Étranger

Gareth Bale, au nom de tous les siens

La superstar galloise Gareth Bale a magnifiquement endossé le statut de leader pour tirer son équipe vers le haut. Bilan : une demi-finale et de prometteuses perspectives pour la Coupe du monde 2018.

Au coup de sifflet final, Gareth Bale était déçu, certes, mais satisfait aussi, d’un autre côté. L’homme fort des Gallois relativisait après la défaite 2-0 contre le Portugal en demi-finales de l’Euro. « Nous pouvons ne pas avoir de regrets. » C’est dire. Et c’est vrai, tant le numéro 11 s’est donné. Bale a pesé tout au long de la rencontre et surtout tout au long de cet Euro 2016.
Pendant le match, il n’a pas hésité à décrocher de son rôle offensif. Il est venu chercher des ballons, a accéléré le jeu, tout en protégeant impeccablement sa balle. Privé de l’autre cadre des Dragons, Aaron Ramsey, suspendu, Gareth a dû naviguer d’une aile à l’autre pour remettre son équipe dans le sens de la marche.
Des éliminatoires à la phase finale, c’est un « GB » taille patron qui a porté son pays, pour sa première participation à un championnat d’Europe. Sur le Net, des passionnés s’amusaient à détourner des photos de l’équipe en y mettant dix fois la tête du joueur du Real Madrid, avec Aaron Ramsey à ses côtés. Et c’est en chef de file exemplaire qu’il a guidé les siens.
Parler de ce groupe comme de la bande à Bale serait presque réducteur, tellement il a permis au collectif de se révéler avec des éléments clés comme Joe Allen, Hal Robson-Kanu, Joe Ledley… Bonus : ses trois buts en phase de poules ont fait du Madrilène l’un des meilleurs buteurs de la première partie du tournoi.
Egalement passeur, il est celui qui a adressé le centre parfait ayant contraint le défenseur nord-irlandais Gareth McAuley à pousser le ballon dans ses propres filets en huitièmes de finale. Et il est tout sauf étranger au succès contre la Belgique en quarts de finale (3-1). C’est un Gareth Bale plus spontané, débridé et généreux que nous avons retrouvé en France. Il se positionne définitivement comme l’un des successeurs potentiels de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo dans la cour des très grands.
Maigrelet, les oreilles décollées, le natif de Cardiff n’avait pas un physique hors normes à ses débuts à Southampton, en Championship (D2 anglaise). Mais un élément lui permettait de se démarquer : sa pointe de vitesse. En 2006, après sa première saison chez les pros, il aide les siens à atteindre une demi-finale de playoffs, échouant de peu pour la montée en Premier League.
Révélation de l’année, après avoir connu toutes les sélections chez les jeunes, Gareth est récompensé par John Toshack, alors coach du pays de Galles, avec une première cape chez les A. Face à Trinidad et Tobago, il devient, à l’âge de 16 ans et 315 jours, le plus jeune joueur à porter le maillot des Dragons. Quelques semaines plus tard, il quitte les Saints pour Tottenham, contre 5 millions de livres sterling.
C’est durant la saison 2010-11 qu’il va véritablement prendre une autre dimension. Les superlatifs commencent à pleuvoir comme la pluie qui habille si souvent Londres. Autant sur coups francs que par ses accélérations, Bale devient le poil à gratter de la Premier League. Il mène les Spurs à la Ligue des champions pour la première fois de leur histoire. Tottenham le prolonge logiquement pour quatre ans.
« C’est un joueur incroyable de talent. Il est quasiment injouable dans un bon jour. C’est un génie de classe mondiale. Il pourrait jouer avec n’importe qui et ferait progresser n’importe quelle équipe », s’enflamme Harry Redknapp, son entraîneur chez les Spurs. Les années qui suivent sont celles de la confirmation. Et tout le monde s’arrache le Gallois.
Au terme de l’été 2013, après ce qui a fait office de saga de l’été, Bale s’engage avec les Merengue. La transaction affole les compteurs, on parle d’une centaine de millions d’euros. Mais à Madrid, il intègre un collectif de stars où ses entraîneurs n’exploitent pas sa polyvalence. « Il est capable d’évoluer à n’importe quel poste. A Tottenham, il jouait à gauche. Au Real Madrid, il joue à droite. Avec la sélection, il peut se retrouver en pointe ou en neuf et demi », affirme Ryan Giggs, autre Gallois de légende.
Fidèle à son habitude, Bale fait parler sa pointe de vitesse. Il laisse dans les mémoires une course incroyable lors d’un classico. Dès sa première saison, il remporte la Ligue des champions, inscrivant le premier but de la prolongation, lors de la victoire face à l’Atlético Madrid (4-1). En 2014, il ne participe pas à la Coupe du monde. Gareth revient au Real avec les cheveux longs et une légère barbe de berger gallois. Il a profité de cette longue pause. Bale, qui a fait appel à un préparateur physique, apparaît transformé et affûté comme jamais à la reprise. Deux ans plus tard, il ajoute à son palmarès une seconde Coupe aux grandes oreilles.
Décidément sous le charme, Ryan Giggs assure : « Gareth a un peu tout. Il peut planter sur coup franc, en une touche, de la tête, en dribblant des adversaires… Tu peux le neutraliser pendant 85 minutes et tout d’un coup, il marque, comme Cristiano Ronaldo. Il a une adresse phénoménale. » C’est ce Gareth qu’on a retrouvé pendant l’Euro mais avec quelque chose en plus, une carrure de père de famille qui n’hésite pas à prendre ses responsabilités.
Les Gallois ont de quoi être fiers de leur parcours historique. Les joueurs ont fait honneur à Gary Speed, sélectionneur des Dragons de 2010 à 2011, parti brusquement et qui a été à l’origine du nouveau souffle de l’équipe nationale. Avec, à leur tête, un porte-drapeau de choix, nommé Gareth Bale.

L’insolite
A ses heures perdues, Gareth Bale passe beaucoup de temps à jouer au golf. Parfois trop, selon ses coéquipiers. En avril, lors du match contre Villarreal, il a déclaré forfait pour blessure. Le quotidien « Marca » a révélé que le Gallois l’avait aggravée… en allant jouer au golf. Une passion qui fascine le joueur, à tel point qu’il a émis le souhait de faire construire dans son jardin trois grands trous mythiques : le n°8 du Royal Troon, le n°17 du TPC Sawgrass et le mythique n°11 de l’Augusta National.

Le chiffre : 36,9
En kilomètres par heure, c’est la vitesse de pointe du joueur gallois selon l’étude du Club Pachuca de Mexico, dont le résultat à été validé par la FIFA. Appelez-le Speedy Bale !

Alexandre REYNAUD / PLANETE FOOT

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