Équipe de France

Italie : Si le Conte est bon…

Ils étaient allés en finale il y a quatre ans puis ont été éliminés dès le premier tour au Brésil. Les ambitions italiennes sont encore escortées par des interrogations…

L’histoire montre qu’il n’y a pas de vérité. L’annonce du départ du sélectionneur au terme d’une phase finale, quelques semaines avant le début de celle-ci, peut avoir de fâcheuses conséquences. On se souvient de l’Euro 2004 des Bleus qui étaient certes en fin de cycle. Le sélectionneur d’alors, Jacques Santini, en partance pour Tottenham, avait eu quelque chose comme aucune influence sur son groupe au Portugal. A l’inverse, on revoit encore Marcello Lippi tirant sur son gros cigare sur la pelouse de l’Olimpiastadion de Berlin, le 9 juillet 2006. Le Mister avait annoncé son départ au terme de la Coupe du monde. Il a quitté l’Allemagne avec la médaille d’or autour du cou et la Coupe à l’avant du bus. On n’oubliera jamais Aimé Jacquet qui avait annoncé, lui aussi, la couleur. « Je retournerai dans mes montagnes au milieu des grosses bêtes après la Coupe du monde. »
Oui, l’histoire produit plusieurs vérités. N’empêche… Difficile de se dire que l’annonce de la signature d’Antonio Conte à Chelsea renforce l’union sacrée au sein de la Squadra Azzurra. Comment les joueurs vont-ils monter dans le bateau, sachant qu’ils feront le chemin du retour sans leur boss ? C’est toujours une énigme à l’aube des grands tournois. Mais Conte a son idée sur la question. « J’ai toujours dit qu’un entraîneur devait être comme un bon tailleur. Selon les joueurs à votre disposition, leurs qualités, vous devez concevoir le costume parfait. Il faut faire ressortir au mieux les qualités de vos joueurs. Ensuite, j’ajoute à cela mes idées, ma vision du jeu, il faut savoir quoi faire quand l’équipe n’a pas le ballon. »
La collection été 2016 sera sa dernière à l’italienne. Et si Milan reste une capitale mondiale de la mode, il faudra veiller à ce que l’histoire ne se termine pas en queue de pie. La Squadra a hérité d’un groupe à la fois piégeux et homogène, avec la Belgique, presque logique favorite, l’Irlande, un poil en dessous et la Suède de Zlatan Ibrahimovic, jamais un cadeau. Attention aux mauvais coups de ciseau, ça peut faire mal, surtout après une dernière Coupe du monde où Gianluigi Buffon et les autres étaient remontés dans l’avion dès la fin du 1er tour, éliminés par l’Uruguay et… le Costa Rica.
Finalistes du dernier Euro, les Ritals sont prévenus. « Nous sommes sur le souvenir d’une très décevante Coupe du monde. Nous n’avons pas de joueurs qui comptent parmi les deux ou trois meilleurs du monde. Nous devons nous comporter en équipe, c’est par le collectif que l’on doit exister. Nous allons encore progresser, dans le travail et dans l’état d’esprit. J’ai foi en mes joueurs », explique le sélectionneur transalpin. Fidèle à ses principes, Conte a déjà tout planifié. Le grand rendez-vous est programmé le 18 mai, sauf pour les joueurs de l’AC Milan, de la Juventus et du Paris SG, concernés par les finales des Coupes d’Italie et de France le 21 mai. Le groupe sera constitué dans son ensemble le 24. L’Ecosse et la Finlande sont au programme de sa préparation et l’arrivée en France, dans l’Hérault, se fera le 8 juin. Du ciselé comme de la haute couture. Du Conte tendance dernière collection.

Classement FIFA : 15e

Bilan Euro
• 8 participations (1968, 80, 88, 96, 2000, 2004, 2008, 2012)
33 matches, 13 v, 15 n, 5 d, 33 bp-25 bc
• Meilleure performance : Vainqueur en 1968
• Meilleurs buteurs : Mario Balotelli (3 buts en 2012), Antonio Cassano (3 buts ; 2 buts en 2004, 1 but en 2012)

Comment ils jouent
Mattia De Sciglio, à gauche, et Matteo Darmian, à droite, sont les solutions latérales quand Antonio Conte se décide à revenir à une défense à quatre. Mais ce n’est pas la priorité du Mister. On devrait retrouver la Squadra en 3-4-3 à l’Euro, avec une ligne potentiellement 100% juventini si les joueurs sont sur patte (Leonardo Bonucci-Andrea Barzagli-Giorgio Chiellini). Sinon, Darmian (à droite de l’axe) et Davide Astori sont aussi des candidats aux places de titulaire. Au milieu, la petite forme de Thiago Motta depuis le début de l’année ne plaide pas pour le Parisien, alors que Marco Verratti, enfin indispensable à l’Italie autant qu’à Paris, voit sa saison pourrie par une pubalgie. Conte apprécie le volume d’Alessandro Florenzi, aussi, sur le côté droit. Devant, Graziano Pellè et Stephan El-Shaarawy semblent avoir un temps d’avance mais ce n’est pas non plus flamboyant…

Le coach : Antonio Conte
Né le 31.07.1969 à Lecce
En poste depuis août 2014
18 matches, 9 v, 6 n, 3 d

Leurs éliminatoires
1er du groupe H
24 pts, 7 v, 3 n, 16 bp-7 bc
09.09.2014 : Norvège-Italie 0-2 (Zaza, Bonucci)
10.10.2014 : Italie-Azerbaïdjan 2-1 (Chiellini, 2)
13.10.2014 : Malte-Italie 0-1 (Pellè)
16.11.2014 : Italie-Croatie 1-1 (Candreva)
29.03.2015 : Bulgarie-Italie 2-2 (Minev c.s.c., Eder)
12.06.2015 : Croatie-Italie 1-1 (Candreva, s.p.)
03.09.2015 : Italie-Malte 1-0 (Pellè)
06.09.2015 : Italie-Bulgarie 1-0 (De Rossi, s.p.)
10.10.2015 : Azerbaïdjan-Italie 1-3 (Eder, El Shaarawy, Darmian)
13.10.2015 : Italie-Norvège 2-1 (Florenzi, Pellè)

La parole à… Ricardo Montolivo
« Nous avons besoin de travailler beaucoup et notre période de préparation sera primordiale. Nous avons perdu contre l’Allemagne mais c’est ce qui se fait de mieux au monde, c’est aussi une bonne base de travail. On a commis de grosses erreurs contre les Allemands et à ce niveau, on les paie cash. Mais nous n’avons pas été si mauvais que ça. On a envie de prouver des choses en France. Maintenant, nous devons croire en notre coach et nous montrer à la hauteur de ce qu’il attend de nous. »

La cote de « Planète » : 3

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