Équipe de France

Djibril Sidibé, Fabinho made in France

Le garçon formé à Troyes compile toutes les qualités du latéral moderne. Au point de pouvoir évoluer à gauche, à droite et même au milieu. Un vrai Fabinho numéro deux mais en bleu.

Les accros de la Ligue 2 seront d’accord avec nous, on se souvient vraiment de sa silhouette légèrement effilée, pas trop grande mais athlétique quand même, quand il déboulait dans le couloir droit de l’ESTAC. Jean-Marc Furlan, qui l’avait lancé dans l’Aube, n’a pas oublié lui non plus. « Au départ, il jouait dans l’axe. Mais je lui ai vite demandé d’y renoncer parce qu’il me semblait très intéressant dans le couloir par rapport à son volume athlétique, sa capacité à répéter les courses à haute intensité et son envie de se projeter toujours vers l’avant. Il avait trop envie de courir, de se dépenser sur un terrain de foot, pour rester cloisonné au poste d’arrière central. Surtout, il avait la capacité athlétique et le volume aérobie pour le faire. Lorsque nous sommes montés en Ligue 1, il a réussi une saison exceptionnelle. »
Il a été vendu au LOSC, il avait 20 ans, il était dans l’ombre de Sébastien Corchia en équipe de France Espoirs mais il faisait, lui aussi, figure de promesse au poste de latéral droit. Et puis il s’est révélé au cours des six premiers mois de l’année 2016 à Lille, sous la houlette de Frédéric Antonetti. Comme une explosion, un craquage en règle. Furlan encore : « Quand je l’ai vu avec Lille, j’ai tout de suite compris qu’il faisait partie des trois meilleurs arrières latéraux du championnat. C’était une évidence. Je n’attendais plus que sa sélection en équipe de France. Didier Dechamps ne s’est pas trompé. »
Elle arrivera en deux temps. Pris dans la liste des réservistes pour l’Euro, Djibril a posé un premier crampon dans le ciel des Bleus en mai. Fin de saison mais grand chambardement. « J’étais là pour apprendre. J’ai eu la chance de côtoyer de grands joueurs. J’ai découvert, ouvert grand mes oreilles pour profiter pleinement de ce stage, tout simplement. Cela a constitué une grande découverte, une nouvelle étape dans ma carrière. »
Un petit tour pour voir. Début septembre, alors qu’il changeait déjà de cadre avec un transfert à l’AS Monaco, « DD » l’a sélectionné, pour de bon cette fois. Avec Sébastien Corchia, son ancien coéquipier du LOSC mais selon une hiérarchie inversée par rapport aux Espoirs. En l’absence de Bacary Sagna, Djibril a été plaqué d’entrée de jeu : numéro un. « J’ai été fier de disputer ce premier match contre l’Italie, une très grande équipe. Même si j’ai écopé d’un carton jaune très vite, j’ai su monter en puissance rapidement et ça s’est bien passé. »
ll a été présent dans les duels, fin techniquement, rapide et volubile vers l’avant. « On est avant tout défenseur, il faut rester rigoureux, bien fermer sa zone, mais si on peut piquer dans le dos, c’est tant mieux. Le coach nous pousse aussi à aller vers l’avant. »
Au-delà de la bonne éducation et du sourire enjôleur du garçon, ce qui ne gâche rien pour Deschamps – et gâche encore moins dans le paysage de l’équipe de France -, Sidibé traîne avec lui un boulet qui n’a rien d’un frein : sa polyvalence. S’il se fixe à droite chez les Bleus, l’artiste opère aussi de l’autre côté à Monaco, où Leonardo Jardim lui fait enchaîner les postes à la cadence de son accent portugais, quand il s’exprime en français : extrême.
Djibril est un vrai clone de Fabinho sur le Rocher. On l’a vu à droite, à gauche mais aussi au milieu. « Il a un niveau technique qui correspond au top, note encore Furlan. Et puis il aime la pression. L’enjeu n’a pas vraiment de prise sur lui. Au contraire. Il fait partie de ceux qui s’adaptent très, très vite. »
Ses premières sélections en équipe de France accréditent la thèse du coach brestois. Sidibé s’est posé chez les Bleus, sans aucun accroc.

Le chiffre : 4
Le nombre de minutes qu’il a failli passer sur le terrain pour sa première sélection ! Le match Italie-France a, pour la première fois, été soumis à l’arbitrage vidéo. Un test salué par Gianni Infantino, le nouveau président de la FIFA, et un salut pour Sidibé. Björn Kuipers, l’arbitre de la rencontre, expliquera : « En dix secondes, le retour que j’ai eu m’a convaincu de n’adresser qu’un carton jaune au joueur au lieu de le mettre dehors. » C’eut été ballot, un soir de première, de prendre un rouge à la… 4e minute.

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