Étranger

Joshua Kimmich, sur les traces de Philipp Lahm

Impressionnant en défenseur central de fortune au Bayern Munich, le milieu récupérateur de formation Joshua Kimmich s’est fait une place en équipe d’Allemagne au poste de… latéral droit. Une polyvalence stupéfiante qui n’est pas sans rappeler son aîné Philipp Lahm. Plutôt flatteur et plutôt mérité.

Il partait remplaçant et s’est montré indiscutable. Cela commence à ressembler à l’histoire d’une vie. A l’Euro, Joshua Kimmich a su parfaitement tirer son épingle du jeu et saisir les opportunités qui se sont offertes à lui. Et même son concurrent direct pour le poste de latéral droit en sélection, Benedict Höwedes, a salué sa performance contre l’Irlande du Nord, durant la phase de poules : « Le coach a fait le bon choix. Nous sommes devenus plus dangereux dans le jeu vers l’avant. »
Les statistiques, sur cette rencontre, parlent pour lui avec 104 ballons touchés (deuxième meilleur total après Toni Kroos, 145), neuf centres, quatre occasions créées (dont une tête de Thomas Müller sur le poteau). Le jeune prodige marque les esprits à l’occasion de ce qui est peut-être un tournant dans sa carrière, avec cette prise de pouvoir sur le flanc droit de la Mannschaft.
ll est comparé à Philipp Lahm dans la presse allemande et il est facile de trouver des similitudes. Petit gabarit, éclosion précoce, vision du jeu, qualité de passe et de centre, polyvalence, intelligence… Mais l’intéressé balaie d’un revers de main tout rapprochement. « C’est absurde, rétorque le jeune homme face aux questions insistantes. Philipp est le meilleur latéral du monde. Je n’ai presque pas joué à ce poste alors que lui s’y est distingué pendant des années. » A n’en pas douter, il sait d’où il vient et le chemin qu’il lui reste à parcourir mais il a tout d’un champion.
Repéré au VfB Bösingen par les recruteurs de Stuttgart à l’âge de 12 ans, Joshua Kimmich y fait ses gammes et fascine tout le monde sur son passage. « Il portait déjà son équipe à l’époque », raconte dans « Bild » Markus Rüdt, le scout qui l’a découvert. Joshua n’a jamais gagné la médaille Fritz-Walter, récompense attribuée au meilleur espoir allemand, mais il a toujours été bien placé : l’argent en 2013 chez les U18, le bronze en 2014 chez les U19. Champion d’Europe U19 avec l’Allemagne, le défenseur du Bayern, qui évolue alors dans l’entrejeu, est présenté comme « le cerveau de l’équipe » par son capitaine, Niklas Stark. Après une montée en Bundesliga 2 puis une année comme pilier du RB Leipzig, le jeune prodige suscite l’intérêt du grand Bayern. Sans hésitation, il signe pour cinq ans chez l’ogre bavarois afin de côtoyer un effectif de champions, où la défaite est interdite.
Son destin en Bavière défie toutes les espérances. Aux côtés de cette constellation de stars et du gourou catalan, Pep Guardiola, le natif de Rottweil franchit les paliers à pas de géant. Et pas seulement comme milieu défensif, son poste d’origine, ni même comme arrière central ou latéral ; plutôt les trois à la fois. Le football total que prône Guardiola oblige ses relanceurs à maîtriser différents postes et à savoir couvrir leurs partenaires. Au menu : formation en accéléré de joueurs complets à la palette technique prodigieuse, à l’image de David Alaba.
Suite à de nombreuses blessures en défense centrale, le fin tacticien propulse le jeune Kimmich à ce poste. Il le prend sous son aile et ne tarit pas d’éloges à son égard. « C’est le meilleur défenseur du monde. » Le joueur, pas très impressionnant (1,76 m pour 70 kg), s’adapte très vite au poste de défenseur central et sa faculté à enchaîner les performances de haut niveau pousse son coach à poursuivre l’expérience, plutôt que de confier la tâche à un central de métier (Serdar Tasçı). Lucide, le phénomène allemand avoue : « Je ne serais pas en mesure de jouer défenseur central dans n’importe quel club. Au Bayern, je profite du fait que nous avons beaucoup la possession du ballon. » Toujours est-il que ses prestations ont presque fait oublier des références en la matière comme Jérôme Boateng ou Mehdi Benatia. Pas mal pour une découverte. Epoustouflant pour un joueur de 21 ans.

L’insolite
Joshua Kimmich est vendu au RB Leipzig en 2013 pour 500 000 euros. Le VfB Stuttgart bénéficie d’une clause de rachat à hauteur de 750 000 euros. Kimmich réalise deux saisons probantes avec son nouveau club, suscitant l’intérêt du Bayern Munich. Stuttgart, qui a la possibilité de le faire revenir, le rachète… avant de le revendre directement aux Bavarois pour 8 millions. Une jolie plus-value qui n’est pas au goût de l’entraîneur de Stuttgart. Furieux, Alexander Zorniger qualifie ce choix de « décision suicidaire ». La relégation du champion 2007 quelques mois plus tard aurait plutôt tendance à corroborer cette idée…

Le chiffre : 92
Comme le pourcentage de passes réussies par Kimmich sur l’ensemble des 37 matches qu’il a disputés avec le Bayern cette saison. De quoi confirmer les qualités de relance décelées par Mickael Reschke lorsqu’il jouait au RB Leipzig. Une performance également imputable à son intelligence de jeu au-dessus de la moyenne, comme en atteste sa mention « Bien » au bac.

Arthur ROBERT / PLANETE FOOT

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