Interview

Harinordoquy : « Je ne pensais même pas revivre ce que je vis aujourd’hui »

Alors qu’il avait sérieusement songé à arrêter sa carrière l’été dernier après la relégation de son Biarritz chéri en Pro D2, Imanol Harinordoquy s’éclate à Toulouse. Très vite adopté, le Basque a retrouvé le physique et la confiance pour enchaîner les prestations high-tech. Histoire d’une renaissance.

UNIVERS DU RUGBY : Imanol, tu revis complètement à Toulouse. Comment s’est déroulée ton adaptation dans ce nouveau club, toi qui avais passé 10 ans à Biarritz ?

Imanol HARINORDOQUY : Ça s’est plutôt bien passé. Je connaissais pas mal de joueurs ainsi que les entraîneurs, avec lesquels j’ai joué. Au niveau du dialogue, ça a facilité les choses. Quand tu arrives dans un nouveau club, la communication est importante pour trouver ta place et t’intégrer. Il faut aller vers les autres et le fait de les connaître m’a bien aidé. J’ai senti, dès mon arrivée, que tout le monde était là pour moi, prêt à m’aider. Je n’oublie pas non plus les kinés, les médecins et les préparateurs physiques, avec lesquels j’ai beaucoup travaillé.

UDR : Physiquement, as-tu retrouvé la plénitude de tes moyens ?

I.H. : J’ai énormément travaillé au niveau de mon genou car il me manquait de la masse musculaire. Je m’étais blessé en décembre 2011, juste après la dernière Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Depuis, je n’avais jamais totalement récupéré. Ça faisait trois ans que je ne m’étais pas senti aussi bien !

UDR : A 35 ans, récupères-tu facilement ?

I.H. : Comment ça, « je suis vieux » ?! (Rires) Me sentant beaucoup mieux, je récupère plus aisément, notamment après les matches. Avant, j’avais des douleurs, le genou qui gonflait, c’était canapé et poche de glace ! Aujourd’hui, je peux faire ce que je veux les lendemains de match. Ça me change la vie !

UDR : Comment vis-tu à Toulouse ?

I.H. : Je me suis installé avec la petite famille mais j’ai gardé ma maison à Biarritz. Je fais pas mal d’allers-retours. Le but était de vivre cette expérience à fond. Vivre à Toulouse, m’immerger dans la vie du club, rencontrer de nouveaux visages, de nouvelles personnes.

UDR : Toulouse a connu un début de saison délicat. Le doute a-t-il traversé ton esprit ?

I.H. : Non, pas vraiment. J’ai connu pas mal de saisons compliquées… Jouer le maintien, affronter ce type de situation, j’ai déjà donné. Je suis resté optimiste car on avait un groupe de qualité. On a certes perdu des matches mais on réalisait de belles choses. J’aurais été inquiet si on n’arrivait pas à jouer. Ça n’a pas été le cas. On est capables de gagner en constance et en régula­rité et surtout, on sent que les mecs ont envie de bosser. Il y a un fort investissement de la part de chacun.

UDR : En tant que nouveau, es-tu parvenu à imposer ta voix, ton aura ?

I.H. : Moi, je n’impose rien. J’apporte des idées, mon expérience, je communique. Comme je le précisais, le dialogue est facile. Ça permet d’avoir des discussions constructives, notamment sur la conquête.

UDR : Vu ta forme, penses-tu parfois à l’équipe de France ?

I.H. : En ce moment, j’ai surtout envie de continuer sur ma lancée, de ressentir les sensations éprouvées sur les derniers matches réussis, de continuer l’aventure avec cette équipe. Je songeais sérieusement à arrêter ma carrière l’été dernier. Je ne pensais même pas revivre ce que je vis aujourd’hui. Le simple fait de courir sur le terrain, de jouer pendant 80 minutes, ça dépasse toutes mes attentes. Je n’irai pas plus loin. Pour moi, l’objectif, c’est de relever ce dernier challenge, montrer à mes coéquipiers que je peux apporter quelque chose et puis surtout gagner, car c’est ce qui m’a toujours habité, tout au long de ma carrière. Le plaisir de gagner est irremplaçable.

UDR : As-tu eu des discussions avec Philippe Saint-André ?

I.H. : Non. Je ne sais même pas quand il annonce sa sélection… (Rires)

UDR : Suis-tu toujours le Biarritz Olympique ?

I.H. : Oui, bien sûr. Je suis la Pro D2, un championnat attractif à mes yeux, de plus en plus intéressant. Je regardais particulièrement le B.O. et la section paloise, Dax, ainsi que tous les clubs où j’ai des amis avec lesquels j’ai joué.

UDR : Penses-tu déjà à ta reconversion, ton après-carrière ?

I.H. : Oui. J’ai toujours ma ligne de vêtements avec une boutique sur Biarritz et un site Internet. J’ai ouvert l’été dernier une cave à vin, qui s’appelle « Les Passeurs de vin », et une cave à manger nommée « Les Contrebandiers », aux Halles de Biarritz. Là, je vais lancer une gamme de vins espagnols que je vais commercia­liser en France. Ces vins sont très mal distribués et représentés dans l’Hexagone. Donc, avec mon associé Lionel Osmin, on a fait une sélection de bodegas espagnoles qu’on va distribuer en exclusivité dans l’Hexagone via un gros réseau. Je continue aussi mes stages de rugby l’été sur Biarritz. Je suis bien occupé, quoi !

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