Équipe de France

Espagne : Un champion en question

La déroute brésilienne à la Coupe du monde a-t-elle été un accident ou l’amorce du déclin espagnol ? La réponse ne va plus tarder !

Il faut toujours considérer doublement l’échec. Il y a ceux qui l’assument et parviennent à le digérer. Ceux-là savent s’en servir pour rebondir, par-delà les maux de ventre, corriger, se relever. Et puis il y a ceux qui n’y résistent pas, qui plongent corps et âme, aux antipodes du ciel dégagé, aux oubliettes du bon goût et de la confiance. On ne sait pas trop sur quel case de l’échiquier se trouve la Roja.
Sa Coupe du monde au Brésil l’a propulsée d’un coup, et peut-être au moment où on s’y attendait le moins, chez les défigurés du cortège. Les fesses toutes rouges et les yeux qui pleurent. Un tenant du titre renvoyé chez lui dès le 1er tour. Bon, ce n’est pas que ça nous a fait plaisir mais disons qu’on connaissait déjà la chanson. En les voyant sur les pelouses brésiliennes, on a revu nos Bleus sur le gazon de Corée du Sud, en 2002. Pour eux (les Bleus), on connaît la suite. Ce n’est pas encore le cas des Espagnols mais ça ne va plus trop traîner.
Ils sont les tenants du titre, ils ont réussi un incroyable triplé Euro-Coupe du monde-Euro qui leur octroie donc toujours une place sur le trône, malgré leurs fesses rouges depuis bientôt deux ans, et même s’ils sont assez intelligents pour se savoir un peu en dessous depuis les départs de Xavi, Xabi Alonso ou Carles Puyol, parce que ça ne se remplace pas, ils ont une farouche envie d’en découdre, histoire de se prouver à eux-mêmes, à leurs supporters (un peu) et à tous les autres (beaucoup) qu’ils sont encore là. C’est l’instinct du champion, la survie de la compétition, la Roja en est blindée et il ne faudra surtout pas l’oublier.
Vicente del Bosque, qui prendra une retraite bien méritée à partir de la mi-juillet, va vivre son ultime campagne et on peut mettre une petite pièce, aussi, sur l’impact de cette dernière auprès de ses joueurs, tant la moustache la plus tranquille d’Espagne inspire le respect. Dernière preuve en date, l’homme à la tête de cocker n’a pas retenu Diego Costa lors du rassemblement de mars, le dernier avant la publication de la liste des 23. Un « DC » coupable, une nouvelle fois, de gestes dont il a le secret (il a mimé une morsure dans le cou et craché sur les pompes de l’arbitre) contre Everton en Cup. « Personne n’est écarté, a déclaré Del Bosque, même Diego Costa qui joue plutôt bien d’ailleurs ces derniers temps. Mais il y a un aspect disciplinaire, nous aimons que nos joueurs aient un bon comportement. » Pas sûr, donc, qu’on aperçoive le roquet pas beau à l’Euro.
C’est d’ailleurs devant que la liste espagnole conserve le plus d’incertitudes. Avec (ou sans) Costa, il faudra encore choisir entre Aritz Aduriz, au top avec l’Athletic Bilbao, Alvaro Morata, pas mal à la Juve, et Paco Alcacer, que Del Bosque apprécie tout particulièrement. Il devrait y en avoir un de trop parmi ces trois-là. Voire deux, si l’affreux est finalement retenu. Ce qui n’est vraiment pas la tendance actuelle. De toute façon, l’Espagne joue mieux sans lui.

Bilan Euro :
• 9 participations (1964, 80, 84, 88, 96, 2000, 2004, 2008, 2012)
• 36 matches, 17 v, 11 n, 8 d, 50 bp-32 bc
• Meilleure performance : vainqueur en 1964, 2008 et 2012
• Meilleur buteur : Fernando Torres (5 buts ; 2 en 2008, 3 en 2012)

La cote de Planète : 5

Classement FIFA : 6e

Comment ils jouent
A une touche de balle. Mais sans forcément aller très vite. Ce n’est pas un paradoxe, c’est leur caractéristique, leur culture du jeu, avec une défense basée sur la possession du ballon, que leur justesse technique – à tous les postes du terrain – rend possible pour eux et souvent indéchiffrable pour les autres. Soit on s’épuise, soit on les coupe en deux. Mais il ne faut pas se louper. Car à la moindre incartade, leur justesse de pied et la précision de leurs passes vous transpercent… en une seule touche de balle. Devant Gerard Piqué et Sergio Ramos en charnière, Sergio Busquets fait à peu près tout entre les lignes. Andres Iniesta reste Andres Iniesta, David Silva un immense joueur et la relève ne manque pas d’arguments. Mais il reste une interrogation au poste 9 (Diego Costa, Morata, Alcacer ?).

Le coach : Vicente Del Bosque
Né le 23.12.1950 à Salamanque
En poste depuis juillet 2008
98 matches, 76 v, 8 n, 14 d

Leurs éliminatoires
1er du groupe C
27 pts, 9 v, 1 d, 23 bp-3 bc
08.09.2014 : Espagne-Macédoine 5-1 (Ramos, Alcacer, Busquets, Silva, Pedro)
09.10.2014 : Slovaquie-Espagne 2-1 (Alcacer)
12.10.2014 : Luxembourg-Espagne 0-4 (Silva, Alcacer, Diego Costa, Bernat)
15.11.2014 : Espagne-Biélorussie 3-0 (Isco, Busquets, Pedro)
27.03.2015 : Espagne-Ukraine 1-0 (Morata)
14.06.2015 : Biélorussie-Espagne 0-1 (Silva)
05.09.2015 : Espagne-Slovaquie 2-0 (Jordi Alba, Iniesta s.p.)
08.09.2015 : Macédoine-Espagne 0-1 (Pacovski c.s.c.)
09.10.2015 : Espagne-Luxembourg 4-0 (Cazorla 2, Alcacer 2)
12.10.2015 : Ukraine-Espagne 0-1 (Mario Gaspar)

La parole à… Iker Casillas
Avec ses 166 sélections au compteur, il est le joueur le plus capé de l’histoire du football européen ! David De Gea peut lui voler la vedette à l’Euro ? Il compte bien y jouer son rôle. Majeur, comme d’habitude. « Je ressens toujours la même chose avec la sélection : responsabilité, fierté, satisfaction, joie. Pour moi, chaque rendez-vous avec l’équipe nationale est comme un premier jour. J’éprouve aussi un respect total pour ceux qui m’ont précédé et je viens toujours avec la volonté de tout faire pour les supporters. » C’est dit !

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