Équipe de France

Islande : Sur un volcan

Dire que la première participation des Islandais à l’Euro va faire du bruit est un doux euphémisme. Attention, débarquement en vue !

C’est une première en forme d’éruption volcanique. Non pas que le fameux Eyjafjöll, le volcan qui avait, dans un grand bâillement, saupoudré l’Europe d’un nuage de cendres il y a quelques printemps ait décidé de rouvrir les vannes. Là, c’est une éruption de bonheur. Beaucoup plus sociologique qu’écologique. Chez nous et même chez nos voisins européens, on a un peu de mal à prendre la mesure de la chose mais il faut bien se rendre compte que c’est une île qui va débarquer sur les côtés françaises. Enfin, plutôt dans les aéroports si le trafic aérien n’est pas totalement interrompu par un autre coup de grisou de l’ami machin, le volcan qui ne s’écrit qu’une fois.
L’Islande à l’Euro, c’est tout un peuple qui a chaviré dans la liesse et l’ivresse d’une première participation à un tournoi majeur. Kolbeinn Sigthorsson, l’attaquant du FC Nantes, prévient déjà (voir par ailleurs) que la vague qui va déferler risque de surprendre. Pour mieux s’y préparer, on peut par exemple rappeler que l’île des glaces, au large du cercle polaire, compte à la louche 320 000 habitants, soit moitié moins que… l’agglomération nantaise, le fief de Kolbeinn depuis cette saison !
C’est un exploit venu du froid qui ne doit rien au hasard. Deuxièmes de leur groupe qualificatif derrière la République Tchèque, les valeureux Vikings ont tout simplement écarté de la course les Pays-Bas d’Arjen Robben, récents demi-finalistes de la Coupe du monde, et la Turquie, toute heureuse de s’en être sortie par le miracle d’une meilleure troisième place sortie de nulle part. Les Islandais, eux, confirment leur progression linéaire depuis une dizaine d’années. Ça faisait plusieurs fois que le coup n’était vraiment pas passé loin. Là, ils ont mis dans le mille. Et ils vont débarquer à bien plus, on insiste un peu. Préparons-nous, ça risque de sourire et de faire du bruit !
Sur le terrain, Lars Lagerbäck, un cador des bancs de touche qui a tout connu avec la Suède et qui est même passé par le Nigeria, accomplit un travail remarquable dans la performance et l’efficacité d’une équipe qui était devenue une machine à défendre et qui s’est transformée en bloc-équipe redoutable d’efficacité dans les deux zones de vérité. C’est dur de les passer balle au pied, c’est très dur d’aller les chatouiller dans les airs, où ils excellent et où la simple idée d’un duel les fait sourire, et ça devient très difficile de les déborder sur la durée.
Ces Vikings-là ont développé un certain niveau physique en évoluant dans les grands championnats. On pense évidemment à Gylfi Sigurdsson, la starlette du navire. Numéro 10 sur le cœur et volume de jeu toutes options. Il voit vite, il joue juste et il ne fait pas tâche, c’est peu dire, à Swansea. Il y a Sigthorsson, qui a eu un peu de mal à s’adapter à Nantes et peut-être, aussi, à Michel Der Zakarian. Mais l’ancien de l’Ajax Amsterdam a des talents de buteur que tout le monde connaît et qui pourraient causer quelques tremblements de filet en juin prochain. Des secousses volcaniques !

Classement FIFA : 35e

Bilan Euro :
• Aucune participation à l’Euro

Comment ils jouent
C’est un 4-2-3-1 qui a évolué en véritable 4-4-2 sur les dernières sorties, avec un vrai duo à la récupération et un milieu à quatre mais pas en losange, Lagerback privilégiant le mode « Parallélépipède » avec Gylfi Sigurdsson et Birkir Bjarnason, les titulaires habituels, qui coulissent entre la ligne de touche et l’axe, quand ils sont en possession du ballon, et qui se replient sur la même ligne que les deux récupérateurs quand ils ne l’ont pas, de façon à former un double rideau de deux fois quatre joueurs, étiré sur la largeur, avec Albert Gudmundsson et Kolbeinn Sigthorsson en première lame au pressing. C’est risqué au plus haut niveau mais ça semble être l’option privilégiée par les coaches, Lars Lagerbäck et Heimir Hallgrimsson.

Le coach : Lars Lagerbäck
Né le 16.07.1948 à Katrineholm (SUE)
En poste depuis janvier 2012
45 matches, 18 v, 8 n, 19 d.

La parole à… Kolbeinn Sigthorsson
« Il y a déjà bien longtemps, depuis notre qualification en fait, que l’Euro a commencé dans notre pays. C’est beaucoup de fierté pour nos supporters. Ils ont hâte de découvrir la France. Quand vous vous verrez le nombre d’Islandais qui vont venir en juin par rapport à la population sur l’île, vous vous en rendrez mieux compte, je pense ! Nous avons quand même de sacrés bon joueurs. Nos coaches font du super travail. Nous n’étions pas si loin de la qualification pour la Coupe du monde au Brésil. Nous sommes dans la continuité et dans notre progression. »

Leurs éliminatoires
2e du groupe A
20 pts, 6 v, 2 n, 2 d, 17 bp-6 bc
09.09.2014 : Islande-Turquie 3-0 (Bödvarsson, G. Sigurdsson, Sigthorsson)
10.10.2014 : Lettonie-Islande 0-3 (G. Sigurdsson, Gunnarsson, Gislason)
13.10.2014 : Islande-Pays-Bas 2-0 (G. Sigurdsson 2 dont 1 s.p.)
16.11.2014 : République Tchèque-Islande 2-1 (R. Sigurdsson)
28.03.2015 : Kazakhstan-Islande 0-3 (Gudjohnsen, B. Bjarnason 2)
12.06.2015 : Islande-République Tchèque 2-1 (Gunnarsson, Sigthorsson)
03.09.2015 : Pays-Bas-Islande 0-1 (G. Sigurdsson)
06.09.2015 : Islande-Kazakhstan 0-0
10.10.2015 : Islande-Lettonie 2-2 ( Sigthorsson, G. Sigurdsson)
13.10.2015 : Turquie-Islande 1-0

La cote de « Planète » : 3

Populaires

Les marques de presse dédiées au sports collectifs : Planète Foot, Mondial basket, Univers du Rugby, Planète Cyclisme.

© 2017 Editions Le Nouveau Sportif / SESIMS

To Top