :
Je le répète, j’arrive à un âge où j’ai plus d’expérience et de maturité. J’ai énormément évolué là-dessus. Après, il faut bosser dans tous les domaines. Je peux gagner plus de duels aériens, je me le dis toujours. C’est surtout là-dessus que je travaille à Arsenal, ça demande du temps mais j’espère y parvenir. C’est mon pain quotidien.

PF : Donc, l’Euro, la déception de la finale, c’est du passé, tu confirmes ?
L.K. :
Bien sûr. On a raté notre finale. On a perdu. C’est fini. Maintenant, nous sommes focalisés sur les éliminatoires de la Coupe du monde. Chaque match aura son importance.

PF : Un mot pour finir sur Arsène Wenger, qui vient de fêter ses 20 ans à la tête des Gunners. Qu’en dirais-tu ?
L.K. :
Il m’a tout donné, il m’a fait. Il a réussi son pari. C’est lui qui m’a offert l’opportunité d’évoluer dans un grand club comme Arsenal. Il est venu me chercher, il m’a acheté dans un petit club, il m’a façonné en tant que joueur et en tant qu’homme. J’essaie de prouver chaque week-end qu’il a eu raison d’avoir confiance en moi. Mais le concernant, je ne suis pas le seul exemple, il y en a eu beaucoup d’autres.

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