Étranger

Javier Mascherano : « En Ligue des champions, le niveau monte d’année en année »

« Le Shérif ». Il n’a pas volé son surnom. Au Barça comme au sein de l’Albiceleste, c’est le gardien de l’ordre. Mais voici une interview très catalane, en mode C1. Limite borderline !

PLANETE FOOT : Suivais-tu la Ligue des champions lorsque tu était petit, en Argentine ?
Javier MASCHERANO :
Oui, j’en avais l’habitude. Depuis tout gamin, je suis un fou de foot. Supporter, joueur, j’ai toujours baigné dedans. Bon, il n’y avait pas beaucoup de matches retransmis mais j’essayais de n’en rater aucun. Le premier dont je me souviens, c’est la finale 1996 entre la Juve et l’Ajax. C’est le souvenir le plus clair que j’ai. C’était quelque chose de très lointain pour nous, les Argentins, quand même.

PF : Qui a été ton modèle ?
J.M. :
C’était plus qu’un modèle. Pour mon pays, pour tout ce qu’il représente pour tous les Argentins, Diego Maradona était l’icône. A travers tout le pays. Mais j’ai longtemps admiré Claude Makélélé, en fait. J’ai grandi en le regardant jouer. Il évoluait au même poste que moi. Je le voyais à la télé, je m’imaginais dans le miroir. J’ai toujours aimé son style, il évoluait au même poste que moi.

PF : Quel genre d’entraîneur est Luis Enrique ?
J.M. :
D’abord, il faut bien prendre conscience d’une chose : être le coach du FC Barcelone est différent d’être le coach de n’importe quelle autre équipe parce qu’ici, tu dois t’adapter à la philosophie du club. Tu n’as pas la liberté de penser, de mettre en place tes propres convictions. Ici, tu mets en place les convictions du FC Barcelone. Luis Enrique a joué au Barça, il a été le coach de l’équipe réserve, il connaît cette philosophie, il s’en est imprégné, il vit avec. Ses méthodes sont en parfaite adéquation avec la philosophie du club.

PF : Il faut avoir joué ici pour pouvoir entraîner l’équipe ?
J.M. :
Pas forcément mais le fait que Luis ait évolué en tant que joueur au Barça est un atout incroyable. Il a joué, il a vécu à Barcelone. C’est un fan du Barça. Quand tu joues pour un club que tu supportes, tu t’identifies. Luis connaît les arcanes de la maison. Il sent bien les trucs. Il peux mettre en œuvre quelques idées ou directions de travail sans sortir du cadre. Tout est Barça-compatible.

PF : Et Lionel Messi, est-il autre chose que Barça-compatible ? Ensemble, vous n’avez rien gagné avec l’Argentine…
J.M. :
Messi est un joueur incroyable.On évolue depuis tellement longtemps ensemble que je pourrais facilement dire que je connais tout de lui. Mais sur le terrain, il réinvente l’histoire à chaque fois.

PF : A titre personnel, as-tu eu besoin de t’adapter quand tu es arrivé au Barça ? De changer le disque dur ?
J.M. :
Avant d’arriver ici, c’est clair, je ne connaissais qu’une facette du foot : détruire le jeu adverse. Je n’étais focalisé que sur la défense, on m’a rabâché depuis tout petit que mes qualités étaient faites pour ça. Je suis donc arrivé au Barça et là, la première chose qu’on m’a dite, c’est que les défenseurs étaient les premiers attaquants ! Chacun doit jouer, créer du jeu. Je ne peux pas dire que je n’ai pas eu un temps d’adaptation… Les premiers mois ont été difficiles mais j’ai toujours été convaincu que m’entraîner avec les meilleurs ne pouvait que me faire progresser. J’y ai toujours cru. J’avais besoin de prouver, de grandir encore.

PF : Et maintenant ?
J.M. :
Franchement, je ne vais pas prétendre que je suis devenu Xavi ou Andres Iniesta… Mais je juge mieux les situations, j’ai appris à contrôler le rythme et le tempo.

PF : Et à jouer aussi bien au milieu qu’en défense centrale…
J.M. :
Je me rappelle de la finale de la Ligue des champions 2011, à Wembley. J’ai démarré le match en défense, aux côtés d’Eric Abidal, qui revenait de blessure, et Carles Puyol était sur le banc ! Bonjour la pression… Quand Pep Guardiola a annoncé la composition de l’équipe, j’ai eu un choc ! Ce n’était pas ma place naturelle, je savais que je prenais encore plus de responsabilités, avec en plus le meilleur défenseur central de l’histoire du club et capitaine sur le banc de touche.

PF : Le début d’une nouvelle carrière, finalement ?
J.M. :
Heureusement, ça s’est bien passé. On remporte la finale. L’après-match fut une fête mémorable que je ne suis pas près d’oublier.

Comment imagines-tu la suite de la saison pour le Barça ?
J.M. :
Nous n’avons pas été épargnés par les blessures depuis le début. Si tout le monde redevient disponible après la trêve hivernale, je pense que ça peut faire mal. C’est comme d’habitude, ici : nous sommes en course avec l’ambition de gagner tous les titres. Mais il faut dire que le Real Madrid réussit une première moitié de championnat quasi parfaite. Quand un adversaire file à une telle cadence, ce n’est pas évident de suivre. Mais on a les moyens pour le faire. En ce qui concerne la Ligue des champions, il y a une seule certitude : le niveau monte d’année en année !

Maxime GIBAUD / PLANETE FOOT

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