Coupe du Monde

Danny Care, le retour de l’enfant prodigue

A 28 ans, l’ancien grand espoir du rugby anglais Danny Care semble s’être assagi. Ses prestations dans le Tournoi 2014 peuvent lui permettre de s’imposer définiti­vement derrière la mêlée du XV de la Rose. Un retour en grâce espéré par toute l’Angleterre.

Et si le vrai Danny Care était enfin de retour ? Doué, le demi de mêlée anglais l’a toujours été. Mais il traîne depuis longtemps une étiquette de joueur fragile et ingérable. Sa carrière, faite de hauts et de bas, aurait pu tourner court au niveau international mais le joueur de 28 ans s’est ressaisi pour confirmer tout son potentiel. Assoiffé de revanche, le natif de Leeds évoluait enfin à son meilleur niveau. Une aubaine pour l’équipe d’Angleterre tant le joueur des Harlequins est bourré de talent.
« J’ai toujours cru en Danny. Je voulais qu’il travaille dur pour exploiter toutes ses qualités. Il peut devenir l’un des trois meilleurs demis de mêlée au monde. » Les mots sont de Stuart Lancaster, le sélectionneur anglais. Ils intervenaient après les trois premiers matches de son équipe dans le Tournoi des VI Nations 2014. « Nous avions mis Danny à l’écart pour qu’il bosse deux domaines en particulier : son rôle en défense et son jeu au pied », ajoutait Lancaster qui lui avait préféré Ben Youngs et Lee Dickson pour les tests de novembre 2013.
« Dans ces deux secteurs, Danny a atteint un niveau international, poursuivait le patron du XV de la Rose. Il possède d’autres qualités que nous avons pu voir lors des derniers matches : sa vitesse, la précision de sa passe et sa capacité à franchir la ligne, notamment. » Un physique robuste (1,75 m pour 87 kg) permet en effet à Care d’attaquer les défenses adverses.

Ecarté de la sélection pour le Tournoi 2012
Qu’il semble loin, le temps où Stuart Lancaster écartait Danny de la sélection pour des problèmes d’alcool… A la veille du Tournoi des VI Nations 2012, l’entraîneur britannique déclarait : « Quand nous aurons le sentiment que nous pouvons lui faire confiance sur le terrain et en dehors, nous penserons à lui. Ce ne sera pas avant la fin du Tournoi, au minimum. » Ce choix fut un véritable crève-cœur pour Lancaster qui avait formé Care au sein du club de Leeds. « Je le connais bien, je connais bien sa famille. Je ne prends aucun plaisir à décider cela mais c’est la meilleure chose à faire. »
Mis face à ses responsabilités, le demi de mêlée anglais a cogité. Cette mise à l’écart a provoqué une prise de conscience. Danny était d’autant plus « dévasté » par cette décision qu’il pensait alors « pratiquer (son) meilleur rugby avec les Quins. Malgré tout, je souhaite bonne chance à l’équipe et aux numéros 9 qui joueront, ajoutait-il. Défendre les couleurs de votre pays est le plus bel honneur qui puisse vous être accordé dans ce sport. Cela va me manquer terriblement. A moi de relever la tête, d’apprendre de mes erreurs et de continuer à bien jouer. »

Un talent précoce
Ses dernières saisons avec les Harlequins ont prouvé à tous qu’il était revenu au plus haut niveau. Une véritable renaissance dans une carrière qui fut loin d’être un long fleuve tranquille. Danny intègre l’équipe première de Leeds en 2004 et apprend dans l’ombre du All Black Justin Marshall. Au début de l’exercice 2005-06, il quitte son club de toujours pour rejoindre les Harlequins de Londres. La Coupe du monde 2007 lui donne l’occasion de faire ses preuves, les deux numéros 9 du club, Andy Gomarsall et Steven So’oialo, étant sélectionnés par l’Angleterre et les Samoa.
Chez les Quins, Care fait valoir sa vitesse et sa vision du jeu. Il continue sur sa lancée l’année suivante, au point d’être appelé par le tout nouveau sélectionneur du XV de la Rose, Martin Johnson, pour la tournée en Nouvelle-Zélande. Danny a seulement 21 ans. Trajectoire logique, finalement, pour un garçon passé par toutes les équipes de jeunes et qui avait même connu les joies d’une sélec­tion en équipe d’Angleterre à VII. « Danny Care est le meilleur demi de mêlée en Premiership », se justifie alors Martin Johnson

Le sale gosse du rugby anglais
On pense l’intéressé bien parti pour s’installer durablement mais les problèmes commencent. Pour son premier Tournoi des VI Nations, il coûte la victoire aux Anglais face à l’Irlande avec une faute stupide sur le pilier Marcus Horan. Son geste met Martin Johnson dans un état de furie incroyable. Care s’en souvenait à la veille de retrouver l’Irlande pour le Tournoi 2014. « Je ne pense pas que je pourrai effacer un jour le visage de Martin de ma mémoire… », confiait-il. Cet incident ne lui coûta pourtant pas sa place dans le squad.
En 2010 et 2011, c’est la concurrence de Ben Youngs qui l’éclipse, malgré un titre en Amlin Cup avec les Harlequins. Danny fait partie des 45 joueurs retenus par Martin Johnson en vue de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Ses prestations lors des deux tests de préparation face au Pays de Galles lui assurent quasiment un billet d’avion. Une fracture de l’orteil le privera finalement du Mondial. « Peut-être que les choses arrivent pour une raison… », déclare alors un Danny fataliste.
Reposé, Care réalise un excellent début de saison 2011-12 et son retour dans le XV de la Rose ne fait pas de doute. Mais patatras, il est arrêté deux fois à un mois d’intervalle pour conduite alcoo­lisée. Nouvelle mise à l’écart. Quelques semaines plus tard, il est à nouveau arrêté, cette fois pour avoir uriné en public. Danny ne réinté­grera la sélection que pour la tournée 2012 en Afrique du Sud. Cette fois, c’est lui qui met la pression sur Ben Youngs.
En 2014, le sale gosse du rugby anglais est titulaire dans l’esprit du sélectionneur Stuart Lancaster. Une confiance justifiée par Care : face à la France, il sonne le réveil en amenant l’essai de Mike Brown, alors que son équipe était menée 22-3. Egalement auteur d’un drop, Danny fut remplacé par Lee Dickson, de manière un peu surprenante. « C’est si bon d’être de retour avec le n°9 de l’Angleterre !, commentait-il. C’est un immense honneur et j’ai vraiment adoré chaque minute. Enfin, jusqu’à la 78e… » Soixante-dix-huitième minute où Gaël Fickou crucifia le XV de la Rose.
Care a ensuite livré deux prestations abouties, réussissant un drop face à l’Ecosse et un essai face à l’Irlande. Il semble avoir repris son destin en main. C’est toute l’Angleterre qui s’en félicite.

Paul PERIE / UNIVERS DU RUGBY

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