Étranger

Gabriel Jesus, Citizen Pep

A 19 ans, l’attaquant de Palmeiras Gabriel Jesus a signé à Manchester City mais joue toujours à Sao Paulo, où il est prêté. Il va bientôt débarquer en Europe. C’est prévu pour janvier. Et ça devrait faire du bruit !

« Manchester City fait partie des meilleurs clubs du monde. Je suis vraiment heureux de savoir que je vais le rejoindre. L’équipe compte de très grands joueurs et un super entraîneur, avec lequel je peux énormément apprendre et progresser. »

Il était aux anges, le petit Gabriel Jesus, pour annoncer sa signature chez les Citize­­­­n. Il y avait de quoi, on le comprend, comme on imagine la satisfaction des dirigeants mancuniens d’avoir su attirer dans leurs filets l’un des poissons les plus convoités du banc cet été.
La Juve, le Real, les voisins d’United : tout le monde était à l’affût et Pep Guardiola a raflé la mise. « Son appel a beaucoup compté dans ma décision. Il m’a longuement parlé au téléphone, il m’a fait réaliser à quel point j’aimerais travailler avec lui. Je ne le connais pas personnellement mais il m’a vraiment rassuré sur son projet », poursuit le jeune prodige.
On se félicite aussi à City. Le directeur sportif, Txiki Beguiristain, a parlé d’« un des jeunes les plus talentueux et prometteurs du moment, avec une manière de jouer spectaculaire ». On fait comme on peut, c’est de bonne guerre et c’est normal, on vend le produit. Le survend ? « Gabriel Jesus sera bientôt mon playmaker », a carrément lâché un Guardiola tout sourire !
A 19 ans, le tout frais médaillé d’or des J.O. de Rio, aux côtés de Neymar, est-il un nouveau phénomène ou un énième feu de paille estival, un feu qui sera très vite étouffé sous le premier canadair à pression ? Un coup d’œil sur ses chiffres de l’année donne une tendance : il a marqué 11 buts et délivré 3 passes décisives en 14 matches de championnat avec Palmeiras en 2016. Il a par ailleurs marqué à quatre reprises en cinq rencontres de Copa Libertadores, la Ligue des champions d’Amérique du Sud, au cours de laquelle il a croisé Lo Celso, le futur crack annoncé du Paris SG, qui arrivera en Europe en janvier, comme lui. Il a aussi, face aux Argentins de Rosario, réussi un doublé et pris un carton rouge dans la ville de Lionel Messi et Marcelo Bielsa (3-3 au retour). En mars 2015, il avait effectué ses débuts avec Palmeiras après avoir marqué 37 buts en 22 matches avec les U17. Et après avoir été nommé révélation du championnat…
Au-delà des feuilles de stats, souvent révélatrices mais toujours assez froides, il y a la chaleur de l’entourage, la famille et ce quelque chose qui fait dire que le garçon est paré pour l’aventure du très haut niveau. Son père est mort lorsqu’il était jeune et depuis, il entretient une relation bien particulière avec sa maman, Vera Lucia.

« Oui, c’est vrai, nous sommes très proches. Elle me demande beaucoup, ce qui est très bien. Elle me fait confiance, j’ai été responsabilisé très tôt dans la vie. Du coup, j’ai grandi très vite. Pas le choix avec les difficultés que nous avons connues. Elle nous dit, à mes frères et à moi, toujours la vérité et sa sincérité nous aide beaucoup. »

Gabriel a grandi au sein de la « comunidade » de Jardim Peri, sorte de favela de Sao Paulo. Sorte seulement parce que la comunidade est répertoriée moins dangereuse que la favela. Mais ça vous forge quand même une enfance et une adolescence. Tout nouveau champion olympique, il vient de fêter ses premières sélections avec les grands, pour les qualifications menant à la Coupe du monde 2018. Résultat : une victoire en Equateur 3-0, un doublé et une passe décisive pour sa pomme !
Ronaldo (le vrai, pas Cristiano) a eu ces mots après l’avoir zyeuté : « Quand je l’ai vu, je me suis revu à mes débuts. » Deux sélections, deux titularisations, deux victoires pour lui et la Seleçao à la sauce Tite, le successeur de Dunga, puisqu’après Quito, ils ont remis ça à Manaus, contre la Colombie (2-0).
« J’ai toujours eu le goût du travail et de l’effort, assure Jesus. C’est pourquoi j’essaie de donner le meilleur, aussi bien tactiquement que physiquement. Depuis que je suis tout petit, depuis l’époque où je jouais dans la rue avec mes amis, je tente d’appliquer les instructions de mes entraîneurs. Je reste le même aujourd’hui. Je considère qu’il est très important de rentrer sur le terrain en sachant exactement ce que j’ai à faire pour aider mon équipe. C’est aussi pour cela que j’ai choisi Manchester City. Le choix était difficile mais à la fin, mon désir d’apprendre l’a emporté. Je me battrai pour jouer ailier, je préfère évoluer à gauche plutôt qu’avant-centre mais à vrai dire, je suis prêt à jouer partout. »
On l’écoute, on l’imagine avec le maillot bleu ciel sur les épaules et on reprend un flash en pleine figure, une discussion avec Habib Beye en juin dernier, sur un bord de pelouse, avant un match de l’Euro. Habib, nouveau consultant numéro un du Canal Football Club, expliquait pourquoi il était fan de Guardiola. « Tu as vu Kingsley Coman cette saison ? On dit qu’il explose, qu’il est phénoménal. Je suis tout à fait d’accord. Mais regarde les autres, tous ceux qui passent entre les mains de Guardiola. Ce mec, il fait progresser tous les joueurs qu’il touche de façon incroyable. Tu te rappelles de Sergio Busquets à ses débuts ? Tu vois le Busquets d’aujourd’hui ? C’est assez impressionnant. » Ce n’est pas faux et c’est une sacrée promesse pour janvier !

Profil

Gabriel Fernando de Jesus
• Né le 3 avril 1977 à Sao Paulo
• 1,75 m, 70 kg
• Attaquant
• International A (Brésil)
Première sélection : le 1er septembre 2016 à Quito, Equateur-Brésil 0-3 (qualification pour la Coupe du monde)
• Palmarès : champion olympique 2016 avec le Brésil
• Roadbook : Palmeiras (BRE), Manchester City (ANG, à partir de janvier 2017)

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