Cyclisme

Cyclisme : un siècle de passion, d’émotions et de drames (7)

L’histoire du cyclisme a débuté au XIXe siècle. Les révolutions technologiques coïncident avec la création des premières épreuves. A Saint-Cloud, le 31 mai 1868, l’histoire est en marche. L’année suivante, le 7 novembre, les coureurs vont de Paris à Rouen. Le Britannique James Moore restera comme le premier vainqueur de l’histoire. Cette période voit naître Bordeaux-Paris, Paris-Brest-Paris, Paris-Nantes, Milan-Turin, Liège-Bastogne-Liège, sans oublier les premières épreuves sur piste. Le premier Tour de France n’est pas loin. Le premier Tour d’Italie suivra de près. Voici l’histoire de plus de 100 ans d’émotions, d’amours et de drames. Un siècle passionnant et passionné.

1919-1939, LES FORÇATS DE LA ROUTE

Un Tour à l’international
1930. Henri Desgrange, directeur de « L’Auto » et organisateur du Tour, fait sa révolution. Dorénavant, la Grande Boucle se disputera dans un format par équipes nationales afin de mettre fin aux rivalités commerciales entre les différentes marques et de favoriser l’aspect sportif de la course. Hasard ou pas, les Français renouent avec le succès dans une épreuve qui leur échappait depuis le sacre d’Henri Pélissier en 1923. Et de quelle manière ! Aux premiers temps de ces équipes nationales, ils font du Tour leur chasse gardée. Peut-être inspirés par les fameux Mousquetaires en Coupe Davis de tennis, les Tricolores vont régner sans partage de 1930 à 34 avec cinq succès consécutifs ! Avec, au départ au moins, un code établi comme suit : les coureurs se retrouvent sur un même pied d’égalité, libres et égaux avant le premier coup de pédale. Plus étonnant, ils n’ont pas de directeur sportif. Mais la méthode doit avoir du bon puisqu’André Leducq ouvre le bal en 1930 avant de récidiver deux ans plus tard. Doublé aussi pour Antonin Magne, couronné en 1931 et 34, tandis que Georges Speicher s’intercale dans la cueillette des lauriers en 1933. En 1937, Roger Lapébie, cette fois avec la présence d’un directeur technique, complète la liste des succès français avant le second conflit mondial. Une belle série pour une petite musique alors si douce ! La France est de retour sur son Tour.

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Un chiffre : 5 745
Comme le nombre de kilomètres du Tour 1926, le plus long de toute l’histoire de la Grande Boucle. Soit une moyenne, sur 17 étapes, de 338 km par jour ! L’un des plus rudes aussi avec l’apocalyptique étape Bayonne-Luchon qui laissa tant de coureurs perdus, de nuit, dans les montagnes pyrénéennes. Ils étaient 121 engagés au départ, ils seront 41 à Paris. Victoire finale incontestable pour le Belge Lucien Buysse devant Nicolas Frantz, à 1h22’25’’. Seulement 26’’ séparent Frantz de l’Italien Aimo, 3e après cette incroyable épopée.

Un événement : Les pros voient enfin l’arc-en-ciel
Depuis 1921, les cyclistes amateurs disputent un championnat du monde (les deux premières éditions ont eu lieu sous la forme d’un contre-la-montre, puis on est passé à une course en ligne). Rien de tout cela chez les pros. Le GP Wolber, épreuve française à laquelle ne peuvent participer, depuis 1922, que ceux qui ont terminé à l’une des trois premières places des principales courses françaises, belges, italiennes et suisses constitue une sorte de championnat du monde de substitution. Les pros n’ont pas de maillot arc-en-ciel. Tout va enfin changer en 1926.
Réunie pour son congrès à Paris, l’Union Cycliste Internationale, créée en 1900, adopte l’idée d’un championnat du monde mixte qui regroupera dans une même course amateurs et professionnels, avec un classement distinct. La grande première a lieu le 21 juillet 1927 en Allemagne, sur le tout nouveau circuit de Nürburg, le fameux Nürburgring inauguré quelques semaines plus tôt. Il y a 55 coureurs au départ, 22 pros et 33 amateurs, 18 rallieront l’arrivée. Et c’est une razzia italienne. Alfredo Binda, déjà vainqueur de deux Tours d’Italie, fait un très seyant premier champion du monde. Le Lombard domine nettement l’épreuve, terminée avec plus de 7’ d’avance sur son compatriote Costante Girardengo. Un autre Italien, Domenico Piemontesi, complète ce podium totalement vert-blanc-rouge. Le Belge Jean Aerts, qui franchit la ligne d’arrivée en 5e position, est couronné chez les amateurs. Binda remportera de nouveau le titre en 1930 et 32, ce qui lui vaut, aujourd’hui encore, d’en détenir le record de victoires, à égalité avec Rik Van Steenbergen, Eddy Merckx et Oscar Freire.

A savoir…
– Le 20 juillet 1934, Antonin Magne, leader du Tour depuis la 2e étape, brise sa chaîne dans la descente du col de Port. Il est sauvé par René Vietto : averti alors qu’il se trouvait devant, ce dernier remonte le col en sens inverse pour lui donner son vélo. « Tonin » remporte le Tour, le « roi René » devient un héros
– C’est le 31 octobre 1935 que l’Italien Giuseppe Olmo bat le record du monde de l’heure sans entraîneur. Sur la piste du Vigorelli de Milan, il parcourt 45,090 km
– Le 7 juin 1936, la relève italienne est là et elle a un nom : Gino Bartali. A 21 ans, Gino le Pieux s’adjuge son premier Giro
– L’utilisation des dérailleurs est autorisée sur le Tour le 30 juin 1937, jour du grand départ parisien. La révolution est en marche !
– Dans l’ultime étape du Tour 1938, le 31 juillet, André Leducq et Antonin Magne, qui disputent leur dernière Grande Boucle, s’échappent et franchissent bras dessus, bras dessous la ligne d’arrivée au Parc des Princes. Ils seront classés premiers ex æquo
– 1939. Un nouvel Italien pointe le bout de son nez. Il n’a pas encore 20 ans et se nomme Fausto Coppi. Ce 13 août, il termine 3e du Tour du Piémont remporté par Gino Bartali.

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