Équipe de France

Hongrie : Retour vers le futur

Trente ans après Mexico, les Magyars retrouvent une phase finale internationale et c’est déjà un événement. Surtout pour Viktor Orban, le Premier ministre…

D’abord, il y a un pantalon de jogging. Celui de Gabor Kiraly, le gardien vintage, le Arnaud Montebourg de la Hongrie, si tant est que le futal en coton épais, en guise de tenue de soirée internationale, soit l’emblème du chic hongrois. Qu’importe, Kiraly s’est toujours justifié en rappelant qu’il avait joué « longtemps sur de la terre ou de l’herbe gelées, qui blessaient les jambes à chaque plongeon. Le pantalon m’est vite apparu comme une évidence. » L’argument est irréfutable et le joueur hors d’âge. Il vient de fêter ses 40 ans et s’apprête à devenir le recordman des sélections. Même si les moins de 50 ans peuvent en rire, les mémoires de footeux savent ce que cela signifie au pays de Ferenc Puskas et Sandor Kocsis.
Les Hongrois reviennent sur la scène internationale pour la première fois depuis la Coupe du monde 1986. Ils n’avaient plus connu la phase finale d’un Euro depuis 1972. Autant de sauts périlleux dans le temps qui montrent la portée non pas des guêtres d’un gardien quarantenaire, mais de l’exploit des hommes de Bernd Storck, le baroudeur allemand qui est notamment passé par le Kazakhstan avant de poser les siennes (de guêtres) à Budapest. « Attention, prévient d’emblée Storck, nous ne devons pas oublier d’où nous venons. Il faut encore monter d’un cran dans la performance. On arrive à l’Euro avec l’envie de nous montrer sous notre meilleur jour, aussi bons, voire plus convaincants encore que lors du barrage contre la Norvège. Ce sera le plus sûr moyen de remercier tous nos supporters pour leur soutien sans faille tout au long de notre parcours, lors de la phase de qualifications. C’est aussi grâce à eux que nous sommes présents en France. »
En Hongrie, le foot est devenu une priorité nationale depuis six ans. Le Premier ministre, ultra-conservateur, Viktor Orban, fan de ballon, met tout en œuvre pour que le pays renoue avec son glorieux passé. Depuis six ans et malgré la grave crise économique, qui n’a pas épargné Budapest et ses contrées, l’État investit massivement, c’est peu de le dire, l’argent public dans les rénovations, les constructions de stades flambant neufs ou les centres de formation. Convaincu que le redressement passera par la jeunesse, la pratique du sport, notamment du football. Orban, le nabab du ballon rond, devrait afficher son sourire plus blanc que blanc dans les tribunes présidentielles à l’Euro.
Dans ce groupe F promis au Portugal, les Hongrois retrouvent aussi leur voisin autrichien, qu’ils ont déjà affronté à… 136 reprises, et l’Islande, contre qui il n’y a jamais eu aucun match nul. Ça promet. Concernant le Portugal, les Hongrois ont perdu les cinq rencontres disputées en compétition officielle. Ils sont déjà tout heureux de figurer parmi les 24, pas facile de leur promettre autre chose. « Mais c’est une bonne opportunité pour nous de montrer ce que nous pouvons faire à ce niveau, conclut Storck. Nous n’avons rien à perdre. » Vu sous cet angle…

Bilan Euro
• 2 participations (1964 et 1972)
4 m, 1 v, 3 d, 5 bp-6 bc
• Meilleure performance : 3e en 1964
• Meilleurs buteurs : Dezso Novak et Ferenc Bene (2 buts en 1964)

Classement FIFA : 18e

Comment ils jouent
Sur le papier, c’est un 4-2-3-1. Sur la pelouse, c’est une autre histoire. Les Hongrois, notamment lors de leur barrage victorieux contre la Norvège (1-0 ; 2-1), ont surtout passé leur temps dans leurs trente derniers mètres. Avec un double rideau de quatre puis cinq joueurs étiré devant, voire dans leur surface de réparation. Tout ce petit monde se regroupe autour de Kiraly, le gardien, la mascotte, comme s’ils ne pouvaient pas trop s’en éloigner. Il faudra produire autre chose à l’Euro. Peut-être avec Balazs Dzsudzsak, leur héros, l’enfant de Debrecen devenu le « king people » à Budapest. Mais ça paraît un peu léger quand même…

Le coach : Bernd Storck
Né le 25.01.1963 à Herne (ALL)
En poste depuis juillet 2015
7 matches, 3 v, 3 n, 1 d

La parole à… Balazs Dzsudzsak
« Sur un plan personnel, mon but inscrit contre la Croatie (ndrl : 1-1 en mars dernier, il a égalisé sur coup franc après l’ouverture du score de Mario Mandzukic, et après un sacré petit pont sur Domagoj Vida) est toujours bon pour la confiance. Nous avons réussi de belles choses face à une équipe de Croatie dans laquelle figurent, pour moi, quelques-uns des meilleurs joueurs d’Europe. C’est de bon augure pour l’Euro. Nous y allons avec simplement l’envie de bien faire, sans pression. »

Leurs éliminatoires
3e du groupe F – 16 pts, 4 v, 4 n, 2 d, 11 bp-9 bc, barragiste
07.09.2014 : Hongrie-Irlande du Nord 1-2 (Priskin)
11.10.2014 : Roumanie-Hongrie 1-1 (Dzsudzsak)
14.10.2014 : Iles Féroé-Hongrie 0-1 (Szalai)
14.11.2014 : Hongrie-Finlande 1-0 (Gera)
29.03.2015 : Hongrie-Grèce 0-0
13.06.2015 : Finlande-Hongrie 0-1 (Stieber)
04.09.2015 : Hongrie-Roumanie 0-0
07.09.2015 : Irlande du Nord-Hongrie 1-1 (Guzmics)
08.10.2015 : Hongrie-Iles Féroé 2-1 (Böde 2)
11.10.2015 : Grèce-Hongrie 4-3 (Lovrencsics, Németh 2)
Barrage
12.11.2015 : Norvège-Hongrie 0-1 (Kleinheisler)
15.11.2015 : Hongrie-Norvège 2-1 (Priskin, Henricksen c.s.c.)

La cote de « Planète » : 2

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