Équipe de France

Cristiano Ronaldo en a rêvé

Portugal-Pays de Galles 2-0. Dans le match des Galactiques qu’il livrait à Gareth Bale, « CR7 » a marqué, fait marquer et propulsé le Portugal en finale de l’Euro 2016. Rien que ça…

Il s’est infiltré dans la surface, élevé dans le ciel de Lyon et il n’est plus retombé. En plein cœur de la défense galloise, il s’est envolé. Il s’est élancé, il a plané et on l’a revu dans le ciel de Moscou, un soir de mai 2008, quand il avait marqué en finale de la Ligue des champions, contre Chelsea. Il jouait à Manchester United, c’était sa première Ligue des champions. C’était il y a huit ans, l’année de son premier Ballon d’or. Autant de titres qu’il compile aujourd’hui. A 31 ans, chez « CR7 », le palmarès, c’est un peu comme la détente verticale. Il n’a pas les mêmes appuis que les autres. Il monte plus haut, plus fort. Et il place. On l’a revu à Moscou en 2008 mais pas que. Son but de Lyon rappelle aussi celui de Pelé contre l’Italie, lors de la finale de la Coupe du monde 1970 au Mexique, à la réception d’un centre de Rivelino. Planant.
Cristiano Ronaldo porte le Portugal, il assume, il adore. Déjà, au 1er tour, c’est lui qui avait sauvé ce qui avait pu l’être, un match nul, quoi, contre la Hongrie, quand les hommes de Fernando Santos avaient été menés trois fois au score au cours du match. Là, c’est lui qui valide l’aller simple pour la finale. Point et contre-point, avec ce tir dévié par Nani quatre minutes plus tard. Deuxième but et affaire pliée. Et pour une fois, ce qui n’est pas coutume chez l’artiste, on l’a vu presque ému. « C’est ce dont nous avions rêvé depuis le début du tournoi. Nous savions que la route serait longue mais nous sommes encore en vie. Dès le début, nous y avons cru. Nous avons connu des difficultés mais comme je l’ai toujours dit, mieux vaut partir doucement et terminer fort. » Il aura du mal à dire autre chose. Le Portugal se fraie un chemin en finale en remportant son premier match du tournoi avant le terme des 90 premières minutes le soir de la demie. On est plus proche de l’instinct de survie que de l’instinct tout court.
Pas une victoire mais pas une défaite non plus. Ils ont dansé sur un fil, pointés par les critiques comme une équipe incapable de gagner, renforcés par les paroles optimistes de ceux qui les voyaient jouer, plutôt bien, depuis le début. Mais à l’heure de la mort subite, quand l’air se fait plus rare, le vide plus pressant, Cristiano a retrouvé ses jambes, ses abdos et tout le reste. « Les joueurs méritent la qualification, notre sélectionneur mérite la qualification mais aussi tout le staff médical, qui a fait un travail excellent pour nous remettre en forme physique. Pour nous, le rêve est toujours accessible. »
A l’instar d’un Antoine Griezmann, « CR7 » a démarré piano, piano. Harassé par la saison du Real Madrid, obsédé par son objectif personnel : remporter enfin un titre majeur avec sa sélection. Le voilà en finale. A 90 minutes de son Graal. Douze ans après Lisbonne, la Luz et la nuit noire, un soir de défaite contre la Grèce. A la surprise générale. « L’Euro 2004 a été très particulier pour moi. J’avais juste 18 ans, c’était ma première grande phase finale. Maintenant, nous voici à nouveau en finale et j’espère bien la gagner. L’équipe le mériterait, nos supporters le mériteraient, je le mériterais. Nous sommes fiers. Je pense que peu de monde pensait que nous pourrions aller jusque là. Eh bien, nous y sommes ! »
L’équipe, les supporters, le staff… Est-ce bien Cristiano Ronaldo qui parle et non son cousin ? « Nous formons une équipe. Unie. C’est comme cela que nous avons entamé ce tournoi et c’est comme ça que nous l’avons poursuivi. J’ai essayé d’apporter mon aide, pas seulement en marquant des buts mais en me battant, en essayant de récupérer des ballons. Arriver en finale d’un tournoi comme celui-là, cela ne peut se faire que lorsque les 23 joueurs se battent. Je suis tellement heureux ! Je savais au fond de mon cœur que nous irions loin dans cette compétition. Nous n’avons pas commencé ça comme un sprint, nous savions que c’était un marathon. »
Même au marathon, il irait plus vite que les autres. Il est devenu, avant même cette détente d’albatros face au but de Wayne Hennessey, le premier joueur européen à disputer trois demi-finales à l’Euro. Il a rejoint Michel Platini, qui reste le meilleur buteur sur une édition avec ses neuf buts marqués en 1984 (voir « Le chiffre »). Oui, il « rejoint » « Platoche » puisque cette détente d’albatros a été son neuvième but marqué en phase finale d’un Euro. Et le voilà, encore, qui retire la couverture.
« C’est chouette de battre des records mais la chose la plus importante, c’était d’atteindre cette finale, pour le staff technique et pour tous mes coéquipiers. J’ai battu beaucoup de records et je vais continuer à le faire mais l’important est là, devant nous. » Sur le terrain, il n’a pas changé tant que ça, pourtant. Enervant, réclamant la faute, inexistante par moments. On a encore vu le côté mauvais garçon du bonhomme au cours de la première période contre le pays de Galles. Mais il a réussi son coup. En deux bouts de match, une mi-temps contre la Hongrie, le bout d’une autre face aux Gallois, il a emmené la sélection portugaise en finale de l’Euro. En mission, le garçon.

Le chiffre : 9
Evidemment, le record de Michel Platini tient toujours puisque le numéro 10 français avait marqué 9 fois au cours d’une même phase finale, en 1984. N’empêche, Cristiano Ronaldo est le premier à atteindre la barre du neuf depuis sa première participation, lors de l’Euro 2004. Il avait 19 ans. Preuve de son exceptionnelle carrière. Dans l’ordre, « CR7 » a marqué deux fois en 2004, une fois en 2008, trois fois en 2012 et trois fois en 2016, avant la finale. Ça vous classe ce sacré bonhomme, quelque part…

L’insolite
Les neuf buts que Cristiano Ronaldo a inscrits lors de ses différentes phases finales de l’Euro ont un point commun. Sans exception, l’attaquant portugais les a marqués à l’intérieur de la surface de réparation. Avec une petite prime à la talonnade en pleine course inscrite contre la Hongrie, quand même.

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