Équipe de France

Dimitri Yachvili, profession buteur

Les buteurs ont un rôle essentiel dans le rugby moderne. Séance privée avec le serial killer des Bleus.

UNIVERS DU RUGBY : Dimitri, combien de tirs effectues-tu par séance ?
Dimitri YACHVILI :
Autour de quarante coups de pied. Des coups de pied-type, car il y a toujours un échauffement avant. Ce n’est pas forcément comme ça tous les jours. Plus la carrière avance, plus il faut récupérer, ces séances étant très contraignantes. Il faut savoir écouter son corps.

UDR : Comment travailles-tu l’équilibre de ton corps au moment de la frappe ?
D.Y. :
Il n’existe pas d’exercice particulier. A force de buter, le corps assimile une position en équilibre parfait.

UDR : Quels sont tes tics d’avant-tir ?
D.Y. :
Je ne suis pas superstitieux, c’est plutôt une routine. Une routine classique qui consiste à placer le ballon et prendre de l’élan. Après, tout se passe dans la tête.

UDR : As-tu changé de technique de tir depuis tes débuts ?
D.Y. :
Oui, ma technique a évolué. Je m’entraîne avec Jean-Michel Larqué, qui me conseille. C’est mon coach personnel. Il m’a beaucoup appris sur la position du corps par rapport à la frappe de balle.

« BUTEUR, C’EST UN RÔLE INGRAT »

UDR : As-tu joué au football ?
D.Y. :
En tant que gaucher, j’ai joué ailier gauche pendant quatre ans en jeunes.

UDR : Comment perçois-tu une réussite aux tirs ? C’est l’aboutissement du travail de tes partenaires ?
D.Y. :
C’est un rôle un peu ingrat parce qu’on valide ou pas la domination et l’effort des coéquipiers. On pratique un jeu avant tout collectif mais le buteur est tout seul face au ballon, donc c’est aussi une satisfaction personnelle. Et l’aboutissement de beaucoup de travail.

UDR : Tu intériorises ou tu extériorises quand tu passes 3 points ?
D.Y. :
J’intériorise beaucoup.

UDR : Avec quelle partie du pied tapes-tu ?
D.Y. :
Le cou de pied, à l’endroit le plus dur.

UDR : A partir de quel instant sais-tu si tu as marqué ou manqué ?
D.Y. :
Je me fie au bruit et à la sensation au moment de l’impact du pied sur le ballon.

UDR : As-tu des modèles ?
D.Y. :
Andrew Mehrtens, Christophe Lamaison, Dan Carter, Jonny Wil­kinson, les plus grands buteurs. C’est difficile de copier quelqu’un car chaque tir est différent et chacun a sa propre technique. C’est très personnel.

UDR : Les buteurs sont-ils les joueurs les plus exposés du rugby moderne ?
D.Y. :
Oui. Ceux qui ont le plus de pression, dirons-nous. Les enjeux sont de plus en plus élevés, le niveau aussi. Rester en haut du tableau dépend en grande partie du pourcentage de réussite des buteurs.

UDR : Ton capitaine te demande de tenter, tu n’es pas d’accord. En parles-tu ?
D.Y. :
Je le lui dis. Il y a toujours un échange avant.

UDR : Honnêtement, il faut être un peu maso pour être buteur, non ?
D.Y. :
Un peu, oui !

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