Équipe de France

Euro 2012 : Croatie (Groupe C), la dynamique du barrage

Les hommes de Slaven Bilic se sont repris juste à temps pour se qualifier. Ils n’ont pas fait semblant, l’emportant nettement en Turquie. Match référence et ambitions de retour, forcément. Alors attention !

Petit, jeunot mais costaud ! Telle pourrait être la devise de l’équipe au damier. Nouvelle preuve que la qualité n’a pas de limite d’âge, dans un sens comme dans l’autre, la Croatie, issue de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie il y a 20 ans à peine, vient de se qualifier pour son troisième Euro de rang. Sa quatrième participation sur les cinq tentatives. Le tableau de chasse d’un véritable mastodonte. Même pas peur, les Croates.
Quarts de finaliste en Autriche et en Suisse, lors de la dernière édition, ils ont pourtant bien failli rester à quai ce coup-ci. Mais les joueurs de Slaven Bilic ont su se sortir des griffes jamais très accueillantes des barrages. Et pas n’importe lesquelles. Leur victoire (3-0) dans le cratère de la Turk Telecom Arena d’Istanbul, lors du match aller, a été un peu plus qu’un match qui fait basculer l’histoire. Elle a aussi apporté sa hotte de certitudes. Décriés tout au long du parcours éliminatoire, le jeu et les hommes de Bilic ont fait taire les critiques de la plus belle des manières. « Il y avait beaucoup de pression sur nous. Ce match était décisif pour la qualification pour l’Euro et en plus, nos derniers résultats étaient décevants. Nous avions quelque chose à prouver. Sur un rendez-vous décisif comme celui-là et dans ce contexte, je suis ravi que nous soyons parvenus à le faire », explique le sélectionneur. Ivica Olic (en photo) ne se cachait pas après la victoire 3-0 en terre turque. « Nous avons livré une grande prestation. La Turquie ne s’est pas créé la moindre occasion. Sur son terrain, c’est une performance remarquable de notre part. »
L’attaquant du Bayern Munich, mis à l’écart depuis le début de la saison par Jupp Heynckes et donc en sérieux manque de temps de jeu, revit en sélection. A 32 ans, il sait qu’il approche de la dernière compétition internationale de sa carrière. En juin, Olic sera de la partie et il le dit. « Nous méritons totalement notre victoire et notre place à l’Euro. » Des propos repris par Luka Modric, petite merveille et grand maître à jouer de l’équipe. « Je pense que nous serons à notre place à l’Euro. On est heureux parce qu’on a réussi à passer face à une grande équipe de Turquie. »
Survivre à la roulette russe des barrages peut être annonciateur des plus belles épopées. On ne reviendra pas ici sur l’incroyable aventure des Danois, repêchés in extremis suite à l’exclusion de… la Yougoslavie en 1992, qui déboucha sur un sacre aussi spectaculaire qu’inattendu. Côté croate, on sait les bienfaits du jusque-boutisme. Mario Mandzukic, attaquant de Wolfsburg régulièrement aligné par Slaven Bilic en pointe, accrédite la thèse du match référence. « Le score pourrait faire croire à une promenade de la Croatie mais ce n’est pas le cas. Au contraire, une telle victoire n’est jamais anodine. Il faut aller la chercher. Chacun de nous a évolué à son meilleur niveau. Dans ces cas-là, nous pouvons obtenir les résultats auxquels nous aspirons. »
Revigorés et requinqués, les Croates. Leur retour aux affaires ajoute un client de choix sur la ligne de départ. Preuve de la richesse du réservoir, c’est sans Pladen Petric, Ivan Strinic et Niko Kranjcar que Bilic a confectionné son groupe pour les barrages. Du beau monde à tous les postes, de la qualité technique et un caractère bien trempé : le portrait sied assez bien à la Croatie, qu’il ne fait jamais bon croiser en phase finale. Même l’Allemagne, qui s’était inclinée contre elle en poule (2-1) il y a quatre ans, au milieu des sapins autrichiens à Klagenfurt, ne fait pas la maligne. C’est dire ! Petit mais costaud, c’est aussi l’avis de Josip Simunic, le robuste défenseur au damier. « J’espère que nos supporters viendront nombreux nous encourager. On a été critiqué pendant les matches éliminatoires mais on a finalement réussi à se qualifier. C’est la quatrième fois en cinq tentatives, ce n’est pas si mal pour un pays de quatre millions d’habitants ! » Soit moins de la moitié de la région parisienne…

L’équipe-type
Stipe Pletikosa • 1,93 m, 83 kg • Rostov (RUS)

Vedran Corluka • 1,93 m, 88 kg • Tottenham (ANG)
Josip Simunic • 1,95 m, 89 kg • Dinamo Zagreb
Dejan Lovren • 1,88 m, 84 kg • Lyon
Danijel Pranjic • 1,72 m, 67 kg • Bayern Munich (ALL)

Darijo Srna • 1,82 m, 78 kg • Shakhtior Donetsk (UKR)
Luka Modric • 1,73 m, 65 kg • Tottenham (ANG)
Ivan Rakitic • 1,84 m, 72 kg • FC Séville (ESP)

Mario Mandzukic • 1,86 m, 76 kg • VFL Wolfsburg (ALL)
Eduardo da Silva • 1,77 m, 73 kg • Shakhtior Donetsk (UKR)
Ivica Olic • 1,82 m, 82 kg • Bayern Munich (ALL)

Euro star : Luka Modric
Il joue tous les matches, de la première à la dernière minute. Il a encore disputé l’intégralité de la phase éliminatoire de la Croatie, barrages inclus. Dans l’équipe de Slaven Bilic, Modric, c’est « Pas toucher ». A Tottenham non plus d’ailleurs. La pépite croate a fait l’objet d’une offensive effrénée de Chelsea et de Manchester City, l’été dernier, sur le marché des transferts. Une lutte restée vaine, le président Daniel Lévy jouant presque sa chemise sur le coup. « S’il veut, il peut rester un Spur à vie, c’est mon vœu le plus cher », a déclaré le boss. Des mots à la hauteur de l’enjeu. Car posséder ce petit bonhomme dans son équipe change singulièrement pas mal de choses. On salive et on bave sur l’association Xavi-Iniesta au Barça ? Dire que Modric rassemble la justesse de passe de l’un et la vitesse d’exécution de l’autre n’est pas une supercherie. D’ailleurs, ça donnerait envie de l’imaginer au milieu du collectif du Barça. Ah non, pas possible, on avait oublié la ténacité de M. Lévy en affaires ! Les fans des Spurs ont de la chance. Avis aux autres. Rien que pour lui, ça vaudra le coup de regarder les matches de la Croatie à l’Euro.

Visa pour l’Euro
• Superficie : 56 542 m2
• Population : 4,3 millions d’habitants
• Capitale : Zagreb
• Fédération : Hrvatski Nogometni Savez
• Site Internet : www.hns-cff.hr
• Année de fondation : 1912
• Affiliation FIFA : 1992
• Affiliation UEFA : 1993
• Classement FIFA : 8e
• Couleurs : Maillot à damier bleu et rouge, short bleu, bas bleus
• Equipementier : Nike
• Palmarès mondial : Néant
• Palmarès européen : Néant
• Bilan Euro : 3 participations (1996, 2004, 2008) ; 11 matches, 5 v, 4 n, 2 d, 14 bp-13 bc
• Meilleure performance : Quarts de finale en 1996 et 2008
• Meilleur buteur : Davor Suker (3 buts en 1996)

Calendrier 1er tour 2012
– Dimanche 10 juin à 20h45, Stade Miejski à Poznan
Croatie-Irlande
– Jeudi 14 juin à 18h, Stade Miejski à Poznan
Croatie-Italie
– Lundi 18 juin à 20h45, Stade PGE Arena à Gdansk
Croatie-Espagne

Le groupe de la qualification
G : Stipe Pletikosa, Rostov (RUS)
G : Vedran Runje, Lens
D : Vedran Corluka, Tottenham (ANG)
D : Dejan Lovren, Lyon
D : Danijel Pranjic, Bayern Munich (ALL)
D : Gordon Schildenfeld, Eintracht Francfort (ALL)
D : Josip Simunic, Dinamo Zagreb
D : Ivan Strinic, Dniepropetrovsk (UKR)
D : Domagoj Vida, Dinamo Zagreb
D : Sime Vrsaljko, Dinamo Zagreb
M : Milan Badelj, Dinamo Zagreb
M : Tomislav Dujmovic, Dinamo Moscou (RUS)
M : Niko Kranjcar, Tottenham (ANG)
M : Luka Modric, Tottenham (ANG)
M : Ivan Perisic, Borussia Dortmund (ALL)
M : Ivan Rakitic, FC Séville (ESP)
M : Dario Srna, Shakhtior Donetsk (UKR)
M : Ognjen Vukojevic, Dynamo Kiev (UKR)
A : Mate Bilic, Gijon (ESP)
A : Eduardo, Shakhtior Donetsk (UKR)
A : Ivo Ilicevic, Hambourg SV (ALL)
A : Nikica Jelavic, Glasgow Rangers (ECO)
A : Nikola Kalinic, Dniepropetrovsk (UKR)
A : Ivan Klasnic, Bolton (ANG)
A : Mario Mandzukic, Wolfsburg (ALL)
A : Ivica Olic, Bayern Munich (ALL)
A : Mladen Petric, Hambourg SV (ALL)
(27 joueurs utilisés)

Parcours en éliminatoires
2e du groupe F ; 22 points, 7 v, 1 n, 2 d, 18 b.p.-7 b.c.
Vainqueur en barrage de la Turquie
3.09.2010 : Lettonie-Croatie 0-3 (Petric, Olic, Srna)
7.09.2010 : Croatie-Grèce 0-0
9.10.2011 : Israël-Croatie 1-2 (Kranjcar 2)
17.11.2010 : Croatie-Malte 3-0 (Kranjcar 2, Kalinic)
26.03.2011 : Géorgie-Croatie 1-0
3.06.2011 : Croatie-Géorgie 2-1 (Mandzukic, Kalinic)
2.09.2011 : Malte-Croatie 1-3 (Vukojevic, Badelj, Lovren)
6.09.2011 : Croatie-Israël 3-1 (Modric, Eduardo 2)
7.10.2011 : Grèce-Croatie 2-0
11.10.2011 : Croatie-Lettonie 2-0 (Eduardo, Mandzukic)
Barrage :
11.11.2011 : Turquie-Croatie 0-3 (Olic, Mandzukic, Corluka)
15.11.2011 : Croatie-Turquie 0-0

Comment ils jouent
Du centimètre, du quadriceps et des os solides derrière. Si Slaven Bilic a fait plusieurs fois confiance à Gordon Schildenfeld, c’est Dejan Lovren qui devrait (s’il n’est pas blessé) former la charnière centrale aux côtés de Josip Simunic. Vedran Corluka à droite et Danijel Pranjic à gauche ferment les couloirs alors que Dario Srna, le capitaine du Shakhtior Donetsk, arrière latéral de formation, peut évoluer un cran plus haut, toujours à droite et de façon toujours aussi tranchante. Au milieu, Luka Modric régule, décroche et déclenche. Ivan Rakitic est l’abonné des tâches défensives et doit bétonner l’axe, devant la charnière, mais le bloc mis en place par Bilic a une caractéristique qui perdure : dans son équipe, tout le monde attaque et tout le monde défend. Les cas particuliers Pranjic (ancien attaquant devenu arrière gauche) et Srna en sont deux parfaits symboles. A la récupération du ballon en phase basse, les Croates sont capables de (très) vite exploser vers l’avant, en limitant le nombre de touches et de passes. Ils savent aussi confisquer la chique et endormir leur adversaire en installant un faux rythme. Enfin, le leur. Très difficile à jouer. Et devant, si Eduardo, le Brésilien naturalisé, ancien d’Arsenal (au Shakhtior aujourd’hui), est en pleine possession de ses moyens, ils disposent en plus d’un vrai tueur de surface. Gare, donc !

Le coach : Slaven Bilic
• 43 ans
• En poste depuis août 2006
• Poste précédent : sélectionneur de la Croatie Espoirs

La décla
« Voilà un groupe difficile. J’ai toujours dit que c’était le championnat sportif le plus cruel car on ne trouve aucun adversaire faible. Ce sont les seize meilleures équipes d’Europe. Nous avons le privilège d’affronter les champions du monde en titre et d’anciens champions du monde. Sans parler de l’Irlande que l’on a croisée en amical. Giovanni Trapattoni est un génie et je suis impatient de le retrouver. Nous ne sommes pas favoris mais cela ne m’effraie pas. Derrière l’Espagne qui me paraît au-dessus du lot, les trois formations auront leur mot à dire. » (Slaven Bilic)

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