Cyclisme

Cyclisme : un siècle de passion, d’émotions et de drames (26)

L’histoire du cyclisme a débuté au XIXe siècle. Les révolutions technologiques coïncident avec la création des premières épreuves. A Saint-Cloud, le 31 mai 1868, l’histoire est en marche. L’année suivante, le 7 novembre, les coureurs vont de Paris à Rouen. Le Britannique James Moore restera comme le premier vainqueur de l’histoire. Cette période voit naître Bordeaux-Paris, Paris-Brest-Paris, Paris-Nantes, Milan-Turin, Liège-Bastogne-Liège, sans oublier les premières épreuves sur piste. Le premier Tour de France n’est pas loin. Le premier Tour d’Italie suivra de près. Voici l’histoire de plus de 100 ans d’émotions, d’amours et de drames.

Patrons : ces directeurs sportifs de légende

Que serait un coureur sans sa monture ? Que serait une équipe sans son manager, son directeur sportif ? Rien. Les grands champions, comme les anonymes du peloton, ont tous connu un jour un manager de référence, celui grâce auquel ils ont appris le métier, celui qui leur a transmis sa passion, le virus. Instantané sur cinq managers de légende.

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Guillaume Driessens, le « Menteur »
Surnommé ainsi par ses coureurs, dont il s’attribuait régulièrement les succès, même quand il n’y était pour rien, le Belge Guillaume Driessens commence sa carrière de directeur sportif par intérim en s’occupant de Fausto Coppi, quand celui-ci franchit les Alpes. Elégant, volontiers hâbleur, voire gouailleur. Il suffit qu’un coureur ait donné quelques tours de pédales dans l’une de ses (anciennes) équipes pour qu’il en fasse son poulain pour l’éternité. S’il assura longtemps derrière Rik Van Looy, pour qui il créa la célèbre « Garde rouge » chargée d’emmener les sprints, Driessens ne resta dans le sillage d’Eddy Merckx que trois saisons (1969-71). Les relations entre les deux hommes étaient souvent orageuses. Le champion belge nous le confirme dans une interview que vous découvrirez plus tard. Roger De Vlaeminck, Albéric Schotte, Stan Ockers, Freddy Maertens et Johan Capiot figurent parmi les coureurs que ce directeur sportif en avance sur son temps a mené à la victoire. Il s’est éteint en 2006, à l’âge de 94 ans.

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Antonin Magne, le sage
Sa carrière de directeur sportif, derrière Louison Bobet et Raymond Poulidor, occulte presque – tant elle reste dans les mémoires – celle qu’il a réalisée en tant que coureur. Pourtant, quel palmarès avec deux Tours de France et un championnat du monde, pour ne parler que de ses plus belles victoires ! C’est surtout dans le sillage de Raymond Poulidor, vêtu de son immuable blouse blanche, béret noir vissé sur la tête, qu’Antonin devint populaire. Il répondait à la gouaille de Raphaël Géminiani par le calme et la méthode. Son entente avec Bobet fut souvent chaotique mais il forma un couple parfait avec le Limousin. Même si les supporters de Raymond affirment qu’il aurait fait une autre carrière avec un directeur sportif plus énergique. Antonin Magne nous a quitté en 1983, à l’âge de 79 ans.

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Marcel Bidot, le diplomate
Si sa modeste carrière cycliste ne laisse pas un souvenir impérissable, Marcel Bidot reste dans les annales du cyclisme comme « le directeur sportif de l’impossible ». En 1957, c’est lui qui propulse Jacques Anquetil comme leader de l’équipe de France sur les routes du Tour après les forfaits de Louison Bobet, Raphaël Geminiani et Antoinin Rolland. Cette année-là, les Bleus gagnent 12 étapes sur 23. Ils amèneront Maître Jacques vers la première de ses cinq victoires. Bidot est aussi l’homme chargé de bâtir une équipe de France homogène avec des personnalités aussi fortes que Bobet, Anquetil, Géminiani ou encore Roger Rivière. Un challenge qui lui vaut l’inimitié successive des uns et des autres, incapables de faire rentrer leurs egos sous le même maillot. Imperturbable, Marcel parvient souvent, malgré tout, à ses fins. Au départ du Tour 1958, Geminiani, non retenu dans l’équipe de France, lui fait l’affront de se présenter sur la ligne de départ en serrant dans ses bras un âne qu’il a baptisé Marcel… Bidot finira sa carrière en dirigeant l’équipe de France en 1967 et 68, à l’occasion des championnats du monde sur route. Né en 1902, il est mort à 93 ans, chez lui, en Champagne, à côté de Troyes.

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Raphaël Géminiani, la grande gueule
Les admirateurs de Raymond Poulidor ont souvent regretté que « Le Grand Fusil » n’ait pas été son directeur sportif. De l’avis de beaucoup, le palmarès du Limousin en aurait été bien changé. Le grand Gem’, c’est d’abord l’homme des défis. En tant que coureur, d’abord. Quand son pote Louison Bobet, qu’il surnomme « Zonzon la pleureuse », est sur le point de flancher, qui joue les sauveurs ? Qui est derrière lui pour lui donner le bon coup de pied au cul ? Géminiani ! Quand, comme directeur sportif, il faut emmener Jacques Anquetil au Vigorelli pour le record de l’heure ou le lancer dans le pari fou du doublé Dauphiné-Bordeaux-Paris le même week-end, c’est encore Geminiani qui s’y colle. L’Auvergnat aime la castagne. Comme coureur, il s’est coltiné Fausto Coppi, Gino Bartali, Ferdi Kübler, Hugo Koblet, Louison Bobet, Jacques Anquetil, Roger Rivière, souvent seul contre tous, lui qui aurait mérité dix fois de s’imposer sur les routes du Tour. Sa revanche, il la prendra dans la voiture avec Anquetil et enfin Eddy Merckx, dont il sera l’avant-dernier directeur sportif sous les couleurs de l’équipe Fiat. A 90 ans, Raphaël Geminiani raconte encore inlassablement les milliers d’anecdotes qui ont émaillé sa carrière. (Et photo de Une)

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Cyrille Guimard, le sorcier
Pour ce Nantais qui accroche sérieusement Eddy Merckx pour la victoire dans le Tour 1972 avant d’être contraint à l’abandon, il ne faut pas perdre de temps. En 1976, moins de six mois après avoir raccroché le vélo sur un dernier titre de champion de France de cyclo-cross, Cyrille Guimard gagne son premier Tour de France en tant que directeur sportif, avec Lucien Van Impe. Suivront six autres victoires, quatre avec Bernard Hinault et deux avec Laurent Fignon. Il dirige également Greg LeMond qui, à défaut de victoires sur le Tour (il les obtiendra sous d’autres couleurs), lui offre un maillot de champion du monde en 1983. Homme de caractère, Guimard a toujours aimé les hommes de caractère. Si ses relations avec ses champions n’ont pas toujours été au beau fixe, elles lui ont permis de bâtir un palmarès de directeur sportif quasiment inégalé à ce jour. A 68 ans, Cyrille Guimard est encore très proche du milieu. Il est aujourd’hui consultant pour plusieurs médias.

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