Équipe de France

Face-à-face : Paul Pogba vs Marco Verratti

Pas de gêne, que du plaisir ! A gauche, Monsieur Paul. Parigot pur jus, né à Lagny-sur-Marne, coqueluche de la Juve. « La Pioche » pour les intimes. A droite, Mister Marco. Enfant de Pescara, Rital pure souche, chouchou du Parc. « Bambino » pour son coach, « Petit Hibou » pour beaucoup. Leur association fait rêver le Paris SG ? On pose la question qui fâche : c’est qui le meilleur ?

■ DRIBBLES ET PRISE D’INITIATIVES

Paul Pogba : 8/10
Il a cette volonté permanente de ne pas se débarrasser du ballon. Toujours le contrôler, être en maîtrise pour délivrer la meilleure passe possible. Il n’hésite jamais à provoquer balle au pied, même dans sa zone de jeu la plus reculée, quand il se trouve près de sa surface de réparation. Exactement comme Marco mais avec, peut-être, un côté légèrement plus brut de décoffrage. Dans ses enchaînements balle au pied et ses feintes, des crêpes sucrées-salées que l’on n’a pas l’habitude de voir, même au niveau international, à son poste, c’est quand même très fort.

Marco Verratti : 9/10
Il est comme Paul : le ballon est son grand ami. Peut-être le meilleur d’ailleurs, sur le terrain, encore plus que certains de ses coéquipiers. Il a cette faculté de toujours tout voir plus vite que les autres. Son centre de gravité lui permet de garder le contrôle. Même avec un genou à terre, il lui arrive de réussir un crochet ! Il provoque, toujours, même dans ses vingt derniers mètres. C’est encore son péché mignon parfois. Mais qu’est-ce que c’est bon ! Est-ce dû à sa taille de mouche ? Il donne l’impression, dans cette situation, de perdre moins de ballons que Paul. Alors, il a un point de plus.

■ CONDUITE ET TECHNIQUE

Paul Pogba : 10/10
C’est du grand art, la tête toujours bien droite, le regard portant toujours très loin. C’est peut-être sur image arrêtée qu’on s’en rend le mieux compte. Il fait partie de cette race de joueurs qui ne regardent quasiment jamais leur ballon quand ils en ont la possession. Techniquement, c’est aussi une palette complète. Capable, dans le jeu long, de décocher une transversale de quarante mètres avec la même précision, du pied gauche comme du droit. Non, là, on n’enlève pas de point. Poitrine, tête, genou. Rien ne lui fait peur. Et surtout, tout est très propre.

Marco Verratti : 10/10
Le regard qui porte toujours très loin, la tête toujours bien droite… Oui, c’est aussi du grand art et c’est un peu, quand ils sont en conduite de balle et qu’ils cherchent la meilleure solution – parce qu’ils s’offrent toujours du temps, grâce à leur technique – qu’ils se ressemblent le plus ! Techniquement, Marco est une sorte de « Xaviniesta » en un peu plus petit (si, c’est possible, il mesure 1,65 m !). Une vraie régalade. C’est toujours très dur, voire impossible de lui prendre le ballon dans les pieds. Et il n’est pas possible, bien évidemment, de lui enlever le moindre point.

■ FRAPPE DE BALLE

Paul Pogba : 8/10
Elle est puissante et précise. On l’a dit par rapport à son jeu long, son pied gauche ne lui fait pas peur, bien au contraire. C’est pareil quand il se retrouve en position de frappe. Il est capable de déclencher du gauche, même s’il reste son pied d’appui naturel. Il possède une frappe de balle complète, qui peut être une feuille morte, voire une vieille bouse vicieuse, comme un missile de plus de vingt mètres. Ou même un bon intérieur du pied, sans contrôle si besoin, comme contre le Portugal en octobre 2014 sur le décalage de Karim Benzema (2-0 pour les Bleus). Mais il devrait s’en servir encore plus.

Marco Verratti : 4/10
Le gros point noir de son jeu. Il est certes un « quarterback » de premier plan, ses ballons longs, en cloche, par-dessus la défense, étant une offrande pour Edinson Cavani et Zlatan Ibrahimovic. Mais on ne le voit quasiment jamais tenter sa chance aux abords de la surface. Il renvoie, par cette absence, l’impression d’avoir une frappe de… hibou. Il n’a marqué que trois buts depuis son arrivée à Paris, dans une équipe qui a toujours la mainmise sur la possession. Ça peut paraître un peu dur mais c’est difficile, ce coup-ci, de lui accorder la moyenne.

■ A L’INTERNATIONAL

Paul Pogba : 8/10
Il vient de souffler ses trois ans en équipe de France. Paul a été sélectionné, la première fois, par Didier Deschamps en mars 2013 contre la Géorgie. Depuis, il n’a pas perdu de temps. D’abord pour devenir indispensable au milieu et au jeu des Bleus. Ensuite pour polir son début de carrière cinq étoiles : élu meilleur jeune de la Coupe du monde au Brésil 2014, Didier Deschamps ne lui en voudrait pas de changer de catégorie en juin prochain. Et puis il a aussi été le capitaine des U20 champions du monde 2013.

Marco Verratti : 7/10
Contrairement à Leonardo et au PSG, l’équipe d’Italie a mis du temps à lui donner les clés du camion. Le poids d’Andrea Pirlo, sans doute. Mais Marco a repris les choses en main depuis le début de la saison. Il atteindra les 20 sélections, normalement, à l’Euro. Antonio Conte, qui en connaît un rayon sur le cœur du jeu (un peu comme Deschamps, avec qui il se partageait le milieu de la Juve il y a vingt ans), attend un peu tout de lui. Mais il semble encore un ton en dessous de Paul.

■ PRÉPARATION MENTALE

Paul Pogba : 8/10
Il n’a pas peur de la pression. Au contraire, il s’en nourrit. Il aime les défis, il semble assumer de mieux en mieux son destin hors normes et se trouve donc, de plus en plus, à l’abri du pétage de plombs. Aguerri ? Peut-être, comme le prouve le ménage qu’il a effectué dans son entourage, avec l’arrivée de Mino Raiola dans le cercle, ce qui n’est pas neutre. Pogba, c’est un peu comme les joueurs de tennis qui râlent et qui montrent leurs émotions sur le court. Ça fait du bien. Mais attention quand même à la faute bête. Remember Mats Hummels à Rio… Allez, ça vaut un 8.

Marco Verratti : 8/10
Le match qu’il a délivré contre Chelsea à l’aller, alors qu’il revenait de blessure et qu’il jouait sur une jambe, est la marque des plus grands champions. « Plus le match avançait, mieux il était », se souvient Laurent Blanc, un peu ébloui en zone mixte, après le match. « Ce soir, Bambino a été fantastique ! » C’est une photographie mais aussi une preuve de sa force mentale. Quand la route s’élève, il n’a pas peur. Jamais. Un petit hic, cependant, avec cette propension à prendre encore trop de cartons, soit pour une faute bête, soit pour une réflexion. Chut, Marco, et prends ton 8 !

LE VERDICT
Paul Pogba : 42/50
Marco Verratti : 38/50

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