Cyclisme

Cyclisme : un siècle de passion, d’émotions et de drames (1)

L’histoire du cyclisme a débuté au XIXe siècle. Les révolutions technologiques coïncident avec la création des premières épreuves. A Saint-Cloud, le 31 mai 1868, l’histoire est en marche. L’année suivante, le 7 novembre, les coureurs vont de Paris à Rouen. Le Britannique James Moore restera comme le premier vainqueur de l’histoire. Cette période voit naître Bordeaux-Paris, Paris-Brest-Paris, Paris-Nantes, Milan-Turin, Liège-Bastogne-Liège, sans oublier les premières épreuves sur piste. Le premier Tour de France n’est pas loin. Le premier Tour d’Italie suivra de près. Voici l’histoire de plus de 100 ans d’émotions, d’amours et de drames. Un siècle passionnant et passionné.

1891-1914, LES PIONNIERS ECRIVENT L’HISTOIRE

En cette fin de XIXe siècle, le vélo perd du terrain sur la voiture. Les premiers modèles avec moteur à explosion (Panhard et Levassor) apparaissent en 1891. L’aristocratie et la haute bourgeoisie, qui faisaient les beaux jours des constructeurs de vélocipèdes, se tournent vers ces engins capables de transporter des personnes à 20 km/h. La bicyclette entre dans une nouvelle ère. Depuis l’invention de la pédale (Pierre Michaux) début 1860, les innovations se succèdent. Fini les grandes roues, tricycles, bandages autour des roues, place au modernisme.

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Michelin répond à Dunlop et à l’inventention du pneu (1888) avec le démontable pour changer et réparer en cours de route. Ainsi, malgré des crevaisons, Charles Terront (en photo) remporte Paris-Brest-Paris en 1891, devant 400 coureurs. Paris-Clermont, Bordeaux-Paris, Paris-Nantes-Paris, Lyon-Paris-Lyon, 1 000 km sur piste : on ne lésine pas sur la distance ! L’engouement du public est incroyable, les vélodromes sont pleins, les championnats se multiplient. C’est le véritable âge d’or du cyclisme. Terront, qui écume routes et pistes depuis 15 ans, est reçu par les princes, les rois et tous les grands de ce monde.
Il y a presque autant de revues sur le vélo que de quotidiens d’infos : « Paris-Pédale », « La Bicyclette », « Le Véloce-Sport », « La Revue des Sports », « Le Vélo »… Pas étonnant que naissent des courses qui feront, 120 ans plus tard, les beaux jours du calendrier comme Paris-Roubaix ou Paris-Tours. Elles vont délivrer les premiers noms de ceux qui domineront les routes du Tour de France. A commencer par Maurice Garin (en photo), auteur d’un doublé sur l’Enfer du Nord (1897-98). Tandis que Major Taylor, sprinter américain réputé invincible, se fait botter les fesses par le Français Edmond Jacquelin lors du match du siècle.

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Dans le bureau de « L’Auto », un homme rêve de créer la plus grande course du monde. Le 19 janvier 1903, Henri Desgrange annonce la création du Tour de France. Le 1er juillet, après le report du départ initialement prévu le 1er juin, 60 coureurs s’élancent de Montgeron, du « Réveil Matin ». Il est 15h16. L’aventure commence. Sont prévues 6 étapes, 2 429 km et près de 100 heures de course. Le vainqueur recevra 3 000 F sur les 20 000 de la dotation totale.
Garin survole la course, remportant trois étapes devant Lucien Pothier, jeune espoir de 20 ans qui défraiera la chronique en 1904, et Fernand Augereau. Ah, ce Tour 1904 ! Bagarres, coups de fusils, pugilats… Rien ne lui aura été épargné quand tout semblait réglé d’avance : même parcours au kilomètre près, mêmes favori (Garin) et challenger (Pothier). Tout juste nota-t-on un coureur de 50 ans, Henri Paret, le plus vieux participant de l’histoire). Dès la première étape, Garin et Pothier sont arrêtés, tabassés par des hommes masqués. Le lendemain, 200 personnes les empêchent de se lancer à la poursuite de leur favori, Antoine Fauré… Les coups pleuvent, les organisateurs dégagent la route en tirant en l’air, la confusion est totale…
Si Garin l’emporte, ce Tour n’est pas fini. Quatre mois plus tard, 29 coureurs sont disqualifiés dont les quatre premiers. La victoire revient à un inconnu, Henri Cornet, plus jeune vainqueur de l’histoire (19 ans). A 21 ans, Pothier est radié à vie. Garin est suspendu 2 ans. Le Tour a du plomb dans l’aile. Avant que Lucien Petit-Breton ne s’empare du record de l’heure sur piste, la 3e édition connaît des soucis. On retrouve plus de 100 kg de clous sur la première étape. Les crevaisons et la colère du public ont failli avoir raison de la ténacité de Desgrange… Victoire de Louis Trousselier.
Le Tour n’en a pas fini avec les scandales. Après les victoires de René Pottier (1906), il retombe dans ses travers. Pour une histoire de vélo emprunté, Emile Georget est rétrogradé et perd sa place de leader. Lucien Petit-Breton, vainqueur du 1er Milan-San Remo, remporte un succès, doublé en 1908. Cette même année, quand il apprend la création du Tour d’Italie, Desgrange pousse une grosse colère. D’autant que l’un de ses coureurs vedettes, Petit-Breton, fait partie des 127 engagés le 13 mai 2009.
Si le Luxembourgeois François Faber double les Tours 1909 et 10, Eugène Christophe, héros malheureux de Sainte-Marie-de-Campan, commence à écrire sa légende en remportant Milan-San Remo. Il lui vaudra plusieurs semaines d’hôpital pour des engelures dans des conditions météo dantesques. Quatre coureurs seulement rallieront l’arrivée !
Si le peloton connaît de nombreux soubresauts, ce n’est rien à côté du lourd tribut qu’il va payer pendant la Grande Guerre. Morts pour la France, Faber, Petit-Breton et tant d’autres n’avaient pas seulement du courage sur un vélo.

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