Équipe de France

Eh bien jouez, maintenant ! (2)

C’est l’heure du grand vertige. L’Euro est là, à portée de main. Promesse tenue, pas encore chose due, mais les Bleus veulent aller au bout de leur rêve. Pour mieux les suivre, voici notre dossier complet 100% équipe de France. Dix questions clés, pour mieux ouvrir les coffres-forts. Avec des micros et des appareils photos cachés, on vous emmène aussi à l’intérieur de Clairefontaine. Au plus près des Bleus. On vous présente également les hommes de l’ombre, le staff tricolore au grand complet. Dossier top confidentiel !

Les Bleus en 10 questions

Parce qu’on a envie de les suivre, parce qu’on envie d’y croire, parce que rien ne sera facile, voici les 10 clés du parcours des Bleus. Dix questions pour en faire des champions.

6. Quels dangers peuvent les guetter ?
L’incroyable cascade d’absences qui a transformé la ligne défensive en champ de ruines (dans le désordre : Raphaël Varane, Kurt Zouma, Mamadou Sakho, Jérémy Mathieu, Mathieu Debuchy, Benoît Trémoulinas, Lassana Diarra) ne sera pas sans conséquences. Didier Deschamps prépare son équipe depuis deux ans ? Il a dû préparer sa défense en deux semaines.
Le rappel d’Adil Rami, passé directement de l’ignorance à la liste des 23 puis à une place dans le onze, n’est pas un phénomène de mode : le sélectionneur tricolore n’a pas vraiment eu le choix, parce qu’il privilégie Laurent Koscielny à gauche de l’axe, au détriment d’Eliaquim Mangala. Surtout, le forfait de Jérémy Mathieu et le rappel de Samuel Umtiti transforment Rami en unique vrai spécialiste du poste de stoppeur droit. Du bricolage forcé mais du bricolage quand même.
S’ils encaissent deux buts au moins par match (comme contre les Pays-Bas, la Russie et le Cameroun) jusqu’à la fin juin, les Bleus ne verront pas juillet. Au-delà de ce « constat de force majeure », il faudra faire attention à la face cachée de l’engouement populaire. Portés par une grosse vague d’amour et d’optimisme, les joueurs ne devront pas s’endormir et transformer leur escorte en leurre. Il y aura du bruit et du soutien dans les tribunes, c’est une certitude. Mais sur le terrain, c’est une guerre qui les attend. A ce niveau-là, on peut toujours craindre le manque d’expérience de certains. Il y a les jambes de feu de la jeunesse. Mais on ne peut pas tout avoir.

7. De quel poids Didier Deschamps peut-il peser sur le tournoi ?
De tout son poids. Si les Tricolores sont encore en manque de patron(s), il y a un vrai boss. Et c’est lui. Il représente encore, quatre ans après sa nomination, l’expérience avec un grand « E », celle qui peut faire défaut à certains de ses joueurs, voire certains de ses cadres. De son premier rassemblement à sa dernière causerie, les mots sont les mêmes, les objectifs aussi. Deschamps personnifie la caution, l’ambition du groupe.
Vicente del Bosque (champion du monde et champion d’Europe avec l’Espagne en 2010 et 2012) et Joachim Löw (champion du monde avec l’Allemagne en 2014) sont les deux seuls sélectionneurs consacrés du plateau. A leurs côtés, seul « DD » affiche le même palmarès (en tant que joueur) sur la ligne de départ. Quand la route commence à grimper et que l’air se raréfie, c’est une donnée qui peut compter. Il connaît son groupe et son staff par cœur, ce qui l’attend et le contexte sur le bout des doigts. Il se fixe des objectifs.
L’année 2016 est depuis longtemps griffonnée dans son calepin. Même l’amoncellement de tuiles qui se sont fracassées sur la Maison bleue ces derniers temps n’a pas changé la teneur de son discours : « L’ambition, on doit la garder, ne pas faire profil bas. A partir du moment où on est là, il faut rester compétitif et tout mettre en œuvre pour aller le plus loin possible. » Les Bleus iront-ils au bout ? En tout cas, on est sûr que leur coach fera tout pour.

8. Sont-ils plus forts qu’en 2014 ?
La logique voudrait répondre oui. La réalité est tout autre. Deux ans de plus, OK, mais… Le premier semestre 2015 a fait tache, avec trois défaites de rang (Brésil, Belgique, Albanie) qui n’ont fait rire personne, et surtout pas Deschamps. L’élan est reparti en septembre mais le 13 novembre a jeté un voile noir sur les (bonnes) performances tricolores. De fait, la défaite en Angleterre, quatre jours après les attentats de Paris, reste la seule de la saison. Huit victoires à la suite, quand même, si on met la si spéciale soirée de Wembley entre parenthèses.
Deux ans de matches amicaux en plus.
L’heure de la validation a sonné mais sans Karim Benzema, l’attaquant numéro un dans la hiérarchie, ni Raphaël Varane, le taulier de la défense. « KB » s’est mis hors-jeu tout seul. L’émergence de la nouvelle vague et les talents qui se cognent en attaque rassurent. En son absence, la densité de joueurs, l’émergence de Dimitri Payet, Kingsley Coman et Anthony Martial et la nouvelle dimension prise par Antoine Griezmann font des Bleus une équipe plus forte en attaque aujourd’hui qu’il y a deux ans. Mais question défense, ce n’est pas la même limonade. Et c’est rarement, pour ne pas dire jamais avec la meilleure attaque du monde qu’on va au bout d’une phase finale internationale.
C’est le paradoxe de cette équipe. Elle donne encore l’impression de marcher sur un fil mais elle donne envie de monter dessus avec elle. Vu comme ça, oui, elle est plus forte qu’il y a deux ans. Mais il reste des incertitudes à gommer.

9. Quel sera l’impact du banc sur l’équipe ?
L’absence de Jérémy Mathieu, qui prive Deschamps d’une solution à choix multiples entre l’axe gauche et le côté gauche de la défense, est palliée par Samuel Umtiti, lui aussi gaucher et lui aussi capable de compenser aux deux postes (même s’il est plus à l’aise en central, où il est installé depuis plusieurs saisons maintenant à Lyon). Derrière, Eliaquim Mangala est également gaucher et si Laurent Koscielny reste fixé sur ce côté-là, Bacary Sagna peut prétendre glisser dans l’axe, à droite, si besoin. En fait, ce n’est pas en défense que le banc doit avoir de l’impact. L’idée serait au contraire de stabiliser les quatre, de leur donner des certitudes, puisqu’on ne peut leur donner du temps.
Au milieu, Ngolo Kanté s’affirme déjà et heureusement, compte tenu du forfait, juste avant le dépôt des listes, de Lassana Diarra. Sa capacité à gratter des ballons dans les pieds et à couper les lignes de passe est une assurance tous risques quand il faut garder un score. Moussa Sissoko apporte, lui, sa puissance et sa vitesse de course. Il peut faire du grabuge s’il met tout son punch et appuie sur une défense qui tire la langue, dans le dernier quart d’heure par exemple. Yohan Cabaye est capable d’évoluer partout sur le terrain, on l’a vu contre le Cameroun au début de la préparation, où il a quasiment joué en 10.
Mais c’est surtout devant que le banc peut faire le plus mal. Les différences que sont susceptibles de réaliser Kingsley Coman et Anthony Martial sur les côtés et l’alternance au poste 9 entre Olivier Giroud et André-Pierre Gignac, deux profils différents, élargissent la palette du sélectionneur.

10. Sont-ils armés pour aller au bout ?
Et pourquoi pas ? On va positiver. A l’image du refrain que toute la troupe nous renvoie depuis le premier jour de la prépa, à Biarritz. Même discours, même confiance, même envie. Mêmes mots pour tous. « Nous voulons aller au bout. L’Euro, tout le groupe en rêve et c’est tous ensemble qu’on va aller le chercher. Nous sommes portés par une force indestructible. On y va pour rapporter le trophée et rien d’autre. » On ne peut pas dire qu’ils parlent dans le vide. Ce groupe a déjà montré sa force de caractère. Aux Pays-Bas en mars, les Bleus ont su s’arracher pour obtenir la victoire dans les dernières minutes. Idem contre le Cameroun, quand Payet a donné la victoire dans les ultimes secondes. C’est vrai que la Beaujoire, privée d’Euro et toute en bleu pour le coup, ne méritait pas un résultat nul.
Dimitri Payet, justement. Sa réussite sur coups de pied arrêtés, un domaine où, depuis de trop longues années, l’équipe de France faisait chou blanc, constitue un vrai plus, qui peut se transformer en coup de baguette magique. Notamment face aux murs qui vont se dresser dès le premier tour, quand il faudra contourner des défenses ultra-renforcées. Et par la suite aussi, dans des rencontres à 90 minutes ou plus, si affinités. Dans des matches au couteau, l’atout Payet peut devenir une arme fatale. Faire tomber les forteresses les plus imprenables. Avec lui et la clique des fous furieux aux jambes de feu, tout est possible. Aller au bout ? Chiche !

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