Équipe de France

Damien Traille en toutes lettres

Le Biarrot va disputer en Nouvelle-Zélande sa troisième Coupe du monde. Un luxe pour le sélec­tionneur Marc Lièvremont qui peut l’utiliser à toutes les sauces arrières. Ou presque. Damien Traille revendique avec fierté cette polyvalence.

D comme Deux mois de préparation
« C’était très dur physiquement mais il fallait en passer par là. Le rugby est toujours plus physique au niveau mondial, alors il faut se préparer en conséquence. Quand tu sors d’une période de vacances, aussi courte soit-elle, le redémarrage est brutal. Le début de la prépa a été très difficile avec la chaleur qui s’est ajoutée pour corser le tout. C’est une période impor­tante dans un stage aussi long. Ça permettra de retrouver une certaine solidarité ensuite pendant la compétition. »

A comme Apte
« J’ai été blessé début avril. Pour moi, la préparation était donc encore plus importante. Mon inactivité avait été assez longue avec six semaines sans pouvoir faire quoi que ce soit. Depuis deux ans, je collectionne les blessures mais j’ai commencé le rugby très tôt et j’avais été plutôt gâté jusque-là avec très peu de problèmes ou d’arrêts. Il est possible qu’aujourd’hui, je paie ce que j’ai fait pendant ma jeunesse. Je voulais toujours jouer, toujours m’entraîner… Ça fait deux ans que je manque les phases finales avec mon club, il y a une vraie frustration. Mais je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort, je reste positif. »

M comme Marseillaise
« J’ai fait les sélections chez les jeunes, donc j’ai connu ça très vite mais je suis toujours très ému à chaque rencontre de l’équipe de France. Ce sont des moments intenses. Chanter la Marseillaise, c’est magique. Tu peux changer le design du maillot mais le cœur reste le même. C’est toujours une fierté de le porter, même après dix ans de sélection. »

I comme Intimidé
« Je suis bien placé pour en parler car j’ai connu une période d’adaptation extrêmement difficile à mon arrivée en équipe de France. J’avais 22 ans à l’époque et j’ai été livré à une meute de journalistes en conférence de presse. Les journalistes m’ont collé une étiquette de timide qui m’a desservi par la suite. Quand on cherchait un bouc émissaire dans l’équipe, ça tombait souvent sur moi. A la longue, je n’y ai plus prêté attention. Je ne lisais plus les journaux. Un jour, on peut nous monter très haut et le lendemain, nous traîner plus bas que terre, alors je préfère me concentrer sur mon travail sur le terrain. Je conseille aux jeunes de répondre aux interviews car ça fait partie du métier mais ils ne doivent pas non plus être affectés par ce qu’ils lisent ou ce qu’ils entendent. Nous les anciens, on l’a rappelé à Raphaël Lakafia car ce sera sa toute première Coupe du monde. »

E comme Energie
« Il en faut en stock pour en dépenser pendant les matches. C’est toute la préparation qui doit nous permettre d’emmagasiner cette énergie nécessaire en match. Il faut l’utiliser à bon escient. Alterner les lieux de stage, retourner à la maison puis revenir à Marcoussis permet de faire le plein. Il faut se ressourcer aussi et la famille est l’endroit idéal pour ça pour ceux qui ont des enfants. On revient toujours plus fort menta­lement. »

N comme Nouvelle-Zélande
« Ce sont les favoris de cette Coupe du monde. Le fait de les jouer chez eux est un désavantage, pas seulement pour nous mais pour toutes les nations. Personnellement, je n’ai pas peur de les rencontrer. On sera dans la peau d’un challenger. Je pense que la pression est sur eux. Quand ils ont été champions du monde, c’était déjà en Nouvelle-Zélande et ils ont toujours échoué depuis, ailleurs. Pour eux, l’échec est interdit. »

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T comme Titulaire
« Etant polyvalent, je ne sais jamais à quel poste je vais réellement jouer mais ça ne me pose pas de problème. J’ai tout connu, du titulaire au remplaçant jusqu’au joueur qui n’est pas sur la feuille de match. Ça ne fait jamais plaisir de ne pas jouer, car on est tous focalisés sur le même objectif et ne pas participer est très difficile à accepter. Les années et l’expé­rience ne changent rien à ce ressentiment, que l’on peut difficilement exprimer. »

R comme Revanche
« J’ai eu une mauvaise appréciation sur ce fameux ballon en demi-finale de la Coupe du monde 2007 mais ce n’était pas à la dernière minute et l’équipe de France n’a pas perdu uniquement à cause de ça. Sur ce match, on n’a jamais réussi à mettre en difficulté les Anglais. Il ne faut pas vivre avec le passé. La remise en question est permanente de toute manière. »

A comme Arrière
« La polyvalence est-elle un atout ? Tout dépend du contexte. En 2006, en Afrique du Sud, c’était la première fois que je jouais au poste d’ouvreur. J’avais fait un bon match parce que les avants avaient été énormes. Trois mois plus tard contre les Blacks, à Lyon, dans un autre contexte, on en prend 40 dans une défaite sévère. C’était forcément différent mais je n’ai pas de préférence. Quel que soit le poste, c’est toujours un plaisir de jouer. On a des responsabilités partout sur le terrain. Ça se voit un peu plus quand on est arrière car la moindre bévue peut se payer cash. L’ouvreur a autant de responsabilités, pour ne pas dire plus. »

I comme International
« Les plages de repos se sont raccourcies, il faut donc bien récupérer pour s’inscrire dans la durée. En termes de stratégie, j’ai connu un rugby où le jeu au pied dominait par rapport au jeu à la main. La tendance s’est inversée ces dernières années. Beaucoup d’équipes prennent l’initiative de porter le ballon. C’est un jeu à risques mais c’est logique de garder le ballon plutôt que de le rendre à l’adversaire pour devoir ensuite le recon­quérir. C’est toujours plus facile d’être en attaque qu’en défense. Il est préférable d’être maître du jeu. »

L comme Leader
« La communication est déterminante. Le talonneur est responsable de la mêlée, le numéro 8 annonce les lancements que l’on va faire en touche, la charnière reste maître du jeu, l’arrière recadre en fonction de ce qu’il voit. Ce sont les joueurs qui communiquent le plus parce que c’est leur fonction sur le terrain. »

L comme Limites
« Les anciens nous disent qu’à leur époque, on aurait joué devant. Aujour­d’hui, les joueurs grands et costauds ont de la vitesse, ça fait partie de l’évolution des lignes arrières. Il faut avoir de grosses qualités physiques, pas seulement pour défendre mais aussi pour contrer. Il faut courir de plus en plus vite. »

E comme Expérience
« Je ne prépare pas la Coupe du monde 2011 comme celle de 2003. J’ai 8 ans de plus en club comme en équipe de France. Je vois cette Coupe du monde d’un autre œil, même s’il y a toujours un peu d’appréhension. Je reste concentré sur mes objectifs. Ce que l’on va préparer hors du terrain se retrouvera dans notre jeu. Par expérience, je sais que cette phase de préparation est très importante pour le groupe. »

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© 2015 Editions Le Nouveau Sportif / Blue Ride

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