Cyclisme

Cyclisme : un siècle de passion, d’émotions et de drames (2)

L’histoire du cyclisme a débuté au XIXe siècle. Les révolutions technologiques coïncident avec la création des premières épreuves. A Saint-Cloud, le 31 mai 1868, l’histoire est en marche. L’année suivante, le 7 novembre, les coureurs vont de Paris à Rouen. Le Britannique James Moore restera comme le premier vainqueur de l’histoire. Cette période voit naître Bordeaux-Paris, Paris-Brest-Paris, Paris-Nantes, Milan-Turin, Liège-Bastogne-Liège, sans oublier les premières épreuves sur piste. Le premier Tour de France n’est pas loin. Le premier Tour d’Italie suivra de près. Voici l’histoire de plus de 100 ans d’émotions, d’amours et de drames. Un siècle passionnant et passionné.

1891-1914, LES PIONNIERS ECRIVENT L’HISTOIRE

Une première : 1903, 1er juillet, rendez-vous avec la légende
Ça tient à quoi l’histoire ? Un procès perdu ou gagné, la simple volonté de contrecarrer le concurrent, un restaurant, un dîner ? Et hop, l’histoire est en marche ! Celle d’une course, d’une passion, du cyclisme aussi certainement. En ce début de XXe siècle, Henri Desgrange, patron du quotidien « L’Auto », et son chef de rubrique cyclisme, Géo Lefebvre, ne savent pas encore qu’ils viennent d’ouvrir l’une des plus grandes pages de l’histoire de leur sport avec ce qui deviendra l’un des plus événements sportifs planétaires les plus importants. Ainsi est né le Tour de France. Simplement. Tout est parti de la volonté d’Henri Desgrange, futur notaire, qui veut contrer Pierre Griffard, patron du quotidien sportif « Vélo », peu aimé du milieu cycliste.
Sous la houlette de Victor Goddet, grand argentier, Henri Desgrange va fonder le quotidien « L’Auto-Vélo » (qui se renommera « L’Auto » suite à un procès perdu contre « Vélo ») avant de créer le Tour de France pour faire la publicité du journal et surtout contrer Pierre Griffard. Avec son papier de couleur jaune, « L’Auto » va devenir, sur l’idée de Géo Lefebvre, le deuxième quotidien sportif du pays mais aussi donner naissance à la plus grande compétition cycliste, le 19 janvier 1903. Tout va aller très vite. Les fondements de la course sont posés. Six étapes, pour reposer les hommes, et un total de 2 429 km de Paris à Paris (Ville d’Avray, avant un tour d’honneur au Parc des Princes) en passant par Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes.

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Soixante coureurs et leurs machines de 18 kg figurent au départ. Vingt-et-un rallieront la capitale avec une moyenne générale de 25,678 km/h et des étapes courues parfois sur deux jours. Entre, un et trois jours de repos. Le départ, ce 1er juillet 1903, de la fameuse auberge « Au Réveil Matin », à Montgeron, restera comme un moment-clé pour l’histoire de ce sport. Le départ aurait dû avoir lieu à Paris. Le préfet ayant interdit un coup d’envoi dans le département de la Seine, les organisateurs se rabattront sur Montgeron. Ils sont donc 60 fous du guidon lancés à la recherche de la gloire, de l’aventure et de l’extrême.
L’aventure regroupe des coureurs de tous horizons, ouvriers, menuisiers, forgerons, bouchers… Seigneurs ou tricheurs, malins et roublards, ils sont prêts à tout pour empocher des prix allant jusqu’à 20 000 F (3 048 euros). On retiendra de cette première aventure les images de coureurs héroïques allant au bout d’eux-mêmes, voire plus. Les forçats de la route, d’une autre époque, ne sont pas loin. Vingt-et-un courageux (16 Français, 3 Belges, 1 Allemand et 1 Italien) atteindront Ville d’Avray. Le dernier, Arsène Millocheau, arrive avec 64h57’8’’ de retard sur Maurice Garin, grand vainqueur. Des coureurs pouvaient rejoindre l’épreuve en cours de route mais ils restaient hors classement.
L’histoire retiendra le point de départ de cette fabuleuse épopée. Podium français (Maurice Garin-Lucien Pothier-Fernand Augereau) pour cette première et un sacré engouement. Henri Desgrange a réussi son pari. Riche de ce succès, le quotidien « L’Auto » va devancer, en termes de ventes, son concurrent « Vélo » qui cessera toute parution en 1904. La légende est en route.

Une année : 1900
La FIFA (1904) et l’UEFA (1954), ses petites sœurs dans le football, comme la FIBA (1932) dans le basket lui doivent le respect. L’Union Cycliste Internationale est une fédération centenaire qui se porte bien. Ou, du moins, qui survit aux secousses et aux affaires incessantes d’un sport sans pitié. Née le 14 avril 1900 à Paris, l’UCI est le bébé des fédérations nationales belge, américaine, française, italienne et suisse. Chargée de régir les règles de ce sport, elle a aussi géré de 1965 à 92, sous la pression du CIO, les fédérations du cyclisme amateur (FIAC) et du cyclisme professionnel (FICP).
Cela fait bientôt 20 ans que l’UCI a regroupé les deux entités. Depuis 1900, neuf présidents ont dirigé l’institution, parmi lesquels deux Belges (Emile de Beukelaer, 1900-1922, et Alban Collignon, 1939-47), deux Français (Léon Breton, 1922-36, et Achille Joinard, 1947-58), un Suisse (Max Burgi, 1936-39), un Italien (Adriano Rodoni, 1958-81) et un Espagnol (Luis Puig, 1981-90). Le Néerlandais Hein Verbruggen (1991-2005) a précédé l’actuel président irlandais, Pat McQuaid.

Une phrase
« Je m’en veux de vous avoir mis dans cet état avec mes Pyrénées. Jamais je n’aurais dû imaginer y lancer des coursiers. »
Alphonse Steinès à Henri Desgrange, à la vue des dégâts causés par le premier passage des coureurs dans les Pyrénées durant le Tour de France 1910. Ce passage dont il avait été l’initiateur auprès du chef de la course s’avéra beaucoup plus difficile que prévu.

A savoir…
– Il ne faut pas attendre beaucoup de temps pour voir les premières histoires sur le Tour de France. En 1904, les quatre premiers à Paris seront suspectés de tricherie et d’irrégularités en tout genre. Maurice Garin, Lucien Pothier, César Garin et Hippolyte Aucouturier devront laisser la victoire au jeune Henri Cornet, 19 ans, plus jeune vainqueur de l’histoire aujourd’hui encore.
– Henri Cornet s’appelait en réalité Henri Jardy mais il avait couru sous ce nom pour que ses proches ne sachent pas qu’il faisait du vélo ! Vainqueur de Paris-Roubaix (1906), il termina aussi 2e de Bordeaux-Paris (1905) et 8e du Tour 1908.
– Après Bordeaux-Paris et Paris-Brest-Paris, Paris-Tours et Paris-Roubaix ont vu le jour en 1896. Paris-Tours sera le rendez-vous de fin de saison dans la froideur de l’automne, avec le Tour de Lombardie qui se courra pour la première fois en 1905. L’Enfer du Nord se jouera, lui, au printemps. Enfin, le Tour d’Italie entamera son histoire en 1909.

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