Étranger

Face-à-face : Sergio Agüero VS Zlatan Ibrahimovic

Le renard et le corbeau. A gauche, Sergio le Gaucho. Taureau ailé, City au cœur et cuisses en fonte. A droite, « Ibra » le Suédois. Red Devil en acier trempé, géant de MU à la melonite aigüe. Mais au fait, à Manchester, qui c’est le plus fort ?

CONDUITE DE BALLE

Sergio Agüero, 10/10
S’il excelle au démarquage et dans sa science de l’appel, l’Argentin est aussi un manieur assez impressionnant lorsqu’il part en conduite de balle. C’est souv­ent à très haute intensité, pour ne pas dire en sprint, et c’est toujours pareil : le ballon lui colle aux pieds. Son centre de gravité très bas lui permet de multiplier les touches avec toujours le même bonheur. Techniquement, il n’y a rien à jeter. Et physiquement, avec les deux masses que constituent ses cuisses, ça devient du très lourd.

Zlatan Ibrahimovic, 10/10
Il n’a pas, ce n’est pas peu dire, le même centre de gravité que le « Skyblue ». Mais c’est là aussi qu’il impressionne le plus, là qu’il s’est, depuis le début de sa carrière, distingué. Zlatan balle au pied, c’est un physique de peintre en bâtiment, 1,95 m faut-il le rappeler, mais avec la colle du tapissier sur les chaussures. Le voir évoluer en conduite de balle semble toujours facile. C’est oublier qu’il culmine à près de deux mètres. Demandez la même chose à Peter Crouch ou à Lacina Traoré, par exemple. Ou à Edinson Cavani…

FRAPPE

Sergio Agüero, 9/10
Il est, grâce à ses cuisses, en particulier, et sa masse musculaire, en général une mitraillette aux abords de la surface. Sur une seule touche de balle, voire en première intention, il déclenche même quand personne n’avait aperçu l’ouverture. Et quand la porte est fermée, il sait trouver un angle de tir, même minime. Sa frappe peut être surpuissante tout en restant très précise. Il a toutes les couleurs sur sa palette. Et même s’il a un géant face à lui, on a bien envie de lui donner un point de plus dans le domaine. En plus, il est dans la fleur de l’âge et donne l’impression de pouvoir encore s’épaissir.

Zlatan Ibrahimovic, 8/10
OK, il est toujours aussi impressionnant lorsqu’il déclenche un coup franc à 20, à 25 ou même 30 mètres. Sa frappe, sur coup de pied arrêté, reste monstrueuse. Mais déjà, il en cadre moins qu’avant. Et surtout, il n’est pas une machine à frapper comme peut l’être Sergio Agüero. Ses années PSG ont confirmé sa tendance à décrocher, remiser et plonger. Il marque beaucoup plus de buts dans la surface qu’en dehors. Un autre souvenir ? Son un contre un manqué face à Joe Hart, en quarts de finale de Ligue des champions au printemps. Encore une frappe non cadrée.

DOMAINE AERIEN

Sergio Agüero, 9/10
On ne va pas lui mettre un 10 parce qu’on ne veut pas être ridicule non plus : il ne fait « que » quatre centimètres de plus que Lionel Messi. Mais il le mériterait tant son timing dans les airs est une merveille. On insiste un peu mais il possède une telle armature musculaire. Sa détente sèche est sidérante, son sens du déplacement, par rapport au ballon, inné, même quand la balle est aérienne. Et en plus, il aime aller à la mailloche. Carrément un petit taureau doté d’un vrai sens du but avec son front. Technicien complet.

Zlatan Ibrahimovic, 10/10
Il n’est pas le meilleur joueur du monde de la tête. D’ailleurs, ce n’est pas avec cette partie de son corps qu’il marque la majorité de ses buts. Vu sa taille, c’est presque une incohérence. Mais Zlatan mérite son 10 grâce à sa capacité à dompter les ballons aériens. Dans la protection de balle, bien sûr, mais on s’attarde ici sur les ballons aériens de but, ceux qui naviguent dans la surface. Et là, c’est avec l’ensemble de son corps qu’il est un peu seul sur sa planète. Une reprise du talon, un kung-fu, un but de la poitrine… Oui, il mérite son 10. Pas pour son jeu de tête mais pour son jeu aérien.

POIDS DANS L’EQUIPE

Sergio Agüero, 9/10
Meilleur buteur de l’histoire de Manchester City en Premier League, meilleur buteur argentin de l’histoire du championnat d’Angleterre, meilleur buteur de City sur une saison de Premier League (22 buts en 33 rencontres en 2014-15) : le « Kun » plante son territoire. A l’Atlético Madrid, il a marqué aussi : 102 buts en 233 rencontres (0,43 but par match), 74 buts en Liga (en 175 matches). Il pointe déjà à 25 pions en 48 matches de Ligue des champions. Oui, il a un certain poids. Mais il s’incline quand même face à l’incroyable ratio de Zlatan dans les grands championnats.

Zlatan Ibrahimovic, 10/10
Dans tous les clubs où il est passé, « Ibra » a laissé une trace indélébile. Paris ? Oui, bien sûr, meilleur buteur de l’histoire, meilleur joueur d’année en année… Mais le Suédois compile aussi les titres de meilleur buteur. Trois fois en France (2013, 2014, 2016), deux fois en Italie (2009 à l’Inter, 2012 à l’AC Milan). Et puis au-delà, il laisse cette impression d’avoir marqué son passage dans chacun de ses clubs comme personne. Même au Barça, où il fut le seul à s’ériger contre les principes de Pep Guardiola ! « Rebelle en herbe, veut protested ! » Oui, Sergio s’incline, on confirme.

PALMARES

Sergio Agüero, 8/10
C’est surprenant, on ne s’y attend pas, mais le « Kun » n’a rien à envier au « Z » ! Déjà, il est champion olympique. Oui, Môssieur. En 2008, à Pékin (avec Messi). Mais le petit taureau a aussi soulevé une Coupe UEFA et une Supercoupe d’Europe (en 2010) avec l’Atlético Madrid. Il faut maintenant y ajouter les titres glanés avec City (2 fois champion d’Angleterre, 1 Community Shield, 2 Coupes de la Ligue). A 28 ans, il en a plus dans le viseur que le Suédois et ses 35 printemps. Et dire qu’il a perdu trois finales, deux de Copa America et une de Coupe du monde…

Zlatan Ibrahimovic, 8/10
Le « Z » le répète assez souvent, assez fièrement pour qu’on s’en souvienne. Partout où il est passé, il a gagné. Champion des Pays-Bas (2002 et 2004 à l’Ajax), champion d’Italie (2007, 2008, 2009 à l’Inter, 2011 à l’AC Milan), champion d’Espagne (2010 à Barcelone), champion de France (4 fois avec Paris). C’est une encyclopédie de la gagne. Des Coupes ? Oui, partout aussi. Même une Supercoupe d’Europe et un Mondial des clubs, sur la vague du Barça. Mais il lui manque toujours cette Ligue des champions. Un vide grand comme lui.

VERDICT
Zlatan Ibrahimovic, 46/50
Sergio Agüero, 45/50

Populaires

Presse magazines

Société d’Édition de Sites Internet Musicaux et Sportifs

Vélo Tout Terrain Planète Cyclisme City Ride Ride it

© 2017-2018 Editions Blue Print / SESIMS

To Top