Équipe de France

La gazette de Didier Deschamps

A tout seigneur, tout honneur. Nous avons d’abord posé nos lumières au-dessus du sélectionneur. Les flashes sont remontés jusqu’à la première semaine de juillet, autrement dit la dernière de l’Euro. Parce que les codes ont changé le 7, avec cette victoire contre l’Allemagne en demi-finales. Parce que tout est différent depuis le 10 et la défaite en finale contre le Portugal. Parce que si les Bleus ne sont plus tout à fait les mêmes depuis, ce sont toujours les mots de Didier Deschamps qui les caractérisent le mieux. On rouvre les micros. On ouvre la parenthèse « DD ».

Sur l’évolution de l’équipe en 2016
Micro du 10 octobre 2016, à Amsterdam

« Nous sommes en progrès, on le voit aussi à travers l’attitude de nos adversaires. Les Pays-Bas ont par exemple l’habitude de faire du jeu mais on a constaté qu’ils ont attendu très bas contre nous. On a une maîtrise collective supérieure aujourd’hui. Nous sommes plus efficaces en défense et l’animation offensive est meilleure, elle permet de mettre en difficulté l’adversaire et de le déséquilibrer. Nous sommes capables de prendre un peu plus les choses en main sur le terrain, avec la volonté de bien faire les choses ensemble. Les joueurs ont compris cela. Ils se connaissent mieux, c’est aussi l’avantage de cumuler du temps de vie en commun. Il y a eu la Coupe du monde et l’Euro, c’est un bon héritage, qui a augmenté le capital confiance du groupe. J’en veux pour preuve notre match contre la Bulgarie où, malgré ce penalty concédé en tout début de match, nous avons affiché une grande maîtrise et une grande efficacité, avec trois frappes cadrées et trois buts en première période. On a été mis en difficulté sur des duels perdus, c’est tout. On a eu un coup de froid mais la suite a été bien meilleure et surtout, on ne s’est pas délités. On est restés maîtres de notre sujet. »

Sur l’émotion de la victoire contre l’Allemagne en demi-finales de l’Euro
Micro du 7 juillet 2016, à Marseille

« C’est un moment important, même si la marche la plus importante sera celle de dimanche en finale. Dans le vestiaire, j’ai un peu parlé de la finale aux joueurs, parce que c’est court, c’est dans trois jours, mais il faut savourer. On est en finale. On a déjà fait ça. C’est une très belle histoire que les joueurs écrivent. Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas battu l’Allemagne en match officiel (ndlr : depuis 1958). Mais ça ne nous donne rien, mis à part l’accès à la finale. Le titre à jouer, c’est contre le Portugal. Est-ce ma plus grande émotion en tant qu’entraîneur ? Je ne sais pas. C’est difficile de répondre. Mais il s’agit d’un grand moment. Gagner une demi-finale d’un Euro chez soi, dans un stade gonflé à bloc, au Vélodrome… »

Sur la défaite en finale de l’Euro
Micro du 10 juillet 2016, au Stade de France

« C’est une énorme déception. C’est cruel de perdre une finale comme ça. On a eu des opportunités, notamment la dernière avec « Dédé » Gignac, on a peut-être manqué d’un peu de lucidité et de fraîcheur. Ça se joue vraiment à très peu de choses. C’était un match assez fermé, pourtant, on a eu nos chances. Les garçons ont tout donné. La déception est forte, c’est très dur, mais il ne faut pas oublier tout ce qu’on a produit. Les Portugais savent très bien faire déjouer leurs adversaires. On a poussé, poussé, on a peut-être laissé un peu d’espaces. Après la sortie de Cristiano Ronaldo, le Portugal a refermé un peu plus le jeu avec son triangle au milieu. Je suis très fier de ce qu’ont réalisé mes 23 mais il faut aussi féliciter le Portugal, ce sont eux les nouveaux champions d’Europe. Ils ne sont pas arrivés là par hasard. Ils n’ont peut-être pas gagné beaucoup de matches mais ils ont remporté le plus important. Il y a peut-être eu des générations avec plus de talent mais c’est celle d’aujourd’hui qui rapportera le trophée. Il ne faut pas le leur enlever, juste les féliciter. Pour nous, c’est une déception de s’arrêter sur cette finale. Il ne faut pas tout jeter mais on a laissé passer une chance, peut-être pas unique, mais une grande chance d’être champion d’Europe. Il n’y a pas de mots pour consoler les joueurs. Il va falloir du temps pour digérer. On a gagné ensemble, on a souffert ensemble, on a perdu ensemble. On a aussi conscience qu’on a donné de la joie au public. Cela aurait été magnifique de lui offrir le trophée chez nous. »

Sur Antoine Griezmann à l’Euro mais pas que…
Micro du 10 juillet 2016, au Stade de France

« C’est un grand joueur. Il l’a prouvé et le prouve dans tout ce qu’il fait. Il s’agit de quelqu’un de très généreux. Sur l’Euro, il a été décisif. C’est un atout d’avoir un joueur comme lui, capable de marquer, de faire marquer et de bien faire jouer les gars autour de lui. Mais il n’est pas seul. »

Sur le 13 novembre 2015
Micro du 3 novembre 2016, à Paris

« Personne ne peut oublier, évidemment. Il y a la crainte, l’inquiétude, même si, sur le moment, on n’était pas au courant de ce qui se passait. Mais l’après-match et les jours qui ont suivi jusqu’à Wembley, émotionnellement, ce fut très fort. Le temps passe mais on ne peut pas effacer cet atroce moment qu’on a vécu ensemble. »

Sur Paul Pogba
Micro du 3 novembre 2016, à Paris

« Paul a fait un très bon match aux Pays-Bas après avoir effectué un match plutôt moyen trois jours avant. Il est capable de ça. C’est à lui de maintenir ce niveau de performance et d’exigence. Il ne joue pas forcément au même poste avec son club, où il évolue un peu plus haut. Je n’ai pas de doute sur le fait qu’il soit capable de faire ça. Il faut le répéter. Maintenant, on attend, vous les premiers, au moins aussi bien. Ça passe par là. A Amsterdam, il était plus dans la simplicité et l’efficacité. Dans la transmission et la récupération avec Blaise (Matuidi), il a été très performant. A ce poste, au cœur du jeu, il est capable de le faire. »

Sur le fiasco des Espoirs
Micro du 3 novembre 2016, à Paris

« C’était important pour eux de jouer un championnat d’Europe Espoirs, c’est toujours l’occasion de découvrir le haut niveau. Je ne vais pas m’étaler mais ça fait dix ans qu’on n’y est pas. Ça fait mal et ce n’est pas une question de qualité des joueurs, parce qu’ils sont titulaires dans des grands clubs et jouent la Ligue des champions. C’est problématique mais le constat est là. »

Sur l’utilisation de Paul Pogba
Micro du 7 novembre 2016, à Clairefontaine

« Il a évolué à plusieurs postes à Manchester United comme avec nous. Tout dépend du système. Aujourd’hui, MU joue en 4-2-3-1, nous en 4-4-2. Paul peut évoluer dans plusieurs zones du milieu de terrain. Dans un club, l’entraîneur fait en fonction des joueurs dont il dispose. José Mourinho estime que la meilleure solution pour lui, c’est Paul en soutien de l’attaquant axial. Moi, je fais par rapport aux joueurs que j’ai et de ce que je veux mettre en place. Dans notre 4-4-2, il se trouve en position plus reculée, il fait des choses qui se voient peut-être moins mais ce n’est pas moins important. »

Sur la victoire aux Pays-Bas en octobre qui a permis aux Bleus de s’installer en tête de leur groupe de qualification
Micro du 10 octobre 2016, à Amsterdam

« Notre victoire est méritée. On a mieux maîtrisé la première période et paradoxalement, on a eu plus d’occasions en seconde. C’est un peu dommage de ne pas avoir inscrit ce deuxième but qui nous aurait mis à l’abri mais Hugo Lloris a sorti un énorme arrêt en fin de match. Ce n’est pas décisif mais c’est un tournant, oui. Il y aura d’autres rencontres et d’autres points à prendre mais gagner ici, après avoir battu la Buglarie trois jours plus tôt, voilà une très bonne chose. En faisant le plein de points au mois d’octobre, nous sommes premiers du groupe. Nous allons tâcher d’y rester. Au niveau du contenu, ce que nous avons accompli est très bien aussi. Le haut niveau, c’est la continuité. »

Sur la concurrence et l’élaboration des listes
Micro du 3 novembre 2016, à Paris

« Ce n’est pas une question d’âge. On peut avoir 31 ans ou 21, cela ne représente pas un critère pour moi. L’équipe est en majorité jeune. Mais au-delà de la date de naissance, il y a la qualité du joueur et ce qu’il est capable de faire. La concurrence est partout. Je ne suis pas là pour piquer les gars. Je fais des choix. Dans le secteur offensif, ce choix est vaste, difficile. Certains sont performants et ne sont pas sélectionnés, ça ne veut pas dire pour autant qu’ils sont éliminés. Nous sommes dans une phase de qualification pour la Coupe du monde en Russie. C’est ponctuel. Je ne peux pas prendre cinq attaquants dans le même registre. Je préfère être confronté à ces choix difficiles, qui sont des choix de qualité. Pour moi, il ne s’agit pas d’un casse-tête. Ça ne m’empêche pas de dormir, même si cela peut avoir des conséquences. Les joueurs sont très attachés à l’équipe de France, heureux quand ils y sont, tristes quand ils n’y sont pas. La palette est large, tant mieux. Je ne me plains pas d’avoir ce réservoir. »

Sur la ferveur et le soutien populaire dont bénéficient les Bleus aujourd’hui
Micro du 7 juillet 2016, à Marseille

« Dans les moments difficiles, ce soutien a été très important. Bravo aux supporters, bravo aux joueurs. J’ai aimé la communion à la fin du match (contre l’Allemagne) entre eux. Je suis heureux pour tous ces privilégiés qui étaient au stade et qui ont vibré. On a le pouvoir de procurer des émotions mais pas de régler les problèmes des Français. On sait qu’on peut leur faire oublier un peu les soucis, on s’en rend compte quand on croise les gens. C’est aussi pour cela qu’on ressent beaucoup de joie et de bonheur quand on communie après une victoire comme celle-là. »

Populaires

Presse magazines

Société d’Édition de Sites Internet Musicaux et Sportifs

Vélo Tout Terrain Planète Cyclisme City Ride Ride it

© 2017 Editions Le Nouveau Sportif / SESIMS

To Top